Bonjour, hans-de-lunéville 1
Ah bon ?
Si vous aviez été, comme moi, juré d’assises confronté à des situations particulièrement éprouvantes, vous comprendriez.
J’ai assisté naguère au procès à huis clos d’un jeune délinquant coupable de plusieurs viols. J’ai compris le prononcé du huis clos lors de l’audition de la 3e victime, une jeune fille vierge au moment des faits qui s’est trouvée exposée, outre le viol, à des actes de violence et des contraintes particulièrement dégradantes. Depuis les faits, la pauvre jeune fille, auparavant connue pour sa joie de vivre, restait prostrée chez elle, mutique le plus souvent, et perdait ses cheveux par plaques en réaction somatique. Parvenue à la barre dans un état de tétanisation visible, elle a été quasiment incapable de s’exprimer, au point que son audition a dû être écourtée. Elle est sortie soutenue par son avocate. Il est clair qu’en séance publique, elle se serait complètement effondrée, au plan psychique comme physique.
De même, l’audition publique de mineurs fragiles - fussent-ils des criminels - induirait des situations de panique qui empêcheraient de recueillir valablement leur témoignage, et par conséquence de comprendre le processus qui les a conduits à agir.
Quant aux procès qui touchent au secret défense, il est évident que leur déroulé à huis clos est là aussi justifié.