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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Hommage à Juliette Gréco, un des symboles du rêve français

Hommage à Juliette Gréco, un des symboles du rêve français

« Déshabillez-moi
Déshabillez-moi
Oui, mais pas tout de suite
Pas trop vite
Sachez me convoiter
Me désirer
Me captiver… »

(Paroles de Robert Nyel,
musique de Gabrielle Vervaecke, 1967)



La triste annonce de la famille a été faite dans la soirée : « Juliette Gréco s’est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun. ». Juliette Gréco avait fêté ses 93 ans il y a sept mois, juste avant la crise du covid-19. Sale temps pour les chanteuses légendaires : Suzy Delair, Zizi Jeanmaire, Annie Cordy… Année 2020 terrible.

Une existence qui a commencé mal, l’adolescence pendant la guerre, la famille déportée, sans elle qui a faill l’être, mais quand même internée, des tas de questions sur la Shoah, sur pourquoi pas moi, pourquoi d’autres jeunes filles… Et après la guerre, une carrière qui a démarré sur les chapeaux de roue à Saint-Germain-des-Prés, collusion entre les intellectuels et les artistes. Elle fut, à elle toute seule, une encyclopédie culturelle. Juliette Gréco devait être la mémoire de cette période si faste d’après-guerre où tout était possible. Elle était une voix, une interprète au service de prestigieux et talentueux "créateurs de paroles". La liste est vertigineuse.

Non seulement elle les a connus, ces écrivains, ces philosophes, ces poètes, ces chanteurs, ces comédiens, ces paroliers, ces musiciens, mais elle a parfois connu leur naissance artistique. Pas étonnant que bien plus tard, elle ait voulu leur rendre hommage, comme ce disque "Juliette chante Brel" sorti le 28 octobre 2013 (chez Deutsche Grammophon/Universal Music) pour honorer un coup de foudre, Jacques Brel.

La chanteuse l’a raconté à la journaliste Véronique Mortaigne dans "Le Monde" du 29 octobre 2013, avec son style inimitable : « En 1954, j’étais au balcon du Gaumont-Palace à Paris, un très beau cinéma, avec des orgues, et j’ai vu arriver ce machin dégingandé, avec un côté Don Quichotte déjà, de grands bras, de longues pattes, une figure longue aussi. Il jouait trois chansons à l’entracte, personne ne l’écoutait. Je suis tombé en arrêt comme un chien de chasse. Canetti [un propriétaire de cabaret] m’a dit : "Ah bon, ça vous intéresse ? Il s’appelle Brel, il est Belge. On essaie, on va voir…". On a vu. ».

La Gréco a tenu son dernier concert le 12 mars 2016 au Théâtre de l’Étang, à Saint-Estève (dans les Pyrénées-Orientales). Elle aurait dû poursuivre cette dernière tournée (où elle disait merci à son public toujours fidèle malgré l’âge et les générations qui sont passées) mais un AVC l’a foudroyée le 24 mars 2016 et elle ne pouvait plus parler. Année particulièrement terrible puisqu’elle a perdu sa fille unique Laurence-Marie vaincue par la maladie à 62 ans, fille du comédien Philippe Lemaire (1927-2004), son premier ancien mari. Elle a aussi perdu Gérard Jouannest (1933-2018), son mari pendant un peu plus de trente ans (ils se sont mariés en avril 1988, il était aussi le musicien de Jacques Brel), ainsi que son autre ancien mari, l’acteur Michel Piccoli (1925-2020).

Véronique Mortaigne de "Télérama" a pu interviewer Juliette Gréco très récemment cet été (le 16 juillet 2020) et a pu témoigner qu’elle avait retrouvé l’usage de la voix : « Gréco a si bien lutté qu’elle reparle. Différemment, sans les phrases fleuries auxquelles la mutine nous avait habitués. Elle livre des mