GESTUELLE
J’aime
le geste simple exercé sans façon
Celui
du menuisier, du pécheur, du maçon
Précis,
formel, unique, sans aucun arbitrage
L’ouvrier
est le maître, car sans lui, point d’ouvrage.
Un
geste appris cent fois et cent fois reproduit
Précis,
sériel, unique, inlassable apprenti
Chaque
jour voit son lot de neuves connaissances
Il
n’est jamais fini, le geste, pour l’aisance.
Et
l’outil court, façonne qui prolonge la main
Et
l’œil juge, apprécie et corrige au besoin
Il
n’est aucun des sens qui ne soit concernés
Tout
concourt au succès, car tout se veut parfait.
L’œuvre
est dans la façon ; À définir l’ouvrage
L’ouvrier
prend le temps et montre son courage
Les
heures ne comptent plus, seul est le résultat
Qui
viendra couronner son effort en l’état.
Quelle
patience il lui faut pour reproduire sans fin
Cent
fois le même geste produit comme un refrain
Et
quelle abnégation est celle de sa vie
Rien
ne doit compter plus que l’ouvrage accompli.
Et
tout a une fin aussi bien qu’un début
L’œuvre
réalisée atteint soudain son but
Et
chacun se voulant satisfait du travail
Acquiesce
volontiers sans voir la moindre faille.
Sois
fier, lève la tête et même le menton
Toi
le bel artisan qui vit de ta passion
Et
ne cède jamais à la facilité
Tu
te dois à l’épreuve et au travail bien fait.
Philippe
Lavannes