Merci Francois d’apporter ton point de vue de juriste, factuel et technique, qui ne semble pas apprecie par des commentateurs qui se sont accoutumes sur Agora a des articles plus politiques, plus transversaux, plus engages.
En ce qui me concerne, il me semble que la fin de la separation des pouvoirs est une necessite pour un executif (et je depase les clivages politiques ici) qui a de plus en plus de mal a se legitimer au vu de son inefficacite, de sa complaisance, et du fosse entre l ampleur de sa machinerie et la faiblesse de sa capacite decisionnelle (80% des lois sont des transposition souvent en retard de directives Europeennes).
Apres avoir transforme le quatrieme pouvoir (les media) en gentils roquets dociles aupres de ses maitres (silence autour des liens entre Thierry Breton et la condamnation dans le cartel des mobiles) toujours prets a donner la curee a l acteur affaibli (Burgaud, De Villepin), voici que nos chers hommes politiques s attaquent a d autres services publiques.
« Qui veut tuer son chien pretend qu il a la rage ». Cette maxime se voit depassee par nos hommes de pouvoir qui, apres avoir installe une machinerie deficiente, apres avoir prive de moyens des secteurs cles comme la Justice (mais on pourrait parler de l hopital public qui ne va pas tarder a exploser, et avec lui fini le trou de la Secu...), montent de toute piece des scandales pour mettre fin aux derniers empecheurs de magouiller en rond a savoir les juges independants.
Impossible de ne pas reconnaitre la tenacite temeraire et l obstination farouche de certains qui se prennent pour des supermen capes du Code de procedure. Impossible aussi de ne pas pester contre ces juges cow boys (tels Burgaud) qui sentent l’ivresse du pouvoir (merci Chabrol) paternaliste face a des justiciables miserables parfois (voir le film « Instants d audiances »).
Seulement les faits sont la : englues dans un labyrinthe administratif, affrontant des tonnes d’affaires en suspens, nos juges bac plus 10 bac plus 12 sont confrontes a des piles de paperasses, les privant du temps necessaire a un controle et a une moderation reciproque. Le corps des magistrats ne saurait que s auto reguler, or dans ces milieux restreints, la solidarite mecanique ne joue que si les contacts on le temps de se faire.
La France, 6eme puissance economique est le 25eme budget de la Justice. Que cela conduise a des lacunes, des dysfonctionnements, c est inevitable. Que ce soient les responsables qui utilisent cet etat de fait, qu ils en profitent pour passer les reformes qui les arrangent, ca l est moins.
Une seule chose est INTOLERABLE : que les citoyens victimes de ce systeme mettent leur mecontentement envers la justice au profit des responsables des dysfonctionnements