@riemann66
Je vous remercie pour cette contribution claire. Votre distinction entre la « carte » et l’Univers-Bloc et le « territoire » l’expérience humaine est séduisante, mais elle repose sur un postulat que la méthode géométrique invite justement à dépasser.
L’idée que le chaos du « territoire » offrirait une liberté de choix simplement parce qu’il est accidenté, pour un spinoziste (pas forcément moi, mais par rapport à l’article) c’est une illusion de perspective. Le chemin de traverse que vous évoquez n’est pas le fruit d’une volonté libre, mais le résultat nécessaire d’un calcul conscient ou non dicté par votre structure interne et les contraintes externes. En réalité, le territoire est la carte, mais vue de trop près.
Quant à votre question finale, s’agit-il d’un réflexe archaïque et frileux que de chercher une carte déterministe ? Au contraire, chercher le lagrangien de l’âme, cette constante derrière le mouvement n’est pas une fuite, c’est l’acte de courage ultime du Logos. Ce n’est pas un réflexe de peur, c’est l’affirmation de la puissance de l’intellect qui refuse de se laisser berner par le désordre apparent.
Le déterminisme n’est pas une surcouche pour nous rassurer, c’est la structure intime du réel. La seule liberté n’est pas de choisir son chemin dans le territoire, mais de comprendre pourquoi, inexorablement, nous empruntons celui-là et aucun autre.