Une enquête récente concernant plusieurs pays européens dont la France, a relevé que 54% des français sont désormais favorables au FREXIT, alors qu’ils étaient
systématiquement minoritaires lors d’enquêtes précédentes sur le même sujet, même au plus fort de la crise de la zone euro.
Il s’agit d’un thermomètre en fait, dont la hausse signifie vraisemblablement que les difficultés et les inquiétudes rencontrées par diverses catégories de
la population française empirent, et que le rôle de l’UE et de la classe politique française inféodée à l’UE, est de plus en plus perçu comme nuisible par les populations
concernées.
Je réagis au message de François-Xavier Bellamy sur X, citation : « Les vrais artisans de la victoire de l’AFD sont ceux qui depuis des années ont refusé ou interdit de résoudre les problèmes que toute l’Europe connaît. Immigration
incontrôlée, décrochage industriel, asphyxie économique : on ne combattra pas la défiance par des leçons de morale, mais en répondant enfin aux inquiétudes profondes des
citoyens. »
L’analyse de la situation décrite, dans ces quelques lignes par François-Xavier Bellamy est exacte, mais il y a un point fondamental dont il ne parle pas : celui d’un système devenu dysfonctionnel qu’on ne peut plus
fondamentalement changer. Il y a certes le mode de scrutin proportionnel, en Allemagne et dans d’autres pays, qui peut avoir pour effet secondaire, on dira, d’empêcher tout changement majeur. Aujourd’hui
en France, même le scrutin majoritaire à deux tours a lui aussi cessé de procurer des majorités absolue à l’Assemblée nationale pour soutenir l’action d’un gouvernement.
On s’en plaint, me semble t-il, pour les questions budgétaires. A supposer qu’on passe le problème posé par le mode de scrutin, ce qui serait faisable par un changement dudit mode que rien n’interdit, le deuxième étage
de la fusée pour empêcher tout changement majeur est le cadre européen qui s’impose à tout pays membre de l’UE et de la zone euro. Certes, il n’interdit pas,
par exemple, à la France de réduire la dépense publique pour tenter de régler ses problèmes budgétaires, mais pour cela et surtout pour traiter le décrochage industriel, elle
pourrait être aussi tenté de mettre en œuvre des mesures qu’elle n’a plus le droit de mettre en œuvre car elle appartient à l’UE et à la Zone Euro. La politique commerciale extérieure est entièrement centralisée au niveau européen. Un État ne peut pas fixer souverainement ses droits de douane, imposer de quotas d’importation
unilatéraux ou négocier seul des accords de libre-échange avec des pays tiers. Les subventions publiques directes ou indirectes aux entreprises nationales sont strictement encadrées (et généralement
interdites) par le droit européen de la concurrence pour éviter toute contorsion du marché unique (chinois et américains ne s’embarrassent pas de ce genre de règles pour favoriser leurs entreprises).
Les quatre libertés fondamentales (circulation des marchandises, des services, des capitaux et des personnes) empêchent un gouvernement d’adopter des mesures protectionnistes ciblées contre d’autres
pays de l’UE. Les règles européennes imposent la mise en concurrence transparente et non discriminatoire des marchés publics au-delà de certains montants. L’appartenance à l’Euro
ne permet plus d’ajuster les taux de change et d’intérêts aux réalités de l’économie nationale. Dans les domaines de l’énergie et de l’immigration, il
y a aussi des contraintes européennes qui sont incontournables.
On ne peut pas fondamentalement changer les conceptions de base l’union européenne et de la zone euro. Les promesses de leurs promoteurs étaient qu’elles seraient
profitables à tout le monde, malheureusement ce n’est plus du tout le cas, en fait on a l’enfer qui est pavé de bonnes intentions. On se trouve donc avec la difficulté, voire l’impossibilité, de modifier fondamentalement des systèmes devenus
dysfonctionnels. Comment par exemple réindustrialiser la France dans un tel cadre ? Ce n’est évidement plus possible de façon significative, et dans un cadre plus adapté, devenu
inaccessible, ça prendrait des dizaines d’années probablement et en agissant de manière censée !
Vos affirmations sont celles d’un militant engagé. Les infractions pénales peuvent aussi concerner les actions d’un individu au profit d’une puissance étrangère. En France, pour un délit (peine inférieure ou égale à 10 ans de prison) : l’affaire est jugée par le Tribunal correctionnel. C’est le cas pour la non-déclaration d’activité d’influence, la provocation à la désinformation ou certains vols et actes d’intrusions informatiques sans atteinte grave aux intérêts vitaux de la Nation. La Loi visant à prévenir les ingérences étrangères en France du 25 juillet 2024 qualifie les actes de désinformation commandités par un tiers de circonstances aggravantes qui portent les peines de délit à 7 ou 10 ans d’emprisonnement.
Pour un crime (peine supérieure à 10 ans de prison) : l’affaire relève de la Cour d’assises (ou de la Cour criminelle départementale selon le quantum). Les infractions de trahison, d’espionnage lourd ou de livraison de secrets de défense nationale à une puissance étrangère entrent dans cette catégorie.
En l’occurrence pour le cas similaire de Xenia Fedorova, il n’en avait pas assez en termes de délit pour que même un tribunal correctionnel soit saisi. Jacques Baud relève du droit suisse où ces mêmes infractions pénales seraient également sévèrement punies s’il y en avait.
Vidéo : Xavier Moreau et Jacques Baud condamnés par l’Europe pour délit d’opinion :
Les 35 heures en Allemagne : il s’agissait d’un accord de branche, pas une loi. L’Allemagne n’a jamais instauré de loi sur les 35 heures généralisée à tout le pays, c’est une énorme différence avec la France. En 1995, le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall a négocié un passage aux 35 heures hebdomadaires, suivi par quelques autres branches (imprimerie, automobile). En France, la loi Aubry de 1998/2000 l’a imposée uniformément à tout les secteurs privé et public via le Code du travail. Le cadre légal et la flexibilité négociée en Allemagne n’avaient donc rien à voir avec le modèle français. La « dévaluation interne » a été la véritable stratégie allemande. Il s’agit de la politique retenue au début des années 2000. Face à un taux de chômage élevé et une perte de compétitivité après la réunification, le chancelier Gerhard Schröder a lancé les réformes Hartz (2003-2005). Leur contenu : Restriction des allocations chômage et création des Mini-jobs précarisés. il y a eu une modération salariale stricte négociée avec les syndicats. Ne pouvant pas dévaluer une monnaie nationale comme tout pays membre de la zone euro, l’Allemagne a comprimé ses coûts de production internes pour devenir hyper-compétitive à l’export, souvent au détriment de ses voisins européens. Gerhard Schröder avait parfaitement compris que l’UE et l’Euro ne diminuaient pas les exigences de compétitivité pour les pays membres, qu’au contraire ils les augmentait.
Je suis prêt à parier au sujet de ces investigations que même si elles concernent des « hauts responsables du bureau présidentiel » elles éviteront de concerner aussi le Président lui-même qui demeurera intouchable vraisemblablement ! Cela dit je ne vous contesterais pas sur vos accusations contre Jacques Baud. Je ne connais pas assez le sujet pour avoir un avis sur la question. A ma connaissance, aucun tribunal pénal ne l’a reconnu coupable d’une quelconque infraction pour traitement du dossier ukrainien, ni pour d’autres sujets. Il a été condamné sur la base de déclarations « contestables », sans qu’aucun tribunal n’ait eu à l’apprécier.