L’électorat bicéphale du RN. Un pays plus intelligent que ce que l’on nous raconte.
Ce qui a perdu le RN entre autres choses, c’est qu’il ne peut afficher sa véritable nature faite de contradictions entre l’affichage de ses intentions et ses véritables objectifs tels qu’ attendus par le soutien indispensable et conditionnelle de l’oligarchie disposant de moyens d’influence d’une puissance jamais vue jusqu’ici (contrôle de l’essentiel des médias et des instituts d’opinion ) avec un électorat nécessairement bicéphale. Celui des nantis et supernantis et de ceux se situant à tort ou à raison dans ce sillage, un ensemble de privilégiés minoritaires dans le pays. Sans état d’’âme et votant droite ou extrême-droite selon le mieux placé, sachant sans besoin de promesses ni consignes que leurs intérêts seront défendus dans tous les cas et n’oubliant eux jamais de voter. Et un électorat issu de la classe populaire et moyenne qu’il s’agit de convaincre sans qu’il comprenne que ses intérêts s’opposent à ceux de l’électorat pour qui travaillent en réalité les élus et les cadres du parti. Un apport de voix indispensable pour que le système de privilèges en place persiste de justesse en fait en ayant bénéficié jusqu’ici de l’abstention de nos concitoyens pour la plupart issus de la classe populaire et moyenne. Tout le monde a vu et a compris dorénavant les procédés utilisés renforcés par un emploi encore jamais vu de campagne de sondages mirobolants. S’appuyant sur les vieilles recettes de toute extrême-droite rajeunies pour les circonstances : Une exploitation opportuniste et ciblée des faits divers et de l’insécurité. Un affichage surprise de défenseur de l’antisémitisme et de postures antiracistes devant les micros et sur tribunes officielles tout en s’appuyant parallèlement sur un battage sans fin mélangeant immigration, islam et insécurité. Pour mieux entretenir et stimuler les réflexes racistes qui peuvent tous nous traverser. Surtout avec l’aide et la puissance de répétition des mises en scène servies par ce que sont devenus les médias. Des chaînes d’info par ailleurs blanchissant rapidement le RN (il en a de plus en plus souvent besoin) quoiqu’il arrive. Avec pour résultat que cet électorat, à force d’être pris pour un ramassis d’électeurs naïfs, influençables et bas-de-plafond, averti aussi par les exploits à répétition de la famille ( détournements financiers, affaire Deranque etc..) s’est mis à réfléchir par lui-même ce qui n’est jamais bon pour ceux ayant tant misé sur l’ignorance entretenue et la caricature à tour-de-bras. Préférant ceux qui les respectent en leur apportant des éléments de réflexions vérifiables leur permettant de mieux se situer. Etant traités comme tout citoyen devrait être traité. Il n’est pas difficile de voir en vrai avec les votes réels, pas avec la magie des sondages, le poids déterminant d’un vote systématique et utile et ce dès le premier tour.
Pour mémoire, Marine Le Pen talonnée par JLM, annoncée par les sondages avec une avance de 6 puis 5 points, est passée de justesse à 1% près au second tour de la présidentielle en récupérant une partie des voix de Pécresse (LR) en effondrement et en récupérant au second tour juste ce que perdait Macron par rapport à 2017. Lui étant élu pour la seconde fois par défaut grâce aux voix de ceux qui ne voulaient surtout pas de la championne. Celle-ci a alors obtenu 13 288 636 voix quand l’abstention, les votes blancs et nuls en comptabilisaient 16 695 014 (source ministère de l’Intérieur). Et oui, par deux fois, malgré des moyens médiatiques considérables mobilisés, l’oligarchie, sous ses deux visages politiques, ses deux jokers, a en réalité été rejetée par le corps électoral mais validée par des institutions devenues un anachronisme au vu des objectifs poursuivis lors de leur création. Validée aussi surtout par ses médias devenus omniprésents avec leur puissance de nous imposer leur réalité. Et ils nous ont parlé alors de façon tonitruante de la progression du RN. Faut-il rappeler aussi les 40/50 mandats donnés au RN par des voix LR et LREM arrivées déjà en sauve- qui-peut au second tour des législatives pour contrer la NUPES ? Et ensuite en 2024 avec une dissolution suite à un défi, rappelons-le, lancé au président par un Jordan Bardella grisé par une victoire annoncée par 27 sondages gagnant sur 27. La même manœuvre au second tour consistant à bloquer particulièrement les candidats LFI avec des voix de toutes les droites mélangées parce que la coalition surprise « sauve-qui-peut » qui s’était préparée en coulisse était déjà en train de prendre l’eau. Les citoyens soutenant LFI eux sacrifiant à nouveau des voix pour bloquer le RN. Et voici un Sarkozy venu demander l’asile politique chez Le Pen/Bardella. Cela, à défaut de donner envie, nous ouvre les yeux s’il le fallait encore. À nous d’être vigilants, lucides, patients et résolus.