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L’e-cigarette en France

Le tabac, cette substance tant convoitée par près d'un milliard de fumeurs dans le monde, est sans aucun doute le pire ennemi de l'Homme. Il provoque des maladies cardio-vasculaires mortelles non seulement aux personnes fumeuses mais aussi à ceux dits passifs. Triste injustice de se voir atteint de défaillances lorsque nous suivons une ligne de vie saine.

Le tabac touche le monde. Lorsque vous sortez dans la rue il est impossible de faire votre trajet sans rencontrer un fumeur. Plus il gagne en popularité, plus les personnes sont en danger ! Le cancer du poumon est une des maladies qui caractérisent les dangers de ce substitut et touche aussi bien les Hommes que la Nature. Outre sa toxicité, c'est un produit qui nécessite d'être « séché à chaud ». Ce procédé demande une très grande quantité de bois, augmentant considérablement le phénomène de déforestation.

C'est tout de même une belle comparaison de dire que les grandes forêts représentent les poumons de la terre. Distinguez-vous une différence entre les dégâts causés chez l'homme ?

Outre les patchs, les sprays ou toutes autres méthodes pour arrêter de fumer, depuis les années 2000, la cigarette électronique a émergé sur le marché. Cependant, l'idée reçue est que c'est depuis la tragique histoire familiale du pharmacien Hon LIK, que l'e-cigarette fut inventée, or celle-ci existe ou du moins a été imaginée depuis 1963.

Histoire et origine

La première invention faisant référence à une cigarette électronique appartient à Herbert A. GILBERT qui en 1963, a déposé un brevet concernant son projet de cigarette sans fumée de tabac. Cette invention lui a valu une parution dans la revue Popular Mechanics. Cependant, jamais il ne put en produire un prototype à cause de la limitation technologique de son époque. De plus, le tabac n'était pas encore reconnu comme étant dangereux.

Il n'est pas officiellement le premier à l'avoir crée mais en tout cas le premier à y avoir pensé.

Ce n'est que dans les années 2000, que le pharmacien chinois Hon Lik imagina et inventa la première e-cigarette : une batterie rechargeable permet d'alimenter en énergie une résistance, qui en chauffant, produit de la vapeur. Cette résistance est reliée à l’e-liquide grâce à une mèche.

Certains disent que c'est au cours d'un rêve que l'idée du fonctionnement lui est apparue, d'autres affirment que c'est un malheur familial survenu en 2003, qui l'a incité à développer une alternative à la cigarette.

Prototype de Hon LIK

Quelle qu'en soit la raison, ces génies ont permis d'offrir aux consommateurs, adeptes de Havane, un moyen de réaliser leur volonté de s'émanciper de la cigarette.

L'Europe rencontra la première cigarette électronique en 2006. Ce modèle réaliste ressemblait de font en comble à une cigarette papier et n'était vendu uniquement en pharmacie. Il était considéré comme un médicament, un traitement pour combattre les effets du tabac.

En 2007, l’e-cigarette atteint le sol américain et commence à se faire connaître sur les réseaux sociaux lui garantissant une visibilité mondiale.

Les modèles ont peu à peu évolué proposant des formes raffinées et longilignes aux esthétismes créatifs et innovants. Leurs gabaries eux aussi changent, passant d'une petite paille à un tube long et épais comme un stylo. Les marques jouent avec les styles et proposent des produits qui s'adaptent parfaitement à tous les types de consommateurs. Jeunes, hommes d'affaires, ou encore femmes au foyer, toutes les possibilités sont proposées sur le marché.

Lorsque la population découvrit cette ingéniosité technologique, deux sortes de comportement se sont manifestés : l'une prônait la cigarette électronique et imaginait un futur prometteur, l'autre restait très sceptique et dénonçait un phénomène de mode.

L'Organisation Mondiale de la Santé a même décidé peu après 2006, d'interdire et de retirer la mention "OMS" sur les publicités des commerçants à cause d'un manque d'études et de connaissances du produit.

Or, il semblerait que la cigarette électronique soit la meilleure méthode pour arrêter de fumer et est plus efficace que le patch.

Cependant, le 26 août 2014, l'OMS a publié un rapport sur la cigarette électronique et ses dangers en annonçant clairement son point de vue négatif pour les non fumeur. Ce qui produit une vive envergure de la part des experts et docteurs.

Et les liquides ?

