On ne peut évaluer la situation actuelle que difficilement, étant donné les limites à l’info imposées, d’une manière ou d’une autre, par la situation de guerre. Dans un article actuellement en « modération » Seyes fait fort justement remarquer que le niveau de corruption et de violence systémique et marginale était bien plus élevé durant la décennie Eltsine, et j’ajouterai, qui n’était elle-même que le prolongement de la prétendue « perestroïka », qui est en fait la véritable période d’effondrement de l’Union Soviétique sous la pression, essentiellement, du pouvoir de la mafia, déjà également présente sous Brejnev, mais qui a pris son véritable essor sous Gorbatchev, avant de s’épanouir complètement, si l’on ose dire, sous Eltsine.
Que Poutine n’ait pas encore suffisamment « fait le ménage » est malheureusement un simple constat, mais au moins a-t-il commencé cet ouvrage qui nécessitera encore certainement du temps...
La guerre est une situation ambiguë, à cet égard, puisqu’elle favorise inévitablement, et cela dans tous les pays en guerre, un type d’affairisme à tendance parasitaire et mafieuse sous une autre forme. Soit malheureusement plus ou moins inévitablement un recul par rapport aux avancées précédentes.
A cet égard l’histoire du clan Choïgou-Ivanov est particulièrement illustrative, et également de l’héritage de la période Eltsine, qui n’a donc pas encore été complètement « soldé », en quelque sorte. Du reste, si Ivanov est semble-t-il toujours en prison, Choïgou a été, quant à lui, recasé sur un strapontin plus ou mois doré, même si moins « lucratif » que son ancien fauteuil de ministre.
Enfin, d’une manière générale, le rapport à la violence est très différent selon les pays et les cultures, et si évidemment on ne peut que souhaiter le retour à des « relations pacifiques » entre pays comme entre êtres humains individuellement, le fait est aussi que la pratique du « suicide assisté », si l’on ose dire, pour éliminer les « gêneurs », semble bien être devenue tout aussi malheureusement une caractéristique commune entre la société russe et la société française...
Une « épidémie » évidemment grandement favorisée par le « climat guerrier »...
Le virus de la paix, quant à lui, reste à inventer...
Et quoi qu’il en soit, un historien digne de ce nom devrait savoir que l’histoire s’écrit dans la durée et non pas sur le mode de la presse à scandale, quand ce n’est pas seulement sur le mode de l’intox, mais le fait est, effectivement, que même seulement un peu de rigueur est évidemment moins efficace en termes de « clics » !
Luniterre