Puisqu’il a été l’un des principaux promoteurs des traités européens, on peut supposer que Michel Rocard ne pouvait pas ignorer que ceux-ci ne permettaient plus à la banque centrale de financer directement l’Etat. La banque de France a été créé par napoléon Bonaparte qui en avait en avait besoin pour financer ses propres guerres ! Voici un résumé de son rôle historique :
A sa création : Stabiliser le crédit public (1800 - 1870) À l’origine, la Banque de France est une banque privée dont la mission principale est d’émettre des billets et d’escompter des effets de commerce. Cependant, son premier objectif « caché » était de rétablir la confiance après le désastre des assignats.
Le financement des guerres : Sous Napoléon, elle sert de pivot pour mobiliser les ressources nécessaires aux campagnes militaires.
Le rôle de « banquier de l’État » : Elle commence à gérer les comptes du Trésor et à faciliter le placement de la dette publique.
Le soutien aux crises et aux guerres mondiales (1870 - 1945) C’est durant les périodes de conflit que le rôle de la Banque devient crucial pour la survie de l’État. L’indemnité de 1870 : Elle aide la France à payer l’énorme rançon demandée par la Prusse après la défaite de Sedan.
Les « avances » au Trésor : Lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, le mécanisme des avances est massivement utilisé. La Banque « imprime de la monnaie » pour couvrir les dépenses militaires que l’impôt ne suffit plus à financer.
La Nationalisation et les « Trente Glorieuses » (1945 - 1973) En 1945, la Banque de France est nationalisée. Elle devient le bras armé de l’Etat et un instrument direct de la politique de reconstruction du pays. Le circuit du Trésor : Durant cette période, la Banque de France facilite le financement du déficit public à des taux avantageux. Le financement dirigé : Elle soutient les grands projets industriels de l’État en refinançant les crédits accordés par les banques commerciales aux secteurs prioritaires.
Ensuite c’est le tournant vers l’indépendance (1973 - Aujourd’hui) La fin du XXe siècle marque une rupture majeure avec la tradition de financement direct. La loi de 1973 (dite « Loi Pompidou-Giscard ») Souvent mal comprise, cette loi encadre strictement les avances que la Banque peut faire à l’État. Elle marque le début de la fin du financement monétaire direct.
L’indépendance de 1993 : En préparation du passage à l’Euro (Traité de Maastricht), la Banque devient totalement indépendante du pouvoir politique. L’interdiction du financement monétaire : Aujourd’hui, l’Article 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit formellement à la Banque de France (et à la BCE) d’accorder des découverts ou des crédits à l’État.
La France en perdant ses activités productives est en train de s’appauvrir de plus en plus. Il est à craindre que son niveau d’appauvrissement finisse un jour par devenir vraiment critique. Le problème est que les règles de l’UE ne lui permettront plus de mettre en œuvre une stratégie de développement pour pays pauvre, car une telle stratégie nécessite d’avoir une complète souveraineté, comme par exemple ça été le cas pour la Corée du Sud.
Dans la liste des chose à faire dans le cas d’une telle stratégie, il faut notamment identifier les productions qu’on veut développer en local, utiliser la souveraineté pour protéger temporairement les industries et les activités à promouvoir (taxes, quotas, préférences nationales dans les marchés publics). Adopter une politique de « contenu local » pour que l’État et les entreprises publiques achètent d’abord local ou favorisent les entreprises produisant en France ou implantées en France (tels que les exemples cités par Gilles Raveaud) discriminant donc celles qui n’ont pas d’activités et des emplois en France. Tout cela en synergie avec l’appareil éducatif devenant une composante de la stratégie de développement. Il s’agit de choses qui sont parfaitement interdites par les règles de l’union européenne et qui le resteront selon toute vraisemblance.
La France dont la contribution nette à l’Union européenne devient de plus en plus importante n’était pas supposé devenir un pays pauvre, mais malheureusement c’est en train. Et elle ne peut plus utiliser une stratégie de développement pour pays pauvre pour s’en sortir. Ce qu’il lui reste comme moyen c’est principalement la baisse massive de la dépense publique pour diminuer les prélèvement sur les entreprises. Ça ne suffira pas, à mon avis, pour sortir de l’ornière. Mais bon il faut toujours rester optimiste !
Idéalement il faudrait que la France retrouve toutes les possibilités d’actions qu’elle avait pendant les trente glorieuses. Autrement rester dans les contraintes actuelles de l’UE la condamne plus ou moins, plutôt plus que moins en fait. Dans l’extrait vidéo suivant vous comprenez l’une des raisons liées à la concurrence totale non faussée, expliquée par l’économiste Gilles Raveaud :
Bardella ce jour : « Même si aujourd’hui la France n’a pas connu de défaite militaire formelle, à l’image de la débâcle de 40, nous avons tous le sentiment que le pays connait un lent naufrage qui l’attire progressivement vers l’abime. »
Il est exact au moins sur le constat de la situation actuelle de la France. C’est aussi pour cela qu’il est en possibilité de devenir président de la république car le RN dans un pays qui irait relativement bien, serait loin de pouvoir arriver au pouvoir.
Bardella soutenu par Macron ? c’est une C… à mon avis. Il est néanmoins possible que lorsque le psychopathe Macron a dissous l’Assemblé nationale en 2024, c’était en effet, selon certains (voir le lien ci-dessous) dans le but que le RN exerce le pouvoir brièvement pour qu’il s’y casse la gueule avant les présidentielles de 2027. Les choses ne se sont pas passées comme le psychopathe l’avait prévu. Et si le RN avait gagné les législatives il y aurait eu des conflits entre deux exécutifs, notamment sur la politique étrangère entre par exemple entre un président de la République voulant dégager des milliards d’euros pour l’Ukraine ou y envoyer des soldats et un premier ministre ne voulant pas.