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Accueil du site > Culture & Loisirs > Un spectacle musical pour relire Baudelaire...

Un spectacle musical pour relire Baudelaire...

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Charles Baudelaire est né à Paris le 9 avril 1821, il y a 200 ans. Il a marqué de son empreinte la littérature et la poésie française.

A l'occasion de cet anniversaire de sa naissance, un article que j'ai déjà publié en 2015, consacré à un spectacle musical autour de l'oeuvre baudelairienne...

Trois chorales réunies autour d'un pianiste et chanteur pour interpréter des poèmes des Fleurs du mal, voilà un spectacle original, comme on en voit peu, de nos jours...

Le chanteur Théophile Minuit a composé toutes les musiques pour adapter et mettre en scène les textes du poète maudit, on peut parler d'un véritable défi, quand on connaît la difficulté de la tâche : mettre en musique des poèmes célèbres...

Le musicien et la chorale se répondent en un jeu subtil de reprises, de relances pour mieux mettre en valeur les poèmes.

Le récital s'ouvre sur des extraits du poème, intitulé Les phares, un hommage aux grands peintres, Rubens, Léonard de Vinci, Rembrandt, Michel Ange... L'oeuvre d'art est associée aux thèmes du déchirement et de la souffrance : on entend un cri qui fait frissonner.

Au passage, on reconnaît, ensuite, des poèmes et des vers célèbres de ce grand poète du 19 ème siècle...

"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.."

"Sois sage, o ma douleur, et tiens toi plus tranquillle, Tu réclamais le soir, il descend, le voici.."

"Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur d'aller là-bas..."

On est sensible à ces thèmes égrenés par Baudelaire dans son oeuvre : le Spleen, ce mal de vivre douloureux et lancinant qui assaille le poète, les rêves de voyage qui permettent d'échapper à la monotonie du monde.

La présence de la femme qui vient apaiser ou tourmenter le poète est évoquée, aussi, dans de nombreux textes : la mendiante rousse dont le poète révèle toute la beauté, ou encore la femme madone, magnifiée....

"Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;"

"Blanche fille aux cheveux roux, 
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté 
Et la beauté..."

"Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, 
Un autel souterrain au fond de ma détresse, 
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, 
Loin du désir mondain et du regard moqueur, 
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée..."

Les parfums, si importants dans la poésie baudelairienne, sont, aussi, mis en scène de façon à mettre en valeur leurs épanchements qui se répandent et se déploient : les reprises de la chorale se font, alors, insinuantes et insistantes... "Chaque fleur s'évapore, ainsi qu'un encensoir... Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ! Langoureux vertige ! Langoureux vertige !"

Baudelaire est un des premiers poètes à avoir, ainsi, mis les parfums à l'honneur dans son oeuvre, la sensation olfactive, jusque-là, méprisée par nombre de poètes, jugée trop animale trouvait, enfin, sa place dans la production littéraire française.

Le récital s'achève sur le poème L'albatros, qui représente le poète lui-même, maudit par la foule, méprisé souvent, alors qu'il règne en souverain dans le ciel, où il atteint, grâce à son art, des sommets de pureté, de finesse et d'harmonie...

L'harmonie ! C'est bien le maître mot de la poésie baudelairienne, que l'on trouve résumé dans ce vers célèbre extrait du sonnet intitulé Correspondances : "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent... "

L'harmonie et le cri déchirant d'un poète exilé sur la terre, c'est aussi ce qui ressort de ce spectacle... une alternance émouvante où l'on sent la détresse humaine et une soif d'évasion et de pureté, une envie d'absolu.

Après un rappel, on entend encore un dernier poème : "Oh mort vieux capitaine, il est temps, levons l'ancre", ultime cri de désespoir d'un poète déchiré et meurtri.

On prend conscience, au cours du spectacle, de tout le travail de synchronisation de la chorale et du soliste. On perçoit la force des gestes des chefs de choeur qui mènent le groupe et créent un ensemble harmonieux.

