Il y a des défauts de conception graves de l’union européenne qui font qu’elle est structurellement déficiente en comparaison des stratégies développées en Chine et pas seulement dans celle-ci. l’UE n’a certes pas été conçue volontairement pour nuire à ses États membres, mais elle a rendu impossible un « État stratège » à l’image de la Chine, et s’est limitée à être un régulateur de marché. L’intention initiale était de créer la prospérité par l’ouverture des marchés. Elle a été bâtie sur l’idée folle d’une mondialisation heureuse avec l’idée saugrenue que tout le monde devait respecter les règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Face au capitalisme d’État chinois et au protectionnisme américain (comme l’Inflation Reduction Act aux États-Unis), l’UE est restée désarmée par ses propres textes juridiques. Et c’est pour l’essentiel encore le cas aujourd’hui même s’il y a quelques droits de douane qu’on commence à appliquer à des produits chinois, l’essentiel du choix idéologique initial et erroné des concepteurs de l’UE demeure en vigueur en interne et ne peut pas être changé en raison des intérêts contradictoires des ses États membres. Ce qui serait bon pour un Etat membre pouvant être mauvais pour un autre. La Hongrie, par exemple, reçoit des implantations d’usines chinoises et des délocalisations d’usines venues de France et d’autres pays de l’UE et reçoit de l’argent des contributeurs nets de l’UE dont la France. L’UE est, pour le moment, parfaite pour elle.
Le dogme de la concurrence libre et non faussée (ses concepteurs n’avaient pas vu que ça pouvait être un boulet très dangereux). Historiquement, les traités européens (notamment les règles sur les aides d’État) visaient à empêcher un État membre (comme l’Allemagne ou la France) de subventionner massivement ses propres entreprises au détriment des autres pays de l’Union. La conséquence : Ce cadre, pensé pour le marché intérieur, empêche structurellement l’émergence d’une planification industrielle centralisée et agressive. Pendant que la Chine subventionne massivement sa filière de véhicules électriques depuis quinze ans et d’autres filières industrielles, l’UE s’est interdit de faire de même pour respecter ses propres dogmes de concurrence libre et non faussée. Là où la Chine déploie des stratégies de conquête (sécurisation des matières premières, subventions massives à l’achat et à la production, barrières douanières invisibles), l’UE agit principalement par la réglementation.
Dans le secteur automobile, elle a imposé des contraintes environnementales extrêmement strictes (comme la fin des moteurs thermiques neufs à l’horizon 2035 et les normes intermédiaires de réduction de CO₂ sous peine d’amendes de plusieurs milliards d’euros). Le reproche formulé par de nombreux industriels et critiques est que l’UE fixe des objectifs politiques déconnectés des réalités technologiques et économiques. En forçant une transition ultra-rapide vers le tout électrique, l’UE a ouvert la porte aux constructeurs chinois (comme BYD ou MG) qui maîtrisent déjà la chaîne de valeur des batteries, tout en fragilisant son propre tissu industriel (énorme bêtise évidemment).
En gros comment voulez qu’un système qui ne fonctionne que par les réglementations, les interdictions, les amendes et qui se fixe des objectifs déconnectés des réalités soit efficace ? Aujourd’hui les résultats sont évidement catastrophiques. En plus de cela s’ajoute, je l’ai déjà dit, les intérêts contradictoires de ses États membres. Autre exemple : l’Allemagne qui a renoncé au nucléaire, veut empêcher le développement de l’énergie nucléaire en France pour qu’elle n’ait pas un avantage de compétitivité sur l’énergie, passe par l’influence qu’elle exerce sur la commission européenne pour « dynamiter » l’industrie nucléaire française.
Tout dans l’UE tel qu’elle fonctionne aujourd’hui est un désastre.