@Fergus
Votre interprétation est discutable pour le moins. Mearsheimer a interprété cela comme une tentative d’affoler la direction ukrainienne pour la pousser à négocier, ce qui a d’ailleurs réussi, avant que les USA n’y mette fin. En territoire hostile, sans la logistique devant traverser tout le pays, avec les forces engagées, la prise de Kiev était une utopie totale dans un pays déjà sur le pied de guerre. Il semble aussi y avoir eu une maladresse des renseignements russe (ou une manœuvre habile des ukrainiens) faisant penser à un soutien local important en cas de main basse sur Zelensky.
Poutine ne pouvait ignorer la dichotomie (ouest/est) avec un tropisme de l’ouest orienté vers l’U.E et n’a jamais tenu des propos impérialistes. Il avait d’ailleurs indiqué avant la guerre n’avoir aucun problème avec la souveraineté de l’Ukraine.
Deux choses l’ont poussé à intervenir, d’abord le refus manifeste des occidentaux et de l’Ukraine de faire appliquer les accords de Minsk II (admis ensuite par Merkel, Hollande et Poroshenko) et ensuite la volonté de Kiev d’en finir militairement avec les insurgés, confirmé par le renseignement russe, les observateurs de l’OSCE et Jacques Baud. L’armée russe est intervenue en urgence dans un pur bricolage qui a tourné mal dans les premiers jours. Poutine aurait pu opter pour un tapis de bombe à l’américaine pour parvenir aux fins que vous lui supposez, ce qu’il n’a pas fait. Quand il lance 300 missiles et qu’on compte 20 décès (aux dires des ukrainiens) on est loin des pratiques américaines et sionistes. Je pense qu’il sait ce qu’il fait.
L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN (peu importe l’échéance) serait perçue par la Russie comme un camouflet sinon une déclaration d’hostilité avait confié Merkel après le sommet de Bucarest de 2008. Tout le monde a espéré que Poutine accepterait ça en plus du parjure massif de la parole donnée à Gorbatchev et a fait un mauvais calcul. On sait (conversation entre Sullivan et Sachs) qu’il n’y avait pas la volonté d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN mais qu’il était hors de question de le dire officiellement. Ils ont taquiné l’ours russe avec un bâton « pour voir » et ont vu.
Je ne nie pas la responsabilité russe mais je comprends leur position quand aucun dirigeant européen ne veut l’entendre.