Le sionisme politique (puisque j’apprends qu’il existe d’autres formes de sionisme), est une idéologie colonisatrice. On pourra toujours essayer de l’excuser en disant que la colonisation était une pratique admise à ce moment-là, mais cela est un peu facile parce que admise uniquement par les colons et honnie par les colonisés. Herzl n’était pas sans le savoir, notamment parce que le peuple juif auquel il appartenait était un peuple opprimé.
D’autre part, l’auteur oublie carrément que les sionistes (je marque la différence avec les Juifs autochtones de la Palestine), ont agi en terroristes dès la création de la Palestine mandataire, encouragés par les Anglais qui leur avaient donné cette terre au moment où elle était encore sous autorité ottomane, donc sans aucune légitimité. Non seulement, ils se sont comportés comme des terroristes jusqu’à la création d’Israël, mais ont choisi comme chefs d’Etat d’Israël d’anciens terroristes. David Ben Gourion, Menahem Begin et Yitzhak Shamir ont commandé des bandes armées sionistes avant 1948, utilisant des méthodes terroristes comme des assassinats et des attentats. Et quoi qu’on pense de la réaction des pays arabes, la nakba a bien existé et répond aux critères de généocide, 4 ans après que l’Occident eut découvert les camps d’extermination en Europe.
Quant à l’affirmation « si la partition des deux états avait été acceptée par les deux parties d’entrée de jeu, le drame des palestiniens n’aurait probablement jamais existé », elle est lunaire, hors sol, quasi inimaginable pour les raisons que je viens d’expliquer. Le sionisme de Herzl comportait des éléments de stratégie colonisatrice, notamment en prévoyant le transfert de la population autochtone palestinienne, mais les premiers sionistes arrivés en terre de Palestine se sont comportés comme des terroristes dès 1921, date de création de la Palestine mandataire.
Enfin, dire que l’antisionisme c’est être contre la création d’un foyer juif, c’est un peu facile. L’auteur explique que le sionisme a différentes facettes antérieures au sionisme politique. Cela veut dire, que l’antisionisme ne concerne pas forcément tous les sionismes, mais la manière dont les sionistes veulent s’imposer, et cette manière, c’est le terrorisme qui dure depuis 1921, soit 105 ans. C’est le sionisme terroriste qui est visé et pas le sionisme culturel, pratique, synthétique, travailliste, chrétien, comme le qualifie l’auteur.
Pour finir, l’acceptation de la résolution 181 créant les deux Etats a été obtenue aux forceps, les Etats-Unis exerçant un véritable chantage au plan Marshall en ce qui concerne la France qui n’avait pas voulu la voter dans un premier temps. Israël a été créé tout à fait artificiellement et en force pour cette raison et contre les autochtones et contre les pays limitrophes. Comment l’avenir aurait-il pu être autrement ? Est-il utile de rappeler que le projet du Grand Israël ne s’arrête pas aux frontières de la résolution 181 mais qu’il va au-delà. Par exemple au sud Liban pour ne citer que cela.