@Enki,
Puisque vous aimez les faits démographiques, vous avez totalement raison sur les chiffres ottomans du XIXe siècle. Le peuplement moderne s’est effectivement fait par vagues d’immigration successives, d’abord d’Europe de l’Est, puis d’Europe centrale. C’est factuel, les archives sont là.
En revanche, invoquer Arthur Koestler et sa Treizième tribu pour faire des Ashkénazes les descendants exclusifs des Khazars, c’est brandir une thèse historique aujourd’hui totalement infirmée. Koestler était un brillant écrivain, mais la génétique des populations moderne a tranché : les études ADN montrent de manière indiscutable une signature génétique commune et un ancrage moyen-oriental partagé entre Juifs ashkénazes, séfarades et populations locales du Levant. L’histoire n’est pas qu’une affaire de démographie ottomane, elle se lit aussi dans les chromosomes.
Sur la Cisjordanie, le terme « colonies » (ou settlements) est d’ailleurs le terme officiel employé par le droit international et l’ONU. Là-dessus, le débat sémantique est clos depuis longtemps.
Quant à votre droit de considérer les monothéismes comme des inventions politiques et religieuses, il est absolu et je le respecte à 100 %. Mais cela confirme ce que je disais : nous avons dérivé très loin de notre archevêque contrebandier de 1974 pour refaire le procès du Proche-Orient. Preuve que le sujet, un demi-siècle plus tard, reste d’une efficacité redoutable pour enflammer les passions.