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Christophe Honoré « en-chante » le Festival de Cannes avec ses « chansons d’amour »...

medium_chansons_d_amour.JPGL’évènement cannois de ce vendredi 18 mai fut d’abord la projection du premier film français en compétition officielle : « Les Chansons d’amour » de Christophe Honoré. Si ce titre vous faisait espérer un mélodrame sirupeux avec des chansons vociférant des "je t’aime, moi non plus, encore et toujours, plus du tout, à la folie", passez votre chemin. D’amour il est pourtant question. D’amours même.

Pitch : Dans le 10e arrondissement de Paris, Ismael (Louis Garel), secrétaire de rédaction d’un journal quotidien, travaille la nuit. Autour de lui gravitent ses deux petites amies, Julie (Ludivine Sagnier) et Alice (Clotilde Hesme), ses sœurs, ses parents. Suite à un tragique évènement, l’insouciance va laisser la place à la gravité...

Dans Paris, encore et plus que jamais. Pas un Paris sublimé mais un Paris que Christophe Honoré filme magnifiquement, à nouveau, cette fois de la porte Saint-Martin à la Bastille. Une vraie déclaration d’amour à la capitale, véritable personnage, dès les premiers plans du film. Une déclaration en trois temps : « Le départ », « L’absence », « Le retour »... et par ce biais, un hommage à Jacques Demy déjà, et aux Parapluies de Cherbourg (grand prix du Festival de Cannes en 1964). Romain Duris chantait d’ailleurs déjà « La chanson de Lola » dans "17 fois Cécile Cassard".

La référence à la Nouvelle Vague est moins ouvertement affichée que dans « Dans Paris » mais néanmoins très présente notamment pas un temps de tournage relativement bref, le ton et le jeu parfois distanciés des acteurs, les nombreuses références littéraires, etc.

La comédie musicale est un genre qui se raréfie et y avoir eu recours constitue une autre originalité de ce film, très différent de « On connaît la chanson », « 8 femmes » et « Jeanne et le garçon formidable », les comédies musicales les plus récentes. Les personnages ne dansent pas, les chansons ne sont pas non plus un simple concept mais elles font avancer le récit et, alors que bien souvent elles créent une distance avec l’émotion, elles la suscitent plutôt ici. Les chansons sont ici celles d’Alex Beaupain, entre gravité et ironie, teintées d’influence de pop anglaise.

« Les Chansons d’amour » est un véritable film en trompe-l’œil. Faussement mélodramatique. Avec des personnages faussement insouciants. Il traite habilement d’un sujet tragique (de nouveau le deuil) avec légèreté, la forme épousant le fond et la fausse insouciance d’Ismael face au drame et à l’impensable.

"Les Chansons d’amour" est un film qui en agacera certains, qui le trouveront parisianiste et maniéré ; il charmera ceux qui acceptent de se laisser embarquer par ces chansons d’amour d’une gravité lègère, et par ses acteurs empreints de la grâce de leurs personnages avec leurs touchantes fêlures au-dessus desquelles plane l’ombre fontomatique de la disparition, des spectateurs embarqués... dont je suis.

Des prix ? Louis Garel est exceptionnel en jeune homme qui, par ses nouvelles expériences amoureuses, va essayer de faire face (faire bonne ou mauvaise figure, aussi, c’est selon) au chagrin. Pourquoi pas un prix d’interprétation ? A souligner le talent de Chiara Mastroianni dont chaque apparition dans ce film contribue à créer une vraie émotion, néanmoins un rôle trop secondaire et effacé pour prétendre à un quelconque prix. Pourquoi pas un prix de la mise en scène ? Du scénario ? Une présence au palmarès n’est en tout cas pas à écarter, et serait méritée ! A suivre à la lueur des prochains films en compétition. Après la Palme d’or et le prix d’interprétation féminine reçus par "Dancer in the dark" en 2000, la comédie musicale serait-elle de nouveau à l’honneur en 2007 ?

medium_verges.JPGA suivre sur ce blog : La critique de « L’avocat de la terreur », vu hier dans la section « Un certain regard », le passionnant et édifiant documentaire de Barbet Schroeder qui, à travers le portrait de Jacques Vergès, retrace l’histoire du terrorisme depuis la guerre d’Algérie. A suivre également la critique de « The Banishment » le très beau film d’Andrei Zvyagintsev, vu hier soir au Grand Théâtre Lumière. Et enfin le film de Kim Ki Duk, projeté en compétition officielle que je verrai cet après-midi !

Sandra M


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1 réactions à cet article    


  • Prêtresse Prêtresse 21 mai 2007 18:57

    La gloire du soleil sur la mer violette, La gloire des cités dans le soleil couchant, Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

    Les plus riches cités, les plus grands paysages, Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux De ceux que le hasard fait avec les nuages. Et toujours le désir nous rendait soucieux !

    - La jouissance ajoute au désir de la force. Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais, Cependant que grossit et durcit ton écorce, Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

    Charles Baudelaire

    Les Fleurs du mal

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