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Commentaire de Fanny

sur Mélenchon et la violence politique


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Fanny 28 mai 23:52

@Enki

Quel intérêt avait Poutine à se disputer avec l’Europe occidentale

La perte de Sébastopol et c’était la fin politique de Poutine. Il a sauvé sa peau en reprenant la Crimée (il était encore « jeune » pour un dirigeant russe).

Après, il y eut un enchaînement, une sorte de piège s’est refermé sur lui, les sanctions, le rôle d’ennemi N°1 des Etats-Unis et de l’Occident (ça a peut-être changé depuis 10 ans avec la montée de la Chine), la guerre civile des « russes » de l’Est de l’Ukraine.

Il a sans doute emmené son pays dans une aventure très malheureuse en février 22, et l’Ukraine avec, mais l’impression est qu’il ne pouvait pas ne rien faire, il ne pouvait pas faire autrement. Le mot « piège » est pertinent, ou encore « seringue », même si celui qui a tendu le piège ne s’est pas déclaré.

Sur le fond, les choses sont pour moi assez claires. L’opposition GB-Russie s’est muée en rivalité Russie-USA au XXème siècle. Une affaire séculaire. Quand l’URSS s’est effondrée, la messe était dite : the winner takes all. Clinton rigolard à côté de Eltsine bourré, la Russie dans le 36ème dessous résument tout ça. La victoire sur le communisme, sur la Russie, sur l’Eurasie était totale. Suivie des victoires militaires yougoslave, afghane, irakienne.

Le revival poutinien n’était pas au programme. La Russie n’a pas bougé pour la Yougoslavie, pas plus pour l’Irak. La Russie était devenue une puissance régionale (Obama), presque négligeable.

L’OTAN pouvait, devait donc poursuivre son développement vers l’Est, et sauter par-dessus la Russie jusqu’au Japon (pojet d’OTAN asiatique). La Russie était en quelque sorte « effacée », elle n’avait plus qu’à se soumettre à l’imperium occidental US.

C’est ce qu’a refusé Poutine (2007). Le prix à payer était trop élevé. Il a peut-être senti, cru que le vainqueur exigerait de lui qu’il efface la victoire de 1945 au bénéfice des USA, sujet sacré en Russie.

Ce refus, ce divorce avec l’Occident n’était pas son « intérêt » pour reprendre votre mot, mais c’était « vital » pour lui, pour son pays, pour l’identité russe. C’est je crois ce qui l’a motivé.

C’est cette identité un peu sombre, à l’histoire malheureuse, sanglante, tyrannique, qu’on déteste en Occident car elle nous fait peur, on aimerait pouvoir la dompter, la dominer. En attendant, on la contourne, on l’encercle, on parle de la faire éclater (Kajas), on joue à se faire peur (en Mer Baltique), on s’arme.

Y avait-il une autre voie pour la Russie ? Il y a toujours d’autres voies. Mais personne, ni à l’Ouest, ni en Russie (majoritairement) n’en voulait vraiment. Pourquoi ? Là, on touche au mystère.


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