@Philippe Prague
C’est bien la teneur du « résumé à l’intention des décideurs » du GIEC que je vous ai communiqué. Derrière le mot d’ordre dominant de décarbonner, il y a différent sons de cloches au GIEC. Cela complique votre question de la confiance à qui s’en remettre.
Concernant les parts humaine et naturelle des émissions de CO2, Le GIEC a fait une figure en 2021 dans le rapport AR6 IPCC :
https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/figures/IPCC_AR6_WGI_Figure_5_1 2.png
Le CO2 fonctionne en cycle émission/absorption, comme celui de l’eau qu’on a appris à l’école. En gigatonnes, (plus parlant que « PgC/yr ») : les activités humaines en émettent 10.9, les activités naturelles 220 (terres 120 + océans 90/100) chaque année d’après la période 2010 à 2019. Mais si le cycle naturel devrait tendre vers l’équilibre en émissions/absorptions, celles humaines s’ajoutent qui réabsorbent moins que celles naturelles.
Les activités humaines et naturelles sont corrélées : il y a effets d’entrainement ou de décompensation, c’est difficile de faire le tri, ce que le résumé à l’intention des décideurs déclare qui vous a surpris. Par exemple les océans stockent le CO2 de l’air au fond, mais finissent aussi par dégazer.
Le naturel a aussi ses variations climatiques, renseignées depuis l’antiquité par Emmanuel Leroy Ladurie. La fonte des glaciers dans les Alpes révèle des troncs d’arbres et des anciens chemins : les éléphants d’Hannibal les ont bien traversées à pied sec. Erik le Rouge s’est installé dans la « terre verte », ou Groen-land en l’An Mil, on a trouvé des traces anciennes de cultures. Cette période chaude s’est ensuivie de 5 siècles de Petit Age glaciaire aux cultures plus difficiles.
Bref, 8 milliard d’humains continuent à consommer et rejeter de plus en plus dans cette biosphère, mais le GIEC ne cherche pas si celle-ci fait aussi ses humeurs (la planète Mars, inhabitée, chauffe trois fois plus vite que la Terre, dixit la NASA).
Ajoutons, encore pour ce CO2 : le paléoclimat montre durant les fontes de glaciers que la remontée de température précède celle du taux de CO2 dans l’atmosphère : c’est consécutif. Mais après le CO2 peut ajouter de l’effet de serre causant à son tour le réchauffement. Mais son effet est décroissant. On en est aujourd’hui à 412 ppm (parties par million) de CO2 dans l’atmosphère, c’est à dire 0,0412 % (0,04... pas 0,4...), c’est surtout l’eau qui fait effet de serre maintenant la présence de notre atmosphère.
Donc 5% d’émissions humaines de CO2 à toutes celles de la planète, cela fait déjà une fenêtre étroite pour agir, et celles-ci représentant 0,0412 % de l’atmosphère : il faut vraiment une confiance aveugle et absolue pour décider que le CO2 humain soit la seule et unique cause du réchauffement climatique. Il y a des aspects qu’on ignore : le GIEC n’arrive pas à calculer (et ce n’est pas simple) si les nuages, dans la globalité, refroidissent ou réchauffent l’atmosphère.
Donc, oui, il faut agir ! Mais pas n’importe comment, sans chercher à profiter de la panique qui est semée (les cartes rouges de la météo...), d’où mon histoire du patient et son docteur, imaginez que ce dernier s’appelle Bernard Tapie ...