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Accueil du site > Culture & Loisirs > Il pleut dans ma chambre, j’écoute la pluie...

Il pleut dans ma chambre, j’écoute la pluie...

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Une chanson qui nous fait entendre, dès les premières notes, le murmure de la pluie, une chanson joyeuse et lumineuse sur la pluie qui tombe... seul Charles Trénet pouvait nous offrir un texte et une mélodie si entraînante sur ce thème.

 

La pluie est souvent synonyme de tristesse, de pleurs, mais Trénet nous en fait percevoir toute la gaieté et tout le bonheur...

 

La première phrase nous surprend : "Il pleut dans ma chambre...", voilà de quoi se lamenter, et se plaindre puisque la pluie tombe aussi sur le lit du poète qui vit peut-être dans une mansarde mal isolée...

 

Et pourtant, le poète évoque la pluie en des termes élogieux, il est attentif à son chant mélodieux : "J'écoute la pluie / Douce pluie de septembre"... 

La nature s'anime grâce à des personnifications : Le jardin frissonne toutes les fleurs ont pleuré / Pour la venue de l'automne / Et pour la fin de l'été... Certes, les fleurs pleurent pour regretter la fin de l'été, mais la pluie vient animer le paysage : on l'entend "fredonner sur un rythme joyeux...", dans une nouvelle personnification.

 

Le poète restitue alors de manière rythmée et joyeuse ce chant et cette poésie de la pluie : "Tip et tap et tip top et tip /
Et tip tip et tip / Et tip top et tap."

 

L'amour évoqué dans le couplet suivant contribue au bonheur du narrateur, d'autant qu'il parle à la deuxième personne, s'adressant à son amoureuse, affirmant sa présence : "Demain le jour fleurira sur vos lèvres /, Mon amour, et la pluie qui calme notre fièvre / Sera loin très loin dans la mer".

 

Les futurs utilisés marquent une certitude, et l'amour associé à l'image de la fleur semble pouvoir se renouveler grâce à la pluie, bien que celle-ci apaise les ardeurs amoureuses représentées par la métaphore de la "fièvre."

Puis, Trénet énumère tous les effets bénéfiques de la pluie sur la nature, en employant à nouveau des personnifications amusantes, empreintes de gaieté : "Demain les bois auront fait leur toilette Et les toits peints de frais auront un air de fête Les oiseaux contents de ce shampooing Ne se plaindront point..."

 

La nature humanisée s'anime joyeusement sous nos yeux.

"Il pleut dans ma chambre
Il pleut dans mon cœur", poursuit le poète, parodiant le célèbre texte de Verlaine : "il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville..."

 

Mais, pour Trénet, la pluie devient un symbole de joie absolue, il refuse d'en voir les aspects négatifs et il nous emmène dans un univers radieux où tout est harmonie et gaieté...

La pluie chante "un air moqueur"... comme si elle se jouait des êtres humains, elle semble dotée de sentiments...

 

L'évocation des "beaux champignons qui poussent", du "vent qui joue du violon" vient compléter le tableau champêtre.

 

Enfin, les chats de gouttière viennent souligner de leur danse le son mélodieux de la pluie : on les voit danser "en rond", comme des enfants.

 

Quelle gaieté dans cet hymne à la pluie ! La mélodie rythmée et sautillante nous fait percevoir la "chanson de la pluie".

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/12/il-pleut-dans-ma-chambre-j-ecoute-la-pluie.html

 

Vidéo :

 

Une version plus longue de la chanson :

 


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31 réactions à cet article    


  • alexis42 alexis42 14 octobre 18:40

    Maître Fergus doit être occupé à écouter une sonate pour biniou, sinon il aurait descendu cet article en flammes ; quoique, sous la pluie...


    • Cadoudal Cadoudal 14 octobre 18:46

      @alexis42
      A cette heure ci Fergus est à la mosquée...lol...

      Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, « franchouillard » ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.

      Bernard Henry Fergus.






    • Clocel Clocel 14 octobre 18:52

      Perso, je préfère celle où le grand fou chantant tâte André à la porte du garage ! smiley

      Allez... Encore un qui avait une sexualité à impériale...

      M’enfin...


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 19:23

        @Clocel

        Je n’ai jamais compris si dans « L’Abbé à l’harmonium  », les paroles étaient "Qu’il pédalait bien l’abbé« , ou  »La pédale qui bêlait bien" ?


      • Aimable 14 octobre 19:41

        @Séraphin Lampion
        Le fait de pédaler le faisait haleter d’ ou son débit saccadé et un peu confus .


      • Clocel Clocel 14 octobre 19:45

        @Séraphin Lampion

        How ! Shocking ! Un prêtre ! Jésus Marie Joseph ! Au feu ! L’hérétique ! smiley


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 19:52

        @Aimable

        c’est sûr qu’un « débit confus », il ne faut pas les mettre au féminin, déjà, ni au pluriel


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 19:11

        « La nature humanisée s’anime joyeusement sous nos yeux.  »

        ben oui, Charles Trénet avait un répertoire très gay 

        mais sa « nature » ne s’animait que sous les yeux de ses amis, quand même, il n’était pas exhibitionniste


        • phan 14 octobre 20:50

          @Séraphin Lampion

          L’abbé ne supporte pas la laideur quand il est en curé !

