La question qui se pose serait de savoir si les juges ont fait un choix politique afin de favoriser la candidature de Marine Le Pen au détriment de celle Jordan Bardella pour rendre plus facile (ou moins difficile) la victoire d’un candidat du bloc central.
Bardella obtenait souvent 2 à 4 points de plus que Le Pen (ex. 35-36 % contre 32-33 % selon Ipsos-BVA ou d’autres instituts en mai-juin 2026). Il était perçu comme plus « neuf », meilleur auprès des jeunes et légèrement moins clivant sur certains thèmes, ce qui lui donnait un petit plus dans les duels ou reports de voix. Le Pen restait très forte (surtout auprès du cœur électoral RN), mais son « plafond de verre » historique (rejet important dans une partie de l’électorat de droite et du centre-droit) était régulièrement évoqué. Son nom seul va rendre plus facile une « mobilisation citoyenne » contre le « mal absolu » et compliquer une ouverture à « droite » pour gouverner.
Autre objectif possible de la décision des juges : provoquer une scission au sein du rassemblement national « diviser pour mieux régner ». En politique, affaiblir un adversaire puissant en exploitant ses lignes de fracture internes est une tactique classique. Une guerre de succession ouverte (Le Pen vs Bardella) pourrait démobiliser une partie des militants, détériorer l’image d’unité que le RN a cultivée ces dernières années, compliquer la préparation de la campagne (ressources, stratégie, communication).
Calendrier serré : Avec l’élection en avril/mai 2027, toute division interne aurait un impact rapide et visible. La cours de cassation veut accélérer la procédure afin de rendre son verdict avant l’élection présidentielle sur le recours de Marine Le Pen, au plus tard début avril 2027. Si sa condamnation est confirmée elle devra donc finir sa campagne sous bracelet électronique, et effectivement supposée coupable de détournements de fonds publics, ce qui pourrait être mal vu par certains membres du RN. Mais Bardella est sans trop futé pour tomber dans le piège de la division. Il devrait soutenir Marine Le Pen jusqu’au bout, même dans ce cas de figure ! Il lui reste à espérer qu’elle ne va pas craquer lors du débat de l’entre deux tours, ce qui a été le cas en 2017, lors de son débat contre Macron !
Une fois qu’il ne sera plus président de la république, il y a quelques problèmes judiciaires que Monsieur Macron pourrait avoir à affronte, tel que l’affaire Alstom (cession de la branche énergie à General Electric en 2014). C’est le dossier le plus concret et potentiellement le plus préoccupant pour Macron une fois son immunité levée. En tant que ministre de l’Économie (sous Hollande), Macron a joué un rôle clé dans l’autorisation de la vente de la branche énergie d’Alstom à GE. Cette opération est critiquée comme une perte de souveraineté industrielle (turbines nucléaires, etc.), sur fond de pressions américaines liées à des soupçons de corruption chez Alstom. Une information judiciaire est ouverte depuis fin 2022 (Parquet national financier) sur les conditions de la cession et d’éventuels bénéfices personnels ou schémas corruptifs autour de l’opération. Anticor et d’autres (comme Olivier Marleix) ont déposé des plaintes ou signalements. Des soupçons portent sur des liens avec le financement de la campagne Macron 2017 (banques/conseils impliqués dans la vente). Un volet corruption étrangère a fait l’objet d’un non-lieu partiel (2024), mais l’enquête parallèle continue. Macron est directement visé en tant qu’acteur décisionnaire. L’immunité bloque actuellement toute poursuite directe. Après 2027, il pourrait être entendu, mis en examen pour des faits comme prise illégale d’intérêts, favoritisme ou complicité, selon l’évolution de l’instruction.
Autres affaires : Certaines concernent son entourage proche. Il y a aussi les enquêtes sur le recours aux cabinets de conseil (L’affaire McKinsey). Fin 2022, le Parquet national financier (PNF) a ouvert deux informations judiciaires confiées à des juges d’instruction. L’une pour « tenue non conforme de comptes de campagne » et « minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne », visant les conditions de financement de ses campagnes électorales de 2017 et 2022. L’autre pour « favoritisme » et « recel de favoritisme », cherchant à déterminer si l’attribution de certains contrats publics massifs à des cabinets de conseil (dont McKinsey) avait donné lieu à des contreparties ou à des procédures illégales.
Autre sujet Macron a forcé des gens à s’injecter les fameux vaccins contre le covid. Beaucoup en sont morts ou ont été lourdement handicapés. Il ne s’agit là que d’un risque judiciaire de très long terme car il y a trop de gens impliqués dans cette affaire (qui ne concerne pas que la France) qui sont puissants et qui vont se couvrir les uns les autres.
Mais pour l’instant ses hautes fonctions le mettent à l’abri de tout, lui permettent de faire ce que bon lui semble et il ne s’en prive pas.