Bonsoir @mursili,
Merci pour votre retour, qui a le mérite de l’élégance et de la hauteur de vue. Je reçois le compliment sur la verve, même si je vous détromperai sur la « sophistique » : mon but n’est pas de travestir la vérité, mais de déshabiller une imposture qui se pare de vertus gaulliennes.
Sur la citation d’Eleanor Roosevelt, elle est imparable, mais permettez-moi une nuance : pour que les idées soient discutées sainement, encore faut-il que ceux qui les portent soient crédibles. On ne peut pas séparer l’architecte de son plan quand celui-ci prétend diriger la cité. Discuter du Frexit ou de l’OTAN est une nécessité démocratique, je vous l’accorde volontiers, mais le faire sous l’égide d’un homme qui transforme chaque analyse en un jeu de piste paranoïaque dessert la cause même de la souveraineté.
Concernant les « plateaux sérieux », mon propos ne vise pas à sacraliser les grands groupes de presse que vous citez (dont les biais sont connus), mais à souligner une dérive. Il y a une différence fondamentale entre la ligne éditoriale d’un grand média, aussi discutable soit-elle, et des plateformes qui s’affranchissent totalement de la déontologie et de la loi.
C’est là que nos avis divergent : vous y voyez une « tendance liberticide », j’y vois une question de salubrité publique. La liberté d’expression n’est pas le droit à la diffamation, à l’antisémitisme, à l’homophobie ou à l’incitation à la haine, qui sont des délits prévus par le Code pénal, et non des opinions. Souhaiter que la loi s’applique à des sites comme GPTV n’est pas appeler à la censure arbitraire, c’est demander que l’espace numérique ne soit pas une zone de non-droit où l’on peut tout déverser sous prétexte de « dissidence ».