@Gollum. Allons, jeune homme. Il parlait peut-être de la faculté de culpabiliser, mais c’est dit par concession. Vous parliez de la faculté de culpabiliser, @Jean Keim ? Qui, en effet, n’a rien à voir avec la croyance ni le savoir, mais le sentiment (voire la philosophie, qui n’est néanmoins pas en germe chez @Jean Keim)...
Mais j’ai des choses à lui opposer, car je me suis récemment soigné de mon freudisme (avis à tous le monde et personne). Je brode sur cette concession : il est vrai que le péché orginel peut être une métaphore (atroce, au demeurant littéraliste qui fut bien celui de l’Europe, n’en déplaise à @La Bête) une métaphore - disais-je - pour le défaut métaphysique, qui nous fait tous en erreur/errance métaphysique.
Quant à savoir s’il fallait en culpabiliser, la réponse est non, et c’est Martin Heidegger, le premier, qui nous enjoignait à la décupalilisation, avec paradoxalement son être-en-faute (néanmoins Schuldigsein en VO, qui peut se traduire par être-coupable mais l’allemand n’a pas cette coulpe, avec plutôt quelque chose comme la notion de dette là-dedans, de manque en escompte donc... ce qui en dit néanmoins long, sur le catholicisme, et même singulièrement le judaïsme, subliminaux, de sa philosophie).
Sigmund Freud, à la même époque, naturalisait la culpabilité, alors qu’elle ne fait pas partie des émotions universalistes en anthropologie, mais des émotions culturalistes - et parmi les plus sales, avec sa colère rentrées, sur la base d’une honte, occasionnant en boucle toujours plus de honte et de colère rentrées. Lire Boris Cyrulnik sur la honte, et Peter Sloterdijk sur la colère.