Il faut saluer, aussi, tout le talent du soliste qui tient le spectacle à bout de bras, l'anime de son piano et de sa voix.
 

Au cours de ce spectacle, les chorales Aureto de Poulx, Voix d’Argence de Jonquières-Saint-Vincent et Rap’s Ody Swing de Redessan ont uni leurs chœurs avec beaucoup d’enthousiasme, d’émotion et de complicité...
Bravo aux deux chefs de choeurs Nathalie Martinez et Cécile Veyrat.

 

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/08/un-defi-le-cri-baudelairien-mis-en-musique.html

 

Merci à Huguette S., grâce à qui j'ai pu voir ce spectacle, à Poulx...
 


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32 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 avril 17:30

    Baudelaire a glissé sournoisement pas mal de contrepèteries dans ses vers, comme dans « Le beau navire » :

    « Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
    Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
    D’un air placide et triomphant
    Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. »


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 avril 17:37

      @Séraphin Lampion

      Il faut dire que Beaudelaire bossait fort ses quatrains.


    • The White Rabbit The White Rabbit 9 avril 18:31

      @Séraphin Lampion

      Le poète qui rêve est un néant fécond.


    • artheslichepèdetologue arthes 9 avril 18:56

      @The White Rabbit
      C’est dégueulasse les contrepèteries , ça rompt le charme.

      ça vient d’où ?

      Les surréalistes ?


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 19:01

      @arthes
      Rabelais . Folle de la messe...


    • Passante Passante 9 avril 19:11

      @arthes
      je suis russe, il faut que tu me cèdes smiley


    • artheslichepèdetologue arthes 9 avril 19:17

      @Aita Pea Pea
      T’es certain que c’est de lui ?
      Parce que Rabelais, j’ai tenté de lire en vieux françoyais....Et m^me en médiéval « françoycisé » c’est duraille, donc dans son style de l’époque, oscours....

      La Boétie avait écrit son « discours sur la servitude volontaire » en local de l’époque, donc un patois occitant local, et ça rend encore autre chose de plus subtil que ce que nous en lisons aujourd’hui.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 19:38

      @arthes
      J’ai appris cela il ya longtemps . Pour le vieux français j’ai des bases de picard , ça aide.

      ,


    • rosemar rosemar 9 avril 19:46

      @Aita Pea Pea

      En effet :

      « Historique
      xvie siècle
      Qui pouvait bien être à l’origine d’un tel procédé si ce n’est l’illustre François Rabelais ? Ainsi paraissent en 1532 avec son Pantagruel les deux premiers exemples connus du genre : la célèbre « folle à la messe » (molle à la fesse) ainsi que l’équivoque sur « À Beaumont-le-Vicomte » (à beau con le vit monte) »


    • Passante Passante 9 avril 19:46

      @arthes
      y’a de bonnes éditions « bilingues » ancien français/français moderne
      en miroir sur deux pages
      ça permet de pas rater les vannes dans leur jus...
      il devrait même y’en avoir online
      mais flemme..


    • rosemar rosemar 9 avril 19:47

      @Séraphin Lampion

      « On dit qu’il faut être trois pour apprécier une contrepèterie : celui qui l’énonce, celui qui la comprend, et celui qui ne la comprend pas. »

      C’est mon cas : le plus souvent, je ne les comprends pas.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 19:49

      @Passante
      Exact et en poche .


    • troletbuse troletbuse 9 avril 19:51

      @rosemar
      Tiens, vous revoilà.
      le plus souvent, je ne les comprends pas.

      C’est un pléonasme smiley


    • artheslichepèdetologue arthes 9 avril 19:53

      @Passante

      Bon, pour le vieux françouyais, c’est l’aventure, je me réserve ça pour ma retraite.

      Mais pour la Russie (mm si j’ai pas capté la subtilité) j’y vais franco : 
      Vive la Grande Sainte et Eternelle Russie : !!!

      https://youtu.be/EDWV6gYB0FM
      Davaï davaï et bolchoï bolchoï , Na smiley (sans déc !!!)