        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 20:56

          @phan

          c’est pour ça qu’il est devenu fou entre deux messes


        • folamour folamour 14 octobre 20:19

          Atys et
          Sangaris, dont la blancheur humaine.
          L’espace d’un éclair, déconcerta ma haine.
          Je tordis sur leurs corps mille bras furieux.
          Mais l’âpre paradis où ces corps m’avaient fuie,
          Le plaisir, les rendait indifférents aux dieux
          Et la foudre inutile embrasait de ses feux

          Leurs jeunes flancs luisants de sueur et de pluie.
          Alors je fis silence autour de ce bonheur.
          Mes branches s’égouttaient sur la double torpeur,
          Sur le double sommeil de cette chair souillée
          D’où montait le parfum de la terre mouillée.



          • folamour folamour 14 octobre 20:31

            Sur la campagne endormie
            Le silence et puis un cri
            Ce n’est rien, un oiseau de la nuit
            Qui fuit
            Que c’est beau cette pénombre
            Le ciel, le feu et l’ombre
            Qui se glisse jusqu’à moi
            Sans bruit
            Une odeur de foin coupé
            Monte de la terre mouillée
            Une auto descend l’allée
            C’est lui

            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 20:33

              @folamour

              Barbara


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 octobre 20:37

              @folamour

              « Vision d’orage, j’voudrais pas qu’tu t’en ailles.
              La passion comme une ombre, fallait que j’y succombe.
              Tu m’enlaçais dans les ruines du vieux Rome.
              À part nous, y’a personne, seul le tonnerre résonne
              M’emprisonne, tourbillonne.  »

              Stéphanie de Monaco


            • zygzornifle zygzornifle 15 octobre 08:49

              voilà de quoi se lamenter, et se plaindre puisque la pluie tombe aussi sur le lit du poète qui vit peut-être dans une mansarde mal isolée...

              Il devrait peut être simplement consulter un urologue ....


              • Abou Antoun Abou Antoun 15 octobre 13:53

                recueil de chansons pluvieuses.

                Auquel il faudrait ajouter le succès de Bécaud.

                Une fois de plus on passe à côté d’un sujet intéressant : « La pluie dans la chanson française ». Mais bon, faut bosser !



                • Attila Attila 15 octobre 16:36

                  @Attila
                  Il pleut, sur le jardin sur le rivage
                  et si j’ai de l’eau dans les yeux
                  c’est qu’il me pleut sur le visage
                  Anne Vanderlove
                  Ballade en novembre

                  .


                • rosemar rosemar 15 octobre 18:32

                  @Attila

                  Une curiosité : je ne connaissais pas cette chanson de Daniel Gérard... MERCI !


                • rosemar rosemar 15 octobre 18:34

                  @Attila

                  Très jolie, cette ballade en novembre... Merci !


                • JC_Lavau JC_Lavau 16 octobre 05:39

                  @Attila. Jamais Georges Brassens n’aurait conservé ce verbe inepte :
                  « Et le vent du Nord qui s’amoncelle ».
                  Il aurait travaillé le texte encore.
                  Je suggère « s’entremêle ».
                  La rime est conservée.


                • JL JL 16 octobre 08:56

                  @JC_Lavau
                   
                   je propose :    « le vent du nord qui se fait bise ...
                   qui rime avec ;  » je n’étais pas toujours bien mise ..."


                • Abou Antoun Abou Antoun 16 octobre 10:33

                  @Attila
                  D’Anne Vanderlove encore :
                  Il pleut sur Paris


                • phan 15 octobre 15:56

                  Il pleure dans mon cœur
                  Comme il pleut sur la ville ;
                  Quelle est cette langueur
                  Qui pénètre mon cœur ?

                  Ô bruit doux de la pluie
                  Par terre et sur les toits ! 
                  Pour un cœur qui s’ennuie,
                  Ô le chant de la pluie !

                  Il pleure sans raison
                  Dans ce cœur qui s’écœure.
                  Quoi ! nulle trahison ?...
                  Ce deuil est sans raison.

                  C’est bien la pire peine
                  De ne savoir pourquoi
                  Sans amour et sans haine
                  Mon cœur a tant de peine !

                  Paul Verlaine - Romances sans paroles (1874)

                  • rosemar rosemar 15 octobre 18:29

                    @phan

                    Je ne connaissais pas cette version à 4 voix : très joli ! MERCI !



                  • Julie Dep Julie Dep 15 octobre 16:51

                    A bien y regarder, presque toutes ses chansons partent d’un triste constat : « Donc j’avais rêvé, oui car le ciel est gris »... Dans Mon opérette, quand il « reprint le ciel, c’est pour qu’il soit bleu ». Etc. Ce mélancolique solitaire nous a aidés et nous aide encore à vivre. Espérons qu’après Hidalgo Paris saura l’honorer. 


                    • C’est vrai , en ce moment c’est un vrai déluge, il pleut des cordes torrentielles pire qu’une tempête... un vrai siphon smiley

                      Mon épouse et les enfants regardent attristés , depuis un bon moment par la croisée de la porte fenêtre .

                       Je pense que je vais aller leur ouvrir pour qu’ils puissent rentrer !

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