Evitons le french bashing...
Le système social français repose sur le principe « cotisant/bénéficiaire » (acquisition de droits) avec une part de redistribution verticale. Il n’est pas tombé du ciel, mais est issu du Front Populaire et des proposition du Conseil National de la Résistance mises en place à la Libération, et a fait l’objet d’un consensus sous les gouvernements successifs jusqu’au début des années 2000 (avec des ajustements dans un sens ou un autre mais dans la continuité), ainsi que d’une forte adhésion de la population.
Mais il est affaibli par un triple phénomène :
- d’une part l’accroissement de la proportion de prestations non-contributives (assistance)
- ensuite l’accroissement des ayant droits par rapport à la population active lié au vieillissement démographique
- et enfin le contexte de la concurrence mondialisée où le cout du travail lié aux cotisations pèse sur la compétitivité (faillites, délocalisations..), ayant donné lieu à des abattements pour compenser.
Il est naturel que les Français soient attachés à ce système qui a bénéficié à leurs ascendants et qu’ils souhaitent le maintien des prestations ...et donc qu’ils soient mécontents de la baisse des droits et remboursements alors que les cotisations augmentent, notamment taux de CSG et assimilé qui frôle parfois les 20%.
Surtout qu’en parallèle des super profits devenus pharaoniques sont accaparés par une infime minorité et ne ruissèlent pas sur la prospérité du pays, les inégalités entre la moyenne de la population et le tout sommet de la pyramide sociale ont explosé.
Il y a certes une optimisation à effectuer, en réduisant les couts administratifs des services publics, en restreignant les chèques et primes non cotisés quoi qu’il en coute, en revoyant la pertinence de certains remboursements (taxi médical, cures, et désormais boosters de perte de poids...), en uniformisant les régimes de retraite même a postériori, mais sans foncer dans la privatisation (encore des profits) et l’individualisme à tout va.
Noter au passage à propos des retraites dans le collimateur des média affairistes, que depuis 12 ans il y a sous-revalorisation avec une décote de 10% supplémentaire par rapport aux salaires, avec compression du niveau des pensions.