@jakem
2/2 : Jours quarante-cinq à soixante-quinze. La majorité est installée. Session extraordinaire en juillet. Deux textes partent devant tout le reste. Une loi d’habilitation au titre de l’article 38, pour réformer la haute fonction publique par ordonnances pendant que le Parlement débat du reste. Et la grande loi de transformation : extension de la liste des emplois à la décision du gouvernement, postes de direction transformés en contrats de mission, mobilité fonctionnelle opposable. On ne révoque pas les fonctionnaires. On n’en a pas besoin. On change qui les dirige, qui les note, qui les promeut et ce que l’institution attend d’eux. Le statut protège des personnes. Il ne protège pas des organigrammes.
Dans le même paquet, la réforme de l’INSP et de l’ENM. Concours, jurys, maquettes pédagogiques, classements de sortie. L’essentiel est réglementaire. Personne ne manifestera pour défendre la composition d’un jury de concours. C’est pourtant là que se fabriquent les trente prochaines années.
L’audiovisuel public ensuite. La loi de l’été rend à l’État actionnaire le pouvoir de nommer les présidents de France Télévisions et de Radio France, pouvoir transféré au régulateur en 2013 précisément pour le soustraire à l’alternance. Ou elle privatise. Les deux textes sont rédigés. Le choix est politique, l’exécution est identique.
Les procureurs généraux sont nommés en conseil des ministres tout l’été, cour d’appel par cour d’appel. Et la politique pénale se fixe par circulaire du garde des Sceaux. Ce n’est pas un coup de force. C’est le droit en vigueur. Il suffit de s’en souvenir.
Jours soixante-quinze à quatre-vingt-dix. Les premières ordonnances sortent. Le Conseil constitutionnel rend ses décisions sur les lois de l’été. Le plan anticipe des censures partielles : chaque texte a sa version de repli déjà écrite, et le renouvellement d’un tiers du Conseil est au calendrier de début 2028, avec trois nominations qui reviennent au président de la République et aux présidents des deux chambres. C’est mathématique. Et si le verrou se referme quand même, il reste l’article 11. Une loi adoptée par référendum échappe au contrôle du Conseil constitutionnel depuis 1962. L’arme n’a pas besoin de tirer pour dissuader.
Pendant ce temps, Bercy prépare le budget 2028. Chaque agence, chaque autorité, chaque opérateur passe au tamis d’une seule question : si cette structure disparaissait demain, qui s’en apercevrait ? Ce qui est né par décret peut mourir par décret. Ce qui est né par la loi attendra la loi de finances. On ne peut pas révoquer le Défenseur des droits. On peut voter son budget.
Jour quatre-vingt-dix, bilan. Le SGG. Les secrétaires généraux et les directeurs d’administration centrale. Quarante préfets, trente ambassades, tous les recteurs, les procureurs généraux. Deux lois votées, les ordonnances publiées, les subventions gelées, le budget 2028 armé. Zéro illégalité. Zéro char devant un ministère. Juste des mercredis matin utilisés à leur plein potentiel constitutionnel.
Fin de la réponse de la machine.
Ce qui m’a frappé, c’est sa conclusion. La Ve République donne au président français des pouvoirs dont Trump n’a jamais disposé. Pas de confirmation du Sénat poste par poste. Pas de filibuster. Pas d’États fédérés. Tout est dans la Constitution depuis 1958, posé là par de Gaulle. Personne à droite ne s’en est jamais servi jusqu’au bout.
Il ne manque que deux choses. Les listes. Et la volonté.
L’alternance ne se joue pas dans les urnes. Elle se joue dans les organigrammes. Et un organigramme, désormais, s’optimise en une conversation avec une machine.
L’État profond tenait par l’opacité. C’est terminé.
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Le programme établit par l’IA est séduisant. Vraiment réalisable ?
Je veux contredire la phrase de conclusion de l’auteur :
- pour moi l’État profond c’est la France profonde, les gens normaux qu’ils soient de souche ou de branche ou de greffe. Ce que l’auteur appelle l’État profond est la technostructure profonde solidement instaurée par des décennies d’ hypocrisie, de lâcheté, d’abandon à des officines ( le CC, CÉ, arcom, syndicats de la magistrature, eurokratur, etc )
- « c’est terminé » : non, pas encore ! Ce n’est qu’une perspective.
Et même si elle se réalisait, tout ne serait pas encore terminé car il faudrait des chefs avisés, déterminés pour mener à bien, vers le bout ( qui ne serait jamais atteint ), ces premiers actes officiels entrepris.
Avec mes plus chaleureux encouragements pleins d’espoir !