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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > De battre mon coeur s’est arrêté de Jacques Audiard

De battre mon coeur s’est arrêté de Jacques Audiard

medium_18409617.jpgDans ce remake du film américain « Mélodie pour un tueur », le protagoniste Tom interprété par Romain Duris (sur)vit de transactions immobilières frauduleuses suivant consciencieusement l’exemple paternel incarné par Niels Arestrup. Puis, un jour les hasards et coïncidences de l’existence le mettent sur la route d’un impresario de musique classique lui proposant une audition. Il se met alors à rêver de devenir concertiste à l’image de sa mère décédée … Le film alterne alors entre les moments de grâce induits par sa passion pour la musique pendant lesquels son cœur semble battre la chamade et ceux vulgaires de cet univers frauduleux, univers dissonant de violence et de mesquineries. Le fossé se creuse de plus en plus entre ces deux univers si contradictoires. Tom semble alors écartelé entre ces deux univers, ses deux identités, oppressé par cette violence qui le rattrape inéluctablement mais aussi exalté par cette passion qui le (ré)anime. Le mode filmique : plans séquences caméra à l’épaule et plans serrés font battre nos cœurs au plus près de celui des personnages et contribuent à un rythme soutenu et à l’implication constante du spectateur. La caméra scrute les visages de sorte qu’aucun battement de cœur ne nous échappe. Romain Duris, très loin d’Arsène Lupin, est ici magistral face à un Niels Arestrup toujours aussi impressionnant. Comme dans « Sur mes lèvres » (que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore vu) les émotions proviennent des silences et se situent essentiellement dans le non dit et l’indicible. Peut-être peut-on regretter que les rôles secondaires et notamment les rôles féminins soient trop en filigrane et elliptiques mais cela renforce encore cette impression de vibrer à l’unisson de son personnage principal. Film brillamment orchestré et intense sur l’amour filial, sur les méandres du destin, hymne à la musique : pour le cinéma de Jacques Audiard de battre mon cœur est très loin de s’arrêter...


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1 réactions à cet article    


  • quincophonie (---.---.123.92) 5 avril 2006 16:11

    « Sur mes lèvres » et « de battre mon coeur(...) » ont un souffle étonnant. Vivement le prochain Audiard

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