@Armelle
Je vous copie colle :
« il existe un contre-exemple massif à l’idée d’une incompatibilité intrinsèque ; La plupart des pays généralement qualifiés de « néolibéraux » depuis les années 1980 — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Canada, Australie, etc. — sont restés des démocraties pluralistes avec des élections compétitives, une presse libre et l’alternance politique. »
Non. Absolument. Pas.
Aucun de ces pays n’a connu d’alternance politique. C’est droite néolib ou « gauche » néolib, au choix.
Bon, c’est pas pareil, c’est vrai, puisqu’on a le choix entre tout privatiser et péter les systèmes sociaux par un gouvernement de droite, ou tout privatiser et péter les systèmes sociaux avec un gouvernement de « gauche » aux manettes, et c’est pas pareil.
C’est beau l’alternance.
Le cas du Royaume Uni est particulièrement frappant : lorsqu’un candidat travailliste (Jérémy Corbin) de gauche (parfaitement modéré) remet sérieusement en cause le thatchéro-libéralisme, il se fait éjecter fissa par une campagne de presse sans précédent, avec au cœur d’icelle des accusations d’antisémitisme particulièrement dégueulasses et complètement bidons.
Étant bien entendu que Tony Blaire n’était pas du tout ni travailliste, ni de gauche.
Ils ont essayé et essaye de faire la même à Mélenchon, mais ça ne marche pas : Mélenchon, contrairement à Corbyn, n’est pas un gentil, ce n’est pas ce qui le caractérise. Il ne cède rien.
C’est Starmer qui a pris la tête du parti travailliste après l’éviction de Corbyn, éviction dont il est en grande partie l’organisateur. On peut constater aujourd’hui l’immense succès du premier ministre Starmer, esprit cultivé, fin, curieux... Non, je déconne, ça c’est Corbyn, Starmer est c*n comme une buche et court de désastre en désastre...
On ne peut s’empêcher de remarquer que dans ce premier quart de XXIème siècle achevé, pour être néolibéral après 50 ans d’expérimentation catastrophique, il ne faut pas avoir inventer l’eau chaude. Ou être complètement corrompu. Ou les deux, comme notre président bien aimé.
Mieux encore, chez les Yankees, l’éviction de Bernie Sanders suite à des fraudes massives aux primaires démocrates révélées par Wikileaks. Le gars qui a fait fuiter les document a été buté très vite, ça n’a pas trainé (Seth Rich), et Assange l’a payé très cher par des années de prison et d’isolement dans la merveilleuse démocratie d’outre Manche...
Magnifique stratégie du Parti Démocrate, en passant : on a eu droit à Trump n°1, alors que Sanders était donné gagnant dans tous les cas de figure par les instituts de sondages... Les « démocrates » se sont rattrapés aux branches en accusant la Russie des fuites de Wikileaks... C’est très pratique la Russie.
Aucun de ces pays n’a connu d’alternance. Quand vous entrez dans le cliquet néolib, très dur d’en sortir.
Ah, et puis j’y pense, j’ai failli oublier : l’Australie. J’ai la flemme de chercher sur les internets, le nom des protagonistes m’échappe, mais voici l’histoire : à la fin des années 70, un premier ministre de gauche (un social démocrate, un vrai, pas un bolchévique ni un P« S ») est élu, et aussitôt viré après un coup d’état organisé par la couronne britannique. Remplacé par un thatchéro-libéral qui va foutre l’Australie à genoux.
C’est beau l’alternance néolibérale. Vous avez le choix entre un politiciens néolib qui fait du néolibéralisme ou un autre politicien néolib qui fait du néolibéralisme.
C’est ça la « démocratie d’alternance », il faut s’y faire.