Je comprends parfaitement que nous ne soyons pas des mêmes idées et pour apprécier que l’on respecte les miennes, ne craignez pas que je ne respecte pas les vôtres.
J’ai été le premier dans mon billet à dire que la gestion de l’Etat et celle des collectivités locales n’étaient pas un exercice identique. Je m’amuse cependant à constater qu’au sein de la Commission Pébereau, à laquelle j’appartenais, celle-ci craignait que les collectivités locales dépensent aussi mal que l’Etat. Bref, ce ne fût pas le cas en Alençon, car j’ai toujours été un manique de la dépense, considérant que l’argent public n’appartient pas aux gestionnaires mais qu’il est le fruit du travail des autres et à ce titre il mérite le plus grand respect. En d’autres termes, on ne doit jamais faire avec l’argent des autres ce que l’on ne ferait pas avec le sien !
S’agissant de mes performances à Bercy, je veux bien admettre qu’elles n’aient pas été à la hauteur de mes propres espérances. Il se trouve que je n’avais pas plus de pouvoirs que ceux dont dispose un conseiller municipal de ma majorité, même quand c’est mon meilleur ami. C’est très frustrant et j’ai souvent médité cette comparaison.
Enfin, je ne vous suivrai pas sur vos mélanges entre recettes, dépenses et solde.
La première des préoccupations en matière budgétaire doit rester la dépense, surtout quand nous sommes champions du monde en la matière, je veux dire champions de TROP de dépenses ! Pour ce qui me concerne, je m’honore d’avoir fait admettre par le gouvernement auquel j’appartenais le principe de la norme « zéro volume ». J’ai milité pour le « zéro valeur » désormais recommandé par la commission Pébereau. Je vais prochainement ouvrir sur mon Blog, un « Rétro Blog » qui va contenir toutes les recommandations que j’ai faites quand j’étais à Bercy et qui n’ont pas été suivie d’effet. Surtout celles qui, 3 ans après, sont présentées par les experts comme évidentes. A l’époque cela ne retenait guère leur attention.
S’agissant de la baisse des prélèvements, je n’y suis pas favorable tant que nous ne sommes pas revenus à l’équilibre primaire, c’est à dire à partir du moment où l’Etat n’emprunte plus pour payer l’intérêt de la dette. Par symétrie, je suis pour un plafonnement des dépenses en euros courants jusqu’à cette même étape.
Pour terminer, vous me reprochez de parler et d’être moins fécond dans les faits. Je m’honore également d’avoir, avec Didier Migaud, été à l’origine de notre nouvelle constitution financière (La LOLF) qui je l’espère nous aidera à redresser notre situation.
Pour ce qui me concerne, je ne trouve aucune joie dans la controverse partisane, aussi je suis plus à votre disposition pour répondre sur des sujets concrets qu’à des grands principes qui sont l’apanage des grands politiciens au nombre desquels je ne me compte pas.