La discussion est ici passionnelle, pour certain(e)s, plus que pour d’autres. Mon article a été informatif d’une situation détestable : une mère en prison pour plaire à l’accusation. Un point de vue. Il y a en effet des messages qui proviennent d’un positionnement de fort parti pris (être pour ou contre le père/la mère). Les messages « pour » le père en viennent de manière insensée à justifier l’incarcération de la mère, jugeant de ses comportements, lui prêtant des intentions... comme si les auteurs de ces positionnements avaient une boule de crital à la place du cerveau (n’oubliez pas qu’une boule de crital est transparente).
Il suffit de se reporter à mon article : « La responsabilité des protagonistes ne saurait être mise en cause : ils sont les jouets de leur conflit. »
Je ne saurai accuser ni l’un ni l’autre. Quand bien même un système judiciaire - français ou canadien ou les deux et mille autres) aurait prononcé une condamnation, dans une telle affaire, une condamnation ne vaut pas preuve de culpabilité.
La prise de position de Pascale LIMAROLA au nom de son association qui semble avoir une écoute auprès des ministères est d’un parti pris tel qu’il est difficile de ne pas se dire qu’il y a forte implication - en l’occurence contre N. Gettliffe. Ca devient une discussion de comptoir. D’autres positions s’appuient sur des affirmations d’avoir des informations précises sur ce dossier. Et alors ? Les faits, sont que cette jeune femme aujourd’hui est en prison. N’est-ce pas là le vrai et seul problème ?
En effet, comme le rappel l’auteur de la précédente contribution, « n’y aurait-il pas d’autres solutions que la prison ? »
Il s’agirait d’aider ces personnes à trouver une solution pour, non pas protéger ou défendre les intérêts et points de vue des adultes, ou de l’actuelle conception de la bonne conduite, mais de l’intérêt futur des enfants. En l’occurence, je n’aimerais pas être le fils de ce père qui dit oui à l’incarcération de la mère ; je n’aimerais pas être le fils de cette mère incarcérée pour m’avoir emmené sans concertation avec mon père loin de lui.
Et je ne voudrais pas en discuter avec qui que ce soit qui accuse l’un ou qui accuse l’autre.
Je n’ai pas le temps ni la motivation de répondre aux attaques personnelles, aux prêts d’intention stratégiques qui s’infiltrent dans quelques messages. Ca ne m’intéresse pas.
En l’occurence, secte il y a. Et il serait de peu de présence d’esprit de considérer que ce genre d’organisation ne cherche pas à influencer.
Car, voyez-vous, je ne doute même pas que le père ait à un moment confié à la mère la garde des enfants en France. Mais l’esprit de rapport de force qui règne dans le monde sectaire est tel qu’il explique à lui seul le revirement de position paternelle, bien plus que le désir de garder les enfants et de veiller à leur éducation.
Il est trop facile de prétendre avoir « un dossier », d’avoir des informations de premières mains. Vous n’êtes pas juge, d’instruction ou de fond. Quand bien même auriez vous les uns les autres des dossiers épais comme des encyclopédies, ça ne changerait rien : cette jeune femme est en prison pour une motivation de mère. Point.
Mais la prose que je lis ici, dans ce débat sans fond, ne se satisfait pas de cet ignoble constat. Alors, comme n’importe comment ni les uns ni les autres nous ne pouvons par ces échanges modifier quoi que ce soit, je lève le camp. Je ne considère pas utile et pertinent d’argumenter en plus. Ce que j’ai écrit, constatant même que j’étais précis dans mon absence de parti pris, que je pointais les influences sectaires, etc... je le maintiens.
Et si je n’ai pas été assez clair, oui, j’affirme que les « médiateurs » intervenus dans cet affaire ont contribué à la dégradation de la relation. Ils ont été incompétents. Et j’attire très clairement l’attention sur le fait qu’il existe une autre pratique de la médiation qui peut accompagner plus sûrement des personnes dans la résolution de leur différend, car l’acte de médiation ne relève pas de la compétence d’une institution administrative, ni du système judiciaire, ni de l’analyse psychologique culpabilisatrice, mais de l’accompagnement comportemental.
Jean-Louis Lascoux
Secrétaire national de la Chambre professionnelle de la médiation
Formateur de médiateurs professionnels
Auteur de « Pratique de la Médiation, un mode alternatif à la résolution des conflits », edition ESF