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Festival Cabaret Vert 2009 - Live Report & Photos

Pour sa 5ème édition, le festival de Charleville Mézières a battu des records d’affluence, attirant dans son cabaret plus de 40000 personnes en trois jours.

De taille respectable comparé à ses grands frères bretons ou parisiens, le Cabaret Vert, par sa charte écologique et sa programmation éclectique et de qualité a su se faire une excellente réputation. En quelques années à peine, la notoriété du festival n’a cessé de transgresser les frontières pour rayonner à présent à un échelon international. Des groupes comme Deftones ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, réservant aux ardennais leur seule date française de leur tournée.


 

 

L’association Flap dirigeant l’évènement a depuis ses débuts voulu faire de cet manifestation la rencontre des festivals. Ainsi, en partenariat avec le festival d’art de rue d’Houldizy, ce ne sont pas moins de 5 compagnies qui sont venus émerveiller les spectateurs, naviguant au milieu des jongleurs et des cracheurs de feux. Afin de compléter une offre déjà variée, le Cabaret Vert accueille également en son sein un festival de la bande dessinée, permettant aux auteurs d’aller à la rencontre de leur public ; les images en mouvement sont également à l’honneur, puisque un cinéma, le chapiteau des images, en partenariat avec la pellicule ensorcelée, diffuse pendant toute la durée du festival près de 80 films français et internationaux.

Mais, l’idée première de cet éco-festival est bien sûr le respect de l’environnement. Ainsi, l’association comme les 500 bénévoles, n’ont pas lésiné sur les moyens. Le recyclage des gobelets, l’utilisation de toilettes sèches, le tri des déchets proposé aux festivaliers directement sur le site sont quelques exemples de l’esprit du festival. Du côté de la restauration, le plaisir des papilles est à l’honneur, avec la valorisation du territoire et des produits du terroir, au travers de mets artisanaux, pour la plupart régionaux, et ce, jusque dans le choix des bières.

Là, tout n’est que luxe, calme et volupté...ou presque.

Un détour par le spectacle du célèbre Freddy Coudboul nous plongea dans les frasques farfelues et délirantes d’un pulvérisateur de records plus stupides les uns que les autres. A vous de juger : « le lancer de mule talquée...de compet’ ! », « l’éclatage de préservatif par le nez » ou encore « l’écrassage de biscottes »...du grand art !

Mais place à la musique dans tout cela, car c’est bel et bien pour cela que nous étions venus, bien que les autres douceurs du festival soient des plus attrayantes.

Tout commença pour nous par Zone Libre Vs Casey Projet Angle Mort. Derrière ce nom quelque peu barbare se cache le projet de Serge Teyssot-Gay, qui n’est autre que le guitariste de Noir Désir. Bien loin de ses registres habituels, l’envie était ici de transgresser les codes établis et de sonner l’alliance du rock expérimental et du rap dans un mariage des plus étranges. Mais le résultat groove étonnement bien et les musiciens sur scène semblent prendre énormément de bon temps. Belle entrée en matière donc pour ce festival.

Nous enchaînons ensuite par notre premier concert sur la scène 1, les artistes se relayant tour à tour entre cette scène principale et une scène secondaire, évitant ainsi les attentes. Quelques minutes à peine de répit, le temps que le public se déplace en masse sur le square Bayard, et voilà les parisiens de Birdy Nam Nam prêt à diffuser leur électro survitaminée. Le quatuor ne fut pas avare en rythmiques funky, bien servi par une scénographie tout en lumière, naviguant entre une multitude de couleurs, les basses imposant un tempo ravageur. Les silences sont lourds et tout le monde en redemande, le groupe étant bel et bien composé des rois des scratchs. Une claque énorme pour un groupe abonné aux festivals cet été, mais qui semble loin d’être en perte d’énergie.


Le samedi matin nous laisse apprécier le semi-silence au milieu des campeurs surexcités, l’alcool aidant souvent aux discussions les plus improbables.

Goo est le premier groupe à s’élancer sur la scène 2, léchée par un doux soleil de fin d’été, imposant à une foule éparse son rock d’ivresse et de transcendance. Le bassiste du groupe semble particulièrement frais et jumper semble être sa deuxième façon de se déplacer.

Ils sont suivis par les jeunes mais néanmoins prometteurs membres du groupe RAJ, découverte régionale de l’édition 2008 du Cabaret Vert. Proche du rock’n’roll actuel anglo-saxon, le groupe est à l’aise sur scène et l’ambiance commence doucement à se réchauffer.