Au départ, on ne comptait que très peu de fournisseur en e-liquide, élément essentiel de la cigarette électronique. Ce substitut qui est un mélange de propylène glycol, de glycérine végétale et d'eau permet de compenser le manque des consommateurs en contenant une dose de nicotine suffisante pour avoir un effet, mais inférieure à celle d'une cigarette.

La particularité des e-liquides est qu'ils peuvent être parfumés, offrant une diversité de saveurs et de taux de Nicotine. Si fumer n'est pas en soi quelque chose d'agréable, arrêter de fumer devient d'autant plus appréciable.

Les premiers goûts inventés étaient tabac ou menthol et il y avait très peu de producteurs dans le monde.

Aujourd'hui, vous pouvez trouver toutes sortes de goûts allant du fruit jusqu'aux cocktails les plus exotiques. Cependant, selon une étude ce serait les liquides goûts tabac simple qui seraient les plus efficaces pour arrêter de fumer.

L'évolution de la législation

Si en Europe la cigarette à vapeur a bien été accueillie, en Australie, elle a été interdite à la vente en 2009, à cause de sa contenance en nicotine. A cette époque, le gouvernement australien ne considérait pas ce dispositif comme un moyen alternatif de la cigarette mais comme "une forme de poison".

Lors de cette même année, la FDA interdit la cigarette électronique aux Etats-Unis et ne la considérait pas comme un dispositif dans la liste de produits consommables. Cette décision provoqua un débat au niveau de sa qualification et engendra la création de l'Association de la cigarette électronique, qui se veut porte parole de la cause de ce dispositif dans le monde. Ce groupe de producteurs, distributeurs et des détaillants a pour but de répondre aux questions sur le plan sanitaire et établir des normes au sein de cette industrie.

Quant au Royaume-Uni il décide de l'autoriser dans son pays puisqu'il considère qu'un produit proposant de la nicotine sans les autres particules toxiques, pour aider les consommateurs à s'émanciper du tabac devrait être autorisé.

Nous pouvons donc dire que l'année 2009 fut une période de forts bouleversements pour la cigarette électronique qui, malgré les critiques et refus de reconnaissance, a su faire preuve de ses vertus thérapeutiques pour convaincre les gouvernements et se garantir un succès aux Etats-Unis comme dans certains pays d'Europe.

Plus récemment, la Thaïlande a interdit l'importation de cigarette électronique le 7 octobre 2014, tout comme l'a décidé le Cambodge avant eux. La raison de cette initiative est que le gouvernement perçoit le produit comme une menace pour les jeunes qui sont les plus touchés par la diversité des goûts des e-liquides, ce qui engagerait que la cigarette électronique ne permettrai plus d'essayer d'arrêter de fumer mais de commencer.

Cette idée a également été imaginée à New York, dont le conseiller new-yorkais Costa COSTANTINIDES aimerait interdire le vapotage d’e-liquide parfumé.

Quand est-il de la France ?

En France, l'utilisation de l’e-cigarette n'est pas réellement contrôlée, mise à part que la vente de ce produit est interdite aux mineurs. Cette liberté est due au fait que ce dispositif est perçue comme un produit de consommation courante ordinaire et n'est pas influencé par les règles en vigueur pour le tabac. La seule règle est de contenir moins de 10 mg de nicotine avec une concentration inférieure à 20 mg/mL. Toutefois, il se peut que certains lieux publics, commerces ou lieux de travail refusent le vapotage.

Cependant, avec la lutte anti-tabac et le nouveau plan santé de la ministre des affaires sociales et de la santé Marisol TOURAINE, le marché du tabac et e-cigarette risque de vivre un nouveau tournant.

En effet, ce nouveau plan annonce deux réformes majeures :

- des paquets de cigarettes neutres

- une interdiction de vapoter dans des lieux publics

Si la neutralité des paquets est une mesure peu approuvée par la majorité des Français, l'interdiction de vapoter dans les lieux publics provoque une polémique.

De plus, le nouveau plan veut que la promotion des cigarettes électroniques soit totalement interdite à partir du 20 mai 2016. Cette décision a eu un effet de douche froide puisqu'une fois encore, on assimile cigarette électronique et tabac ! Or la publicité de ces dispositifs envisagerait une forte diminution progressive de fumeur. C'est donc une incompréhension totale qui fait vent : on veut réduire au maximum le nombre de fumeur sauf que l'on interdit de continuer de promouvoir un produit qui permet d'y arrêter et dont la publicité incite les consommateurs à s'y mettre.

Les avis médicaux

Selon une étude de Plos One publiée en juillet, 67% des docteurs américains reconnaissent la cigarette électronique comme un potentiel traitement pour les patients atteints de cancer, de réduire ou d'arrêter de fumer. Parmi eux, 36% la recommande à leurs patients.

Darl RANTZ, médecin de famille en Géorgie, approuve vivement l’e-cigarette et la conseille à tous ces patients ayant atteint la majorité, puisqu'il considère ce dispositif comme une amélioration pour la santé publique.

D'autres médecins, comme lui, optimistes sur la mesure pourraient bien changer le point de vue américain. En effet, la FDA (Food and Drug Administration) n'a, à ce jour, pas encore reconnu la cigarette électronique comme étant un traitement de sevrage de la cigarette papier. Un engouement général de la part du corps médical peut remettre en question le positionnement qu'a l'organisme américain.

Des tests de toxicité ont été par la suite effectués, notamment par le professeur-docteur Michael Siegel de l'Université de Boston, et a montré que le niveau de toxicité en nitrosamine (composant chimique très dangereux) étant 1400 fois inférieures dans une e-cigarette par rapport à la cigarette traditionnelle. De plus, cette étude a également montré que le fumeur se mettait moins en danger avec une cigarette électronique qui contient 5 à 10 fois moins de formaldéhydes qui se produit par la combustion d'un composant qui n'est pas présent dans les e-liquides. Ainsi selon le professeur-docteur Siegel, les liquides utilisant la glycérine comme excipient constitueraient une norme car ils produisent une vapeur moins néfaste que la fumée de cigarette.

A travers cette étude, il a démontré que la vapeur permettait de sevrer le manque des consommateurs grâce à sa contenance en nicotine. Toutefois, son pauvre niveau de toxicité (par rapport à la cigarette) fait d'elle un produit plus sain et prometteur.

 

Le Professeur MOLIMARD, père fondateur de la tabacologie a, tout au long de son étude, essayait de démontrer les facteurs provoquant l'addiction à la cigarette. En essayant de rendre des souris dépendantes à la nicotine, il se rendit compte que celles-ci ne présentaient aucun symptôme de dépendance ou de manque. Il en a conclu que ce n'est pas la nicotine qui provoque la dépendance, même si elle influe sur le cerveau.

Un autre Docteur, Jean-Paul TASSIN, neurologue chercheur au CNRS, a constaté les mêmes résultats et a découvert que ce sont les autres additifs présents dans la cigarette qui rendent accro.

Ces deux chercheurs ont donc expliqué la compensation du manque provoqué par la cigarette avec la vapeur. L’e-liquide contient de la nicotine, et parfois en est dépourvue (c’est au consommateur de faire ce choix, très souvent sous les conseils. Les saveurs proposés sont constitués d'éléments permettant de reproduire des sensations semblables à la cigarette classique, que ce soit le goût piquent, la sensation particulière dans la gorge et également le geste !

Ces similarités permettent de créer un stimulus qui informe le cerveau qu'une cigarette est consommée comblant alors la sensation de manque en Nicotine.

Cependant, il faut noter que la cigarette électronique, malgré ses propriétés, n'est pas totalement saine. Elle présente des risques sur la santé, mais ceux si sont minimes par rapport à la cigarette. Ces risques vont réduire au fur et à mesure des années grâce aux futures découvertes en termes d’e-liquide contenant des substituts toujours plus sains...

Pour Riccardo POLOSA, Directeur de l'Institut de médecine interne et d'immunologie clinique de l'Université de Catalane en Italie, le plus inquiétant est l'air des villes polluées. En effet, s'appuyant sur plusieurs rapports d'agences de protection de l'environnement, l'air environnant est plus inquiétant que la vapeur des e-cigarettes.

Toutes ces observations nationales et internationales, impactent sur la réputation de l'e-cigarette.

 

Est-elle réellement un moyen d'arrêter de fumer ?

Il faut bien croire que oui ; la cigarette électronique n'a pas été imaginée pour commencer à fumer. Certes, elle représente un risque sur la santé mais est nettement moins nocives pour le consommateur mais également son entourage !

Avec une diminution de 8.6% par rapport au mois d'août de l'an dernier, le marché du tabac est donc réceptif aux mesures à sa disposition. En 2013, en France, on estimait le nombre de vapoteur à presque un millions et ne cesse d'augmenter.


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