Belle continuation du premier article. Il n’y a pas que Hegel, néanmoins indispensable à la pensée. Et il n’y a pas que le concept, également (hegellement ?) fondateur de toute pensée.
Il y eut Aristote qui voulait expliquer la physique par l’essence des choses.
Le monde étant parfait, la sphère étant parfaite, les astres, formes pures de la perfection, devaient décrire des orbes sphériques autour du centre parfait que constituait la terre. La doctrine fut adoptée par l’Église, jusqu’à Galileo Galilei. Il s’est obstiné à observer le réel. Avec sa lunette, il a observé des jours durant la rotation des satellites de Jupiter, que personne ne connaissait avant lui. Il en concluait que la terre, qui était la seule auparavant à avoir un satellite, était une planète dotée d’un satellite, comme d’autres. Il avait observé la lune et en avait conclu qu’elle ne pouvait pas être plate. Il avait une profonde connaissance scientifique de son époque. Il a pu combiner le concept et, pourrions nous dire, le percept.
La perception seule ne permet pas une compréhension des phénomènes, et le concept seul peut entraîner des conclusions, certes logiques, mais erronées.
C’est en ce sens où la dialectique, le retour simultané du concept et du percept, nous aide. Gaston Bachelard avait permis de comprendre ce qu’il nommait les obstacles épistémologiques, celui que Galilée avait contribué à faire sauter.
Je pense que nous sommes confrontés au même souci. Marx a dans le Capital permis de lever le premier obstacle épistémologique, à savoir la création du profit par le temps de travail. Il manque désormais le franchissement du second obstacle épistémologique (celui franchi en physique par la relativité, la physique quantique et en mathématique par les géométries port-euclidiennes) concernant le capitalisme. Le premier franchissement avait permis l’apparition des syndicats et de partis politiques critiques (ce que vous appelez les instances institutionnelles), qui désormais ne fonctionnent plus. Je suis persuadé que le second franchissement doit intégrer le travail immatériel et la création de plus-value immatérielle, créant une nouvelles classe sociale, les « neo-prolétaires », parallèlement à l’effondrement des classes moyennes traditionnelles (comme les petits artisans). Il n’y a pas pour l’instant de structure institutionnelle correspondant aux syndicats. En plus, l’apparition de l’IA crée un nouveau bouleversement, la question étant de sa possible création de surprofits (comme les logiciels de Bill Gates), ou non (du fait de l’énergie nécessaire au fonctionnement). Avec ses conséquences sur l’utilité des êtres humains dans le nouveau système capitaliste.
Merci pour vos articles qui suscitent la réflexion si utile dans nos temps troublés.