Sylvain Reboul, parmis toutes les mesures que tu as détaillées je vais les classer dans deux catégories : Les mesures pipot, et les mesures non-pipot (ou presque).
Les mesures pipot sont celles qui ne font qu’aligner des vérités sur lesquelles tout le monde est d’accord et des témoignages de bonne volonté purement abstraits.
Non-pipot :
Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir leur remboursement en cas de délocalisation. Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.
Pipot :
Lancer un débat sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance pour instaurer un pilotage par l’ « Eurogroupe » et desserrer le carcan budgétaire pour que les investissements qui préparent l’avenir n’entrent pas dans le calcul des déficits.
Relancer l’économie sociale et solidaire, génératrice d’emploi (associations, etc.). Lancer un débat sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance pour instaurer un pilotage par l’ « Eurogroupe » et desserrer le carcan budgétaire pour que les investissements qui préparent l’avenir n’entrent pas dans le calcul des déficits.
Alléger les cotisations sociales des entreprises en fonction de leurs efforts pour l’embauche de salariés sans qualification, de jeunes à la recherche d’une première expérience professionnelle, de chômeurs de longue durée ou de salariés âgés. Réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leurs responsabilités sociales. Développer les négociations collectives à tous les niveaux et sur tous les thèmes.
Mettre en place un revenu de solidarité active (RSA) permettant l’amélioration d’un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail.
Renforcer la qualification des salariés menacés de licenciement. Mettre en oeuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l’expérience professionnelle.
Reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études. Mettre en place une protection contractuelle des transitions professionnelles sous la forme d’un contrat-relais garantissant au salarié licencié une rémunération, un bilan de compétences, une formation et une aide active dans la recherche de son futur emploi.
Encourager la mobilité professionnelle en permettant au salarié de conserver ses droits acquis d’un emploi à l’autre, notamment ses droits à la formation.
Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l’Etat, et permettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant.
Bon tu me diras la notion de pipot est subjective, et dans les mesures que j’ai cité dans la deuxième catégorie, certaines comportent des éléments intéressants. Mais ce qui est inquiétant, c’est surtout le nombre d’éléments qui ne sont là que pour participer à cette vaste entreprise démagogique, qui consiste à aligner des platitudes humanistes qui auraient de surcroit été inspirées par les débats participatifs.
Ainsi on doit facilement trouver dans le programme de Ségolène Royal deux ou trois fois plus de propositions que dans celui de Sarkozy, dont près des deux tiers ne sont que du vent. Un état de fait qui, sans juger la nature même des propositions (Que je critiquerai peut être dans un prochain message), nous laisse le sentiment désagréable d’être pris pour des imbéciles.