Sur les coups de 17h, les musiciens de Dub Inc font leur entrée. Quelques milliers de spectateurs se massent alors face à la grande scène. Pendant plus d’une heure, oubliant quelque peu les contraintes horaires, le groupe a su distiller son reggae métissé, puisant dans le hip-hop comme dans le ska ou la musique orientale leurs messages d’union, de fraternité et de lutte. Groupe de scène par excellence, la prestation du groupe comme du public furent à la hauteur des espérances et la communion à laquelle nous avons pu assister était aussi touchante qu’endiablée.

Lyre le Temps fait également parti des groupes à suivre dans les années à venir. Composé de trois membres passionnés de musique, ils ont été élu découverte du Printemps de Bourges 2009. Entre hip-hop, scratch et piano, les influences diffèrent, mais l’idée est là : la chaleur du son. L’ambiance de la musique, le XXème siècle de tous les styles, tout en sourires et en énergie.

Le temps ensuite pour le public de se parer de noir, que voilà déjà les pionniers du néo métal monter sur scène. Adulé par une foule compacte, Deftones commença son set en puissance, nuançant ensuite ses propos par des chansons plus aériennes. Leur nouveau bassiste, remplaçant Chi dans le coma depuis plusieurs mois s’est parfaitement intégré au groupe et chaque membre assure un show efficace. Un très bon concert pour un groupe d’anciens, toujours aussi vivants, idoles de toute une génération.

 

 


Bien que la fraîcheur du soir ait prit le festival d’un coup, le public est bien décidé à faire la fête et la programmation de la soirée laisse entrevoir le meilleur. C’est Shakaponk qui enchaîne ensuite avec un rock-électro bouillonnant, décrassant s’il en était encore la peine les oreilles d’un public nombreux avide de découvrir la prestation live du groupe. Et ils ne furent pas déçus tant le groupe emmené par un chanteur déchaîné se livra corps et âme dans leurs morceaux, envahissant la scène de flows ravageurs. Tout en sample et sonorités ethniques, un singe virtuel, Goz, accompagne les musiciens dans leur danse chamarrée. Déjanté et vivant, à voir absolument !

Sans que la pression ne retombe, voilà les suédois de I’m From Barcelona qui envahissent littéralement la grande scène, sautant, riant, jouant avec le public. La pop sympathique des 20 musiciens est étonnante de vivacité. Entraînant et revigorant, le groupe sublime les ardeurs des festivaliers, les éclaboussant à de nombreuses reprises de confettis et d’énormes ballons rouges. Un monde où il fait bon vivre en somme, en chansons et en joie de vivre, tous ensemble, comme le dit la chanson « ’cause, we are, your friends, you’ll never be alone again, come on... come on... »

Et comme si tous ces bonheurs ne suffisaient pas, High Tone nous régala d’un set magique, aux limites de l’électro et de la dub. Alors que les températures avaient depuis quelques temps littéralement piquées du nez, le groupe a su réchauffer un public encore bien présent, diffusant leur savant mélange de sampling et l’utilisation d’instruments bien réels. Un des coups de coeur de ce festival, tant le groupe était en osmose avec sa musique, partageant sans retenue leurs fréquences d’un son que l’on voudrait infini. Pour tous ceux qui pensent que la dub ne peut s’apprécier en live !


Le dimanche, ouvert à un public plus large, a tenu toutes ses promesses avec de nouveaux artistes comme Tournelune, des artistes confirmés et toujours aussi heureux d’être sur scène en la présence de Debout sur le Zinc, et un vieux brisquard à la voix quelque peu éraillé mais semble-t-il très appréciée de la foule répondant au nom de Pierre Perret.

Ainsi, et durant ces trois jours, les festivaliers ont vécu à l’heure de Rimbaud, dans ce Cabaret Vert où la musique, le partage et le respect de valeurs essentielles furent au coeur des préoccupations. Tout en éclectisme et en intensité, ce festival est une bouffée d’oxygène tant dans le paysage ardennais que français, et mérite sincèrement qu’on ne tarisse pas d’éloge à son sujet. Sa présence semble indispensable au niveau local comme au niveau national, alliant les plaisirs de la musique et de l’art en général au respect de la nature et à la valorisation du territoire.

Une bien belle manière de finir un été et en avant la musique, pour une 6ème édition encore plus enivrante...

Article : Ugo Schimizzi

crédits photos : Juliette Delvienne & Ugo Schimizzi

plus de photos ici et ici !


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