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Commentaire de Réago

sur Macron veut le leadership technologique français des centres de données


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Réago 2 juin 11:00

Une fois n’est pas coutume, on ne va pas se plaindre. Le seul aout notable que possède encore la France aujourd’hui est l’énergie nucléaire qui va lui permettre de recevoir l’investissement de 75 milliards d’euros que propose le groupe japonais SoftBank pour bâtir, en France trois immenses datacenter dans les Hauts-de-France. Cet aout a pour origine le grand programme de développement de l’énergie nucléaire civile lancé par la France au milieu des années 1970 (le plan Messmer). L’intelligence artificielle et les datacenters géants ont un besoin fondamental : une électricité abondante, stable, prévisible et continue (24h/24). Le réseau nucléaire français, hérité de cette époque, offre exactement cela. Là où d’autres pays européens doivent aujourd’hui concevoir de nouvelles centrales pour espérer accueillir ces géants de la tech, la France possède déjà les infrastructures et la marge de production nécessaires (au point d’exporter massivement son électricité). De plus, l’électricité française est l’une des moins chères d’Europe, et surtout, décarbonée à 95 %. Pour un groupe comme SoftBank, pouvoir afficher des datacenters alimentés sans émissions directes de CO₂ est un argument politique et environnemental massifs face aux régulateurs et à l’opinion publique.

Pour une fois que nous avons un atout qui est sans équivalent en Europe, ça mérite d’être souligné. Heureusement les verts et la gauche n’ont pas encore réussi à détruire l’industrie nucléaire française ! Ils continueront de s’y employer, on peut compter sur eux et avec la pression allemande qui veut détruire, via la commission européenne, ce seul avantage de compétitivité que la France possède encore.

Remarque : Un Plan Messmer moderne butterait, aujourdhui, sur trois grands obstacles juridiques européens :

1. L’interdiction du monopole d’État (Ouverture des marchés) En 1974, l’État a tout confié à EDF dans un cadre de monopole public absolu. Aujourd’hui, les directives européennes imposent la séparation des activités et l’ouverture à la concurrence. L’État ne peut plus attribuer unilatéralement la gestion exclusive de toute l’électricité à un opérateur historique sans respecter les règles du marché intérieur européen.

2. Le contrôle strict des aides d’État C’est le point le plus sensible. Un plan massif nécessite des centaines de milliards d’euros. En 1974, l’État finançait directement ou garantissait les emprunts d’EDF sans rendre de comptes. Aujourd’hui, tout financement public massif est considéré comme une aide d’État et doit être validé par la Commission européenne. Pour financer de nouveaux réacteurs, la France doit négocier des mécanismes complexes (comme des contrats de différence ou des réglementations post-ARENH) pour prouver qu’elle ne fausse pas indûment la concurrence sur le marché européen.

3. Les règles de la commande publique La standardisation du Plan Messmer s’est faite de gré à gré entre l’État, EDF et Framatome (le constructeur). Aujourd’hui, les chantiers de cette envergure sont soumis au droit européen des marchés publics. L’attribution des contrats doit faire l’objet d’appels d’offres transparents et ouverts aux entreprises de toute l’Union européenne, interdisant le favoritisme national systématique.

On reste dans le bourbier européen qui ne permet plus des méthodes de développement industriel que la Chine notamment pratique encore très bien aujourd’hui. Celle-ci applique exactement la même recette que la France des années 1970, mais multipliée par dix. Elle construit actuellement plus de réacteurs nucléaires que n’importe quel autre pays au monde. Le programme est entièrement dicté « par le haut » via les plans quinquennaux de Pékin. Les entreprises impliquées (comme la CNNC ou la CGN) sont de grands groupes d’État. Pas de recours juridiques citoyens qui durent des décennies, pas de règles de concurrence ou de traités sur les « aides d’État » pour bloquer les budgets. Le gouvernement décide, finance et construit. Évidemment en Europe, on ne fait plus le poids.


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