    • troletbuse troletbuse 9 avril 19:56

      @Seraphin
      Mais que vient faire le toucan la-dedans ?  smiley


    • artheslichepèdetologue arthes 9 avril 20:00

      @Passante
      Oui, (hop, on ne parle plud de la Russie) j’ai lu cela aussi, c’est comme cela que j’ai découvert Rabelais, c’est en effet trés trés drole, délicieux et bien plus fin que ce que nos « amuseurs » nous livrent, dans le giron du pouvoir.
      Lui, il avait des c.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 20:01

      @arthes
      redes...cusse.
      Sinon les russes ont intérêt a faire se rapprocher les nippons de la Chine .


    • Passante Passante 9 avril 20:33

      @Aita Pea Pea
      en effet, les jeunes filles préfèrent le tennis en pension..


    • eau-pression eau-pression 9 avril 20:40

      @Passante

      Et la pension repompe quand la tension retombe ? Non, les jeunes filles se repantissent.


    • Passante Passante 9 avril 20:42

      @arthes
      le hasard m’a fait rencontrer ceci,
      que j’ai trouvé hypnotisant, et débordant de clefs
      + les fous rires
      Pubs des années 70 - YouTube


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 22:47

      @rosemar
      Bonsoir. Me rappelais plus de la deuxième , très fine .


    • rosemar rosemar 9 avril 22:55

      @Aita Pea Pea

      Vous trouvez ?


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 avril 23:02

      @rosemar
      Oui , a partir d’un nom propre.


    • artheslichepèdetologue arthes 10 avril 15:22

      @Passante

      Oui, je les avais vues, mais je prends encore plus de plaisir à les revoir...Très drôles et décomplexées en fait ces pubs, aujourd’hui, tu aurais la ligue Féministe/ LGBT, l’UNEF, La gauche islamo/compatible et j’en passe qui hurleraient !


    • Passante Passante 10 avril 15:50

      @arthes
      quelle époque de planqués !
      comparée à cette période dorée..
      ils se doutent pas, juste la chance
      d’avoir vu, traversé et vécu ces années-là, précisément
      j’ai la certitude que la lumière était autre, que le soleil était fait d’autre chose
      que les sons même sonnaient différemment
      les parfums étaient plus rieurs 

      puis vint mickael jackson
       smiley


    • adeline 9 avril 17:33

      A Poulx ? vous avez le droit de voyager ?


      • rosemar rosemar 9 avril 18:45

        @adeline

        Vous n’avez pas bien lu : le spectacle date de 2015...


      • berry 9 avril 18:22

        Grosse promo sur Baudelaire parmi les petites plumes de la Macronie, avec 3 articles aujourd’hui. C’est bizarre d’y avoir pensé tous en même temps, pour le 200ème anniversaire de sa naissance, comme si chacun n’avait que ça en tête. Quel hasard étonnant.

        Les mauvais langues y verront peut-être une tentative d’abrutissement des masses, version littérature et journalisme citoyen. Pendant que les gogols s’occupent de poésie, ils ne posent pas de questions qui fâchent sur les affaires du monde, c’est toujours ça de gagné.

        Allez, une petite vidéo de chats sur Youtube pour terminer la journée, et tous au dodo !


        • rosemar rosemar 9 avril 18:43

          @berry

          Trois articles très différents ! C’est pourquoi, c’est intéressant...


        • phan 9 avril 19:05

          Rakoto et Rosemar : Euthanasie et Baudelaire, faites bisser l’appel !



            • Samson Samson 11 avril 22:56

              « ... Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
              Renaîtront-ils d’un gouffre interdit à nos sondes,
              Comme montent au ciel les soleils rajeunis
              Après s’être lavés au fond des mers profondes ?
              — O serments ! ô parfums ! ô baisers infinis ! »

              Le Balcon, in Les Fleurs du Mal

              Hommage ! smiley

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