@Eric F
Les deux impérialismes, celui de la Russie sur son proche voisinage
Dans un article récent du Figaro, Georges Nivat, professeur de Russe à Genève, papa de la journaliste Nivat-Bourdin, nous ouvre son âme sur la Russie et l’Ukraine. Passionnant.
Nivat a appris l’Ukrainien et il traduit maintenant les poètes ukrainiens pour se faire pardonner sa passion pour la langue russe. Il a honte de sa russophilie de toute une vie (il a acheté un appartement à St Petersbourg).
Il s’opposait un temps aux russophobes rabiques de choc genre Besançon (décédé mais a formé Françoise Thom et toute une armée de journalistes mainstream russophobes). Nivat a demandé symboliquement pardon à Besançon pour s’être trompé sur la nature de la Russie.
Oui, la Russie est impérialiste car elle s’est constituée dans cet esprit. Vous lui enlevez son « impérialisme », et il ne reste pratiquement plus de Russie, juste la Moscovie. La Moscovie (la Kiévie) s’est répandue comme une tâche d’encre (pour reprendre une expression de De Gaulle). Il yeut de la concurrence (les tatares), la Russie en a payé le prix (de son impérialisme)
C’est d’ailleurs le rêve de l’autre impérialisme en difficulté depuis un siècle, l’imppérialisme occidental de haute mer. Il rêve de ramener la Russie à la Moscovie, et de célébrer une Kiévie intégrée et soumise à l’Occident.
La Russie n’est pas le seul impérialisme qui se caractérise par des frontières indéfinies. L’UE a une prétention impérialiste (pas de frontière). Sans parler des USA (Canada, Groenland, Vénézuela) et d’Israël (Liban, Syrie, Cisjordanie …).
L’erreur de Nivat a été de croire que la langue russe et sa culture assez remarquables en faisait un pays « gentil », non impérialiste (synonympe de « démocratique » dans notre novlangue UE). Or c’est faux, la Russie est fondamentalement impérialiste de naissance. Etrange qu’un esprit éclairé comme Nivat, normalien, ne l’ait pas compris.
L’impérialisme déclinant de la Russie se limite aujourd’hui à ne pas accepter les agressions contre ses nationaux restés hors des frontières de la Fédération de Russie après la disparition de l’URSS (20 millions). Et si ça ne marche pas (Ukraine), à faire bouger les frontières.
Les guerres en cours sont bien des affrontements entre impérialismes déclinants (l’occidental, le russe), et un jeune impérialisme en expansion (notre UE), l’autre impérialisme en expansion étant Israël. Des frontières floues sont un bon critère pour l’impérialisme, et mènent souvent à la guerre (l’UE bientôt ?).