@joletaxi
On peut parfaitement critiquer Nicolas Hulot, le Plan Climat, la fiscalité écologique ou certaines politiques européennes. Mais encore faut-il partir des bons chiffres.
Votre affirmation selon laquelle la dépendance mondiale aux fossiles serait passée de 87 % à 86,5 % est trompeuse. L’AIE estime aujourd’hui la part des fossiles dans la demande mondiale d’énergie à environ 80 %, pas 86,5 %. Et surtout, vous confondez deux choses : la part des fossiles dans le mix énergétique et leur consommation absolue.
Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Parce que la demande mondiale d’énergie augmente fortement. En 2024, elle a encore progressé de 2,2 %. Dans le même temps, les renouvelables ont représenté 38 % de la croissance de l’offre énergétique mondiale, devant le gaz (28 %), le charbon (15 %) et le pétrole (11 %).
Autrement dit, la transition énergétique mondiale ne se mesure pas simplement en regardant si l’on brûle encore du pétrole ou du charbon. Il faut regarder quelle part de l’énergie nouvelle est fournie par des sources décarbonées, l’évolution de l’intensité carbone et les émissions.
Deuxième erreur : le Plan Climat de Nicolas Hulot était un plan français, lancé en 2017. Il ne prétendait évidemment pas faire passer à lui seul la planète entière des fossiles aux renouvelables. Son objectif était notamment de conduire la France vers la neutralité carbone en 2050.
On peut donc discuter sérieusement de son efficacité, du coût de certaines mesures, de la fiscalité carbone, de l’éolien, de la politique européenne ou de la manière dont la transition a été conduite en France.
Mais passer de là à « Hulot a détruit la France » ou à une « secte » qui aurait manipulé toute la population, ce n’est plus une démonstration : c’est un réquisitoire politique.
Critiquons les politiques climatiques autant qu’on veut. Mais avec les bons chiffres et en attribuant à chacun ce qui relève réellement de sa responsabilité...