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A la recherche de l’extase

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A la recherche de l’extase

A la suite d’une banale réflexion – un client qui se réjouit et se satisfait d’avoir gagné un procès, grâce à lui, tout en affirmant que Dieu peut, à tout instant, lui retirer la vie – Omar, avocat renommé, à la force de l’âge, ayant parfaitement réussi sa vie familiale et professionnelle, se pose la question fondamentale du sens de sa vie.
Le long cheminement psychologique d’Omar, de plus en plus chaotique, commence.

C’est un vague malaise qui conduit Omar à consulter un médecin, ami de jeunesse. Dans la salle d’attente, le tableau d’un enfant sur un cheval de bois annonce le passage vers la mort, l’enfer, le ciel… Et, alors que le médecin n’a que des paroles rassurantes – faire un peu d’exercice, perdre quelques kilos – l’ami enfonce le trouble dans l’esprit d’Omar en lui rappelant un autre ami de jeunesse, un certain Othmane.

Régime et activité physique améliorent la silhouette mais sont inefficaces contre le mal être, l’indifférence qui s’accentue pour sa vie professionnelle, sa vie familiale et même un certain dégoût, y compris de lui-même.

Par des dialogues avec son ami Mustapha et le retour d’Othmane de prison, on apprend que les trois amis de jeunesse avaient rêvé d’art et de révolution. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien de commun si ce n’est un passé dont Omar se souvient mais qui n’a plus de sens pour eux.

Seul Othmane est toujours animé par sa foi politique malgré les années d’emprisonnement.

 

 

L’ami Mustapha, sans illusions, fait carrière dans le divertissement populaire et a une vie familiale sans histoire lié à sa femme par la force de l’habitude et du principe de réalité... travail... gagne pain… et un fils aussi passionné de foot que nous l’étions de la révolution… Témoin de la crise d’Omar et complice dans sa recherche tumultueuse de l’extase, de l’absolu à travers des expériences amoureuses décevantes.

Sa raison se perd dans des dialogues de plus en plus en plus impossibles. Avec les siens qu’il n’entend plus. Avec lui-même où il passe du je au tu, au il.... Et qui finit dans une perte de la réalité, des hallucinations semi-conscientes…

 

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Dans ce monde où la science a tué leurs rêves d’art, de poésie, dans cette société où la révolution semble impossible et peut-être inutile, Omar, enfermé dans sa recherche de l’impossible, passe à côté de l’amour d’hier, sa femme qui lui donne un héritier, et d’aujourd’hui, Warda qui abandonne tout pour lui, comme sa femme l’avait fait trente ans plus tôt. Et surtout à côté de sa fille, son double amélioré, admiratrice de ses œuvres de jeunesse, scientifique et poète, et surtout porteuse de son petit-fils fruit de ses amours avec Othman, l’ami révolutionnaire.

 

Mais il est trop tard. L’extase, l’absolu qu’il a frôlés dans sa jeunesse, l’ivresse de la création, il ne peut les retrouver : ni la brûlure magique du sexe, l’orgasme fulgurant, le sexe, divin, mais trop bref, le nectar de la vie concentré en un moment unique et éphémère, ni l’ivresse éphémère de l’amour, amour (qui l’ avait consolé de (son) échec comme poète, comme militant, ni la souffrance (qui) se sublimait en poésie et qui lui permettait de toucher le ciel. Aujourd’hui, me voila qui lutte contre l’adiposité.

 

Un roman qui se situe en Égypte, dans les années cinquante, mais qui parle du sens de la vie, de la recherche de l’absolu, de l’éventuelle existence de Dieu sans religiosité.
Une question que chacun peut se poser, un jour ou l’autre, même loin de l’extase de l’aube, devant les pyramides, à l’orée du désert…

 

 

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18/12/18 Le mendiant de Naguib Mahfouz Égypte 1995 Acte sud 1997


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1 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 17 janvier 09:55

    « ... Une question que chacun peut se poser, un jour ou l’autre, même loin de l’extase de l’aube, devant les pyramides, à l’orée du désert… »

    Si l’on parle d’image, c’est le prisme occidental qui s’apparente à un morceau de pyramide, qui nous dévie de la réelle société orientale et surtout de ses timides mutations mais mutations, quand même. On est encore loin de ces monuments censés contempler notre civilisation aveugle à trop nous regarder. Il fallait vous lire jusqu’au bout pour comprendre, au début je ne vous voyais pas arriver.

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