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Accueil du site > Culture & Loisirs > La gaudriole !

La gaudriole !

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"Elle arrivait aux lignes d’avant-garde, la nourriture, honteusement rampante et lourde, en longs cortèges boiteux de carrioles précaires, gonflées de viande, de prisonniers, de blessés, d’avoine, de riz et de gendarme et de pinard aussi, en bonbonnes de pinard, qui rappellent si bien la gaudriole, cahotantes et pansues."

 

C'est ainsi que Céline évoque dans son célèbre roman, Le voyage au bout de la nuit, la nourriture acheminée pour approvisionner les soldats pendant la guerre de 14 : s'entassent pêle-mêle des blessés, du ravitaillement, du vin ou du pinard associé à la gaudriole.

 

Etonnant, ce mot "gaudriole" dans ce contexte de violence et de guerre ! Mais le vin ne permettait-il pas d'oublier toutes les misères des combats, et de se livrer à la gaudriole ? Le vin offert aux combattants n'était-il pas une façon de les entraîner, malgré tout, dans toutes les horreurs et les déviances de la guerre ?

 

Nul doute que les soldats sur le front avaient besoin de vin et de gaudrioles, pour occulter et masquer toutes les atrocités de la guerre : plaisanteries lestes, les gaudrioles ont pour but d'amuser : le mot vient, d'ailleurs, d'un nom latin, "gaudium", la joie...

 

Curieusement, le terme "joie" est issu, aussi, directement du latin "gaudium" avec une évolution phonétique notable : la consonne "g" est devenue "j".
 
On le voit : la gaudriole, la joie sont issues d'un même radical, alors que les mots ne se ressemblent guère ! Curieuse parenté de mots si différents dans leurs sonorités !

 
Les mots de cette famille sont nombreux et divers : se gausser, gausserie, joyeuseté, joyeux, jubilation, jubiler, jubilatoire.
 

La gaudriole a pour but de faire rire...propos licencieux, grivoiserie, gauloiserie, elle vise à créer une bonne ambiance.

La gaudriole comporte, cependant, parfois, une certaine lourdeur, elle manque de subtilités, car elle fait appel à des mots grossiers et crus assez faciles.

 

En tout cas, le mot est sympathique avec le son"o" répété, comme un écho de rires qui éclatent, avec le suffixe -ole qui peut avoir une valeur d'atténuation, ou qui marque un terme populaire, comme dans le mot "bagnole".

 

Le nom "gaudriole" appartient à un niveau de langue familier et nous fait penser à d'autres termes argotiques : "bagnole,mariole, torgnole", des mots pleins de saveur et de pittoresque.

 
"Gaudriole, torgnole, bagnole", voilà des mots familiers que Louis Ferdinand Céline utilise volontiers ! Des termes hauts en couleurs, aux sonorités qui résonnent, qui chantent !
 
Je trouve le nom "torgnole" particulièrement savoureux, bien qu'il désigne une réalité assez dure ! Le terme "gaudriole" me plaît aussi, même si les gaudrioles ne sont pas toujours de très bon goût !
 
Voilà des mots jubilatoires ! Voilà des mots qui étonnent, amusent, nous font sourire, attirent notre attention...

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-la-gaudriole-123222617.html

 

Vidéo :


 


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23 réactions à cet article    


  • The White Rabbit The White Rabbit 14 mars 18:07

    Un quart de litre de vin par jour en 1914 (+ 6,25 cl d’eau de vie), puis un demi-litre en 1916, puis un litre en 1918 : la « ration » ordinaire des Poilus -largement augmentée par ce qu’ils achetaient auprès de « mercanti » derrière des lignes— donne une idée de l’importance, pour l’état-major, de la présence au front du « Père pinard ».

    Sans parler du vin mariani à base de feuilles de cocas infusées dans du rouge smiley


    • rosemar rosemar 14 mars 20:46

      @The White Rabbit

      Ce sont des chiffres réels ?



    • SusieHarris 18 mars 04:22

      @The White Rabbit Merci pour l’information !

       smiley  

      C’est très utile, j’espère que cela vous aidera dans les wikiseries où vous pourrez voir des informations précieuses. smiley

       smiley


    • San Jose 14 mars 20:00

      La gaudriole... Mais que peuvent y connaître les gens qui passent leur vie plongée dans cette pauvre décalque de la vie qu’est la littérature ?...


      • rosemar rosemar 14 mars 20:44

        @San Jose

        Alons bon ? Seuls les illettrés seraient aptes à connaître et apprécier la gaudriole et l’esprit gaulois ?


      • rosemar rosemar 14 mars 20:45

        @rosemar

        Je corrige : Allons...


      • San Jose 14 mars 20:55

        @rosemar
        .
        Faute de logique. 
        Ceux qui ne sont pas des rats de bibliothèque ne sont pas illettrés pour autant.
        De même que tous les menteurs ne sont pas crétois. 


      • rosemar rosemar 14 mars 21:09

        @San Jose

        Et tous ceux qui lisent ne sont pas pour autant des rats de bibliothèque...


