C’est tout à, fait exact. Les Ukros cibles délibérément des objectifs civiles. Ça ne leur pose aucun problème, ils font ça depuis 2014.
Il est tout à fait exact aussi que ce sont les occidentaux qui désignent ces cibles. Reste à savoir pourquoi...
D’abord, buter des civils ne posent pas trop de problèmes aux occidentaux non plus. Les multiples opérations militaires de l’occident depuis la chute du mur ne se sont jamais embarrassées de question bassement morales.
Et ensuite, l’objectif stratégique des occidentaux (qui sont surtout européens depuis que Trump est un peu en retrait) est de retourner l’opinion publique russe contre le gouvernement. Plus le prix sera lourd pour les civils, plus l’opinion publique devrait demander la paix à tout prix...
Grave erreur. C’est bien mal connaitre les Russes. Plus le tribu qu’ils payent sera lourd, plus ils exigeront de leur gouvernement une paix dure pour l’ennemi. Sinon, de leur point de vue, le tribut qu’ils payent n’aura servi à rien.
Non. L’État contrôlait l’émission monétaire. Et la contrôle toujours d’ailleurs, même si c’est aujourd’hui par intermédiaire de la BCE.
Vous pouvez avoir des politiques monétaires expansives et inflationnistes (pour favoriser l’emploi, l’investissement et la croissance), par des taux d’intérêt faibles, ou des politiques monétaires restrictives en privilégiant uniquement la lutte contre l’inflation. Toutes ne font ni plus, ni moins que de faire tourner la planche à billets de façon plus ou moins rapide.
C’est un peu naïf de croire que parce que l’émission monétaire est, de façon assez formelle, passée du public (la banque centrale) au privé (les banques par l’intermédiaire des taux d’intérêt demandé par la BCE) que ça change quoi que ce soit dans le principe. C’est de l’émission monétaire, que ce soit par le public ou par le privé. Un sou est un sous, du point de vu macroéconomique, c’est pareil. Et c’est aujourd’hui entièrement contrôlé par les taux d’intérêt directeur de la BCE, BCE qui a pour principe fondamental de lutter contre l’inflation, donc de restreindre l’émission monétaire. Et de l’émission monétaire c’est de la « planche à billets ».
Et c’est bien normal : une économie a besoin d’avoir assez de liquidités pour les échanges de biens et de services. S’il y a de la croissance, on a besoin de plus de liquidités (plus d’échanges de biens et de services). Et ça va sortir d’où ce pognon ? On va creuser plus de mines d’or ? Non, on émet de la monnaie. C’est la « planche à billets », expression assez stupide, depuis que l’on a abandonné la « relique barbare », l’étalon or, bien avant Nixon, au XIXème siècle de fait. Puisque ça fait bien longtemps qu’il n’y a pas assez d’or et de métaux précieux pour assurer les échanges économique, il faut bien imprimer des billets pour assurer ces échanges. Sinon, c’est la crise de liquidités.
L’hyperinflation et le bordel économique qui l’accompagne survient lorsqu’une politique économique tante de résoudre des problèmes qui ne peuvent pas être résolus par émission monétaires en émettant de la monnaie.
Ou bien, comme l’Argentine des années 90, qui voit sa monnaie s’effondrer parce qu’elle a décidé une parité un Pesos = un Dollar. Qui veut encore des Pesos ? Personne... Et donc, le Pesos ne vaut plus rien.
Ou la fameuse République de Weimar (notez que ça, c’est l’hyperinflation : jusqu’à 1000% par jour !), qui fait délibérément tourner la planche à billets pour payer ses dommages de guerre en monnaie de singe.
Sinon, dans une économie normale, si on ne veut pas trop d’inflation, on émet de la monnaie, en gros, à hauteur du taux de croissance. Sinon, c’est la cata : la déflation, la crise de liquidité. Les gens n’ont pas assez d’argent pour les biens et services proposés. Ce qui s’est passé juste après la crise de 29 et les réponses (stupidement) déflationnistes qui lui ont été apportées (Laval en France, Hoover aux USA, Brüning en Allemagne).
Et, comme je l’ai signalé auparavant, l’émission monétaire (un peu) au dessus de l’inflation apure naturellement les dettes, et augmente la croissance, si on n’a pas de liberté de circulation des capitaux... Ce qui n’était pas le cas dans les année 50 à 70, et qui, grâce à ces gros débilos de libéraux, est le cas aujourd’hui.
Sauf que l’équilibre budgétaire était obtenu à cette époque grâce à la planche à billets...
Non, la planche à billet ne conduit pas toujours à l’hyperinflation, elle peut tout à fait conduire à une inflation raisonnable qui a fait la prospérité des classes populaires et moyennes des années 1950-1970 (les « Trente Glorieuses »).
Une inflation raisonnable, de l’ordre de 10% par an, avec des salaires indexés, ça veut dire que si vous vous endettez pour acheter une maison ou une voiture neuve, votre dette perd 10% par an, alors que votre salaire ne baisse pas... Demandez vous comment autant de personnes très modestes sont devenues propriétaires à cette époque ? Endettez vous dans ces circonstance sur 15 ans pour acheter une belle maison, et calculez vos mensualités en pourcentage de votre salaire au bout de 10 ans... vous ne payez presque plus rien ! A 10% d’inflation, au bout de 10 ans vos mensualités représentent 35% (0,9 à la puissance 10) de vos mensualités initiales !
Cette inflation, en créant ce que Keynes appelait une « monnaie fondante » force aussi l’investissement productif des détenteurs de capitaux. Sans quoi leur capital fond...
Le moteur économique des « Trentes Glorieuses » : un endettement des classes populaires et des classes moyennes bouffé par une inflation raisonnablement faible, et un investissement forcé par la même inflation des feignasses de capitalistes... Le tout grâce à une planche à billets imprimant délibérément à une cadence raisonnable.
Les libéraux ont foutu tout ça par terre en promouvant le libre échange et une monnaie forte. Là, on est au milieu des années 70...