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Un premier trimestre boursier catastrophique pour une année 2020 déjà gâchée ?

La débâcle des marchés financiers initiée car la pandémie du coronavirus laisse un goût amer aux investisseurs pour cette nouvelle année 2020 qui, nous l’espérions « tous », allait être du même cru que l’année 2019 où le CAC40 avait rebondi de 28%.

Les tristes records historiques s’enchainent au fur et à mesure que l’épidémie se mondialise :

  • Le lundi 9 mars 2020, la cours du pétrole réalise un plus bas de 33.41% à cause de tensions entre l’Arabie Saoudite et la Russie.

  • Le jeudi 12 mars 2020, la bourse de Paris réalise une baisse historique de 12.28%

  • Le 16 mars 2020, le cours du VIX « indice de la peur » atteint 82%, une volatilité supérieure observée par rapport à la crise des subprimes de 2008.

  • Sur le seul mois de mars, l’histogramme du DAX30, principal indice européen avec le CAC40, réalise une amplitude de 4 017 points (soit 32.73% de variation).

  • Des entreprises fortement pénalisées comme AIRBUS perd 60% de sa valeur.

  • Des limit down (arrêt de cotation suite à des mouvements d’ampleurs) sont déclenchées sur les marchés mondiaux.

 

…Et il serait aisé de continuer tant les mesures palliatives imaginées par les gouvernements accompagnés des banques centrales sont sans commune mesure.

 

L’année boursière 2020 est probablement déjà gâchée… après seulement 3 mois.

En témoigne de nombreux économistes, dont le bilan de l’année 2020 présente un recul généralisé sur l’ensemble des places boursières mondiales au l’alentour de 18% alors qu’en 2019, les marchés financiers présentaient deux chiffres de progression sur ce même premier trimestre.

Les commerces actuellement fermés, les autres entreprises en activité réduite et une population en confinement. C’est l’état actuel des pays aujourd’hui qui pénalisent 43% de la population mondiale, soit près de 3,4 milliards de personnes à travers le monde.

Impossible de promettre, de savoir, quand et comment le retour à la normalité va s’opérer. Les hypothèses les plus pessimistes évoquent une deuxième vague de pandémie, une perspective dramatique qui anéantirait définitivement l’année 2020 sur les places boursières car pour une fois, c’est bien l’économie réelle qui est touchée avant l’économie financière.

Les victimes vont s’accumuler.

Sans mauvais jeu de mot avec la crise du covid-19, les pertes générées par le retrait des capitaux des banques et fonds d’investissement dérèglent la loi de l’offre et la demande et occasionnent des pertes abyssales pour certain.

Pour un investisseur hors pair comme Warren buffet dont la fortune estimée s’établissait à 89 milliards de dollars, les pertes générés par ce premier trimestre 2020 pourrait représenter 14 milliards de dollars.

Mais d’autres sociétés de trading n’ont pas eu « la chance » de tenir. C’est le cas de la société Ronin Capital basée à Chicago, cette institution financière exercée depuis 2001 aurait perdu des centaines de millions de dollars sur le seul indice du VIX.

La forte volatilité des marchés laisse à penser que les personnes très exposées, notamment par des effets de levier, se retrouvent en difficulté.

Les stratégies de long-terme, dont la principale force consiste à profiter du biais haussier du marché action et des intérêts composés, sont mises à mal. Le niveau de prix du CAC40 atteint le support des 4 300 points, un niveau déjà travaillé en avril 2016, soit 4 années auparavant. 4 ans que la bourse ne génère pas de rendement au niveau de prix de la fin du premier trimestre 2020...

Peut-on croire à un rebond technique ? ou une reprise ?

Rien n’est inimaginable tant les mesures proposées par le gouvernement sont illimitées. Les Etats-Unis ont annoncé un plan de relance 2 000 milliards de dollars, l’équivalent, presque, du PIB d’un pays comme… la France (estimé à 2 415 milliards d’euros en 2019).

Rien n’est gratuit pour autant, si une demande d’effort à la population immédiate n’est pas possible, c’est l’augmentation de la dette publique qui finance les plans de relance. Le respect du traité de Maastricht semble plus que jamais compromis pour les pays de l’Union Européenne.

D’un point de vue technique et graphique, l’interdiction temporaire des ventes à découvert annoncée par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), les QE (Quantitative Easing) opérés et encore en cours, ainsi que les limit down (seuil de baisse journalière maximale) finissent par ralentir la chute des indices. Un rebond technique de court-terme, déjà commencé, est donc tout à fait légitime.

Mais ce sont les traders spéculatifs qui peuvent en profiter et ce n’est pas donné à tout le monde. Cette période si particulière doit être une opportunité de repenser sa gestion financière, voir se diversifier pour se prémunir en anticipation des futures baissent.

L’appel à la prudence doit cependant nous rappeler que la spéculation est réservée à un public averti, ayant profité de la meilleure formation trading et développé ses propres analyses. Nul ne peut connaitre l’avenir, l’instabilité est réelle et doit être prise en compte, semblant de reprise ou pas.


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