      • rogal 14 mars 21:32

        « Les mots de cette famille sont nombreux et divers : se gausser, gausserie, joyeuseté, joyeux, jubilation, jubiler, jubilatoire. »

        N’oublions pas jouir, jouissance, etc.



          • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 07:07

            « le mot vient, d’ailleurs, d’un nom latin, »gaudium« , la joie...  »

            et du latin « gaudere », se réjouir, dont l’impératif « gaude mihi », réjouis-moi, a donné « godemichet », le « dildo » anglo-américain étant passé, lui, par l’italien « diletto », le délice (qui a donné dilettante), plus introverti que l’appellation française, mais tout aussi égoïste, alors que pour les Espagnols, il ne s’agit que d’un « pis-aller’, puisqu’ils l’appellent »consolador".

            Mais on s’éloigne du sujet : le bon goût franchouillard.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 07:37

              @Séraphin Lampion

              erratum :
              au lieu de « et du latin »gaudere«  »
              merci de lire « et du verbe »gaudere"


            • gaijin gaijin 15 mars 09:17

              @Séraphin Lampion
              donne en argo : gauder ( bander )


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 09:35

              @gaijin

              On a aussi des mots plus ou moins vieillots :

              • gaudelureau, (ou galureau), jeune libertin qui ne pense qu’au plaisir,
              • godailler, boire sans soif,
              • gaudence, réjouissance,
              • gaudrile, fille de joie
              • gaudin, conte grivois

            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 09:38

              @gaijin

              Etymologie et sens de « gaudrille »


            • gaijin gaijin 15 mars 09:42

              @Séraphin Lampion
              un gaudin pourrait donc commencer ainsi :
              un gaudelureau trouvait sa gaudence en une gaudrile ....


            • gaijin gaijin 15 mars 09:16

              la gaudriole fait surtout une référence pudique a cet autre approvisionnement indispensable au repos du guerrier : les putains

              sujet toujours occulté des livres d’histoires ..........

              il existe un excellent reportage a ce sujet malheureusement très difficile a voir ( genre a minuit sur lcp )

              putains de guerre : https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/programme/putains-de-guerre-f45702106

              il montre comment l’état proxénète organise la question transformant parfois des pays entiers en bordels a ciel ouvert ( genre la thailande au moment de la guerre du viet nam ) comment pour garder les mains propres actuellement on laisse cette activité aux différentes mafia. tout étant alors tarifé y compris le fait de battre ou de tuer les filles ...

              jeune bidasse en faction il y avait en face de mon poste de garde un autre poste de garde : a vos rang fixes ! et dieu sait si on l’était ...

              y a eut qu’un gars pour dire ça : le grand jacques

              https://www.youtube.com/watch?v=XVWaGlpOPnY

              « cette voix qui sentait l’ail et le mauvais alcool c’est la voix des nations et la voix du sang »

              un gars et aucune féministe ..........


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 09:29

                @gaijin

                Pendant la conquête coloniale, l´armée avait des bordels militaires de campagne (BMC) dans ses au Maroc, en Algérie, en Indochine etc…, « institutions » transférées en métropole avec les troupes d’outre-mer pendant la première guerre mondiale..

                L’armée allemande fournissait les mêmes services à ses soldats et réservait des « maisons closes » distinctes pour les officiers.

                Tout ça n’empêchait pas le commerce parallèle des indépendantes libérales échappant au contrôle sanitaire.


              • Aimable 15 mars 15:31

                @gaijin
                Je me demande si ces filles « fonctionnaires » du régiment , avaient elles aussi l’œil rivé sur la pendule pour tenir la cadence .


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 mars 16:06

                @Aimable

                C’était l’ « abattage » ! Rien d’autre ! Sordide.

                Le commandement militaire avait opté pour les BMC dans le but de restreindre les ravages dans les troupes par la syphilis "responsable de la contamination de 400 000 hommes lors de la première guerre mondiale".

                Ensuite, les bordels militaires se sont multipliés pendant l’entre-deux-guerres, chaque garnison, possédait son propre bordel, mais le commandement tenait à faire la différence entre ses recrues de métropole et les « Indigènes », provenant d´Afrique noire, d´Afrique du Nord ou d´Indochine. Les soldats « Indigènes » venus d’Afrique du Nord (surtout les Goumiers du Maroc) qu´on plaçait en première ligne, étaient accompagnés de BMC dont les prostituées venant d´Afrique du nord les ont suivies jusqu’en Allemagne, où s´est achevé leur parcours avec la victoire finale.

                Les Japonais avaient fait quelque chose d’analogue chose en Corée avec les « femmes de réconfort  ».



              • gaijin gaijin 16 mars 09:04

                @Aimable
                en tout cas elles n’avaient pas de médaille ni le droit de défiler au 14 juillet
                ni de retraite ni de droits sociaux ....
                on baise on jette ....


              • San Jose 15 mars 11:14

                « Au front on pouvait avoir toutes les femmes qu’on voulait, sauf la sienne, bien entendu »

                .

                Signe : mon grand-père, deux blessures à Verdun, toussa. 

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