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Commentaire de minijack

sur Faut-il réhabiliter Judas, suite... et fin !


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minijack minijack 1er juillet 2006 08:41

C’est fou ce qu’on peut lire comme exegètes particulièrement avisés ici. On trouve vraiment tout et n’importe quoi du moment que c’est bon à croire !

Le fameux jeu de mot sur Simon-Pierre ne tient pas la route une seconde en hébreu, pas plus sans doute qu’en araméen : « Khephas » ne veut pas dire « rocher » sur lequel construire. Ca veut dire pierre au sens de « coeur de pierre », « dureté d’âme », et ce Simon-Pierre était un ishkarioth, un sicaire, autant dire un tueur. Pour tout dire, un zélote, tout comme son fils Judas.

Jésus n’a jamais voulu créer une église. C’est Paul qui l’a fait bien plus tard en déviant sérieusement de la doctrine originelle, alors que Jacques lui n’avait qu’essayé de réformer la religion judaïque elle-même, à Jérusalem, jusqu’à la chute de l’an 64. L’aspect religieux de Jésus, quoique universel, n’est au départ qu’une affaire interne judéo-judaïque, une lutte pour le pouvoir oligarchique mi-politique mi-spirituel, mise à profit par Constantin trois siècles après devant l’expansion de la doctrine chrétienne originelle, laquelle n’était pas du tout celle d’aujourd’hui.

Si je puis rajouter ma petite religion personnelle à la longue liste des précédentes, je dirai ceci : Jésus était un prétendant au trône d’Israël, trône occupé par un imposteur marionnette de Rome, dans un pays où la fonction religieuse se confondait avec la fonction royale. Ne pouvant parvenir à la libération de son pays par la force armée (zélotes, dont Pierre et quelques autres faisaient partie), il a imaginé de le faire par un acte fort marquant les consciences. C’est volontairement et « sur ordre » que Judas l’a dénoncé aux autorités (romaines et non sacerdotales) afin que ces dernières en fassent officiellement un « martyr ». Les gens aiment bien ça, les martyrs, même à notre époque.

Mais la politique ne joue jamais aucun jeu dangereux contre la religion, jamais. Elle s’en sert. Elle l’assiste à l’occasion en lui prètant main forte de son bras séculier. Rome, au travers de Pilate pas si bête, s’est débrouillée pour s’en laver les mains. Bref, Jésus en fut pour ses frais à l’époque, et qu’il mourut ou pas sur la croix, hormis ses proches personne ne s’en aperçut. Les médias de la Rome antique n’étaient pas aussi performants que ceux de Berlusconi.

Reste que ce pauvre Judas a bien cru son seigneur mort. Et il ne fut pas le seul, car outre le fait qu’il fut retrouvé pendu, certains prétendent qu’il était aussi éventré comme un porc accroché à une branche. Et si c’est vrai, c’est le châtiment réservé aux traitres chez les révolutionnaires zélotes. Preuve qu’ils n’avaient pas tout compris du film.

D’où il s’ensuit que Dieu lui-même avait bien mal conçu son scénario en nous envoyant son fils en sacrifice. D’où ma question : faut-il réhabiliter Dieu lui-même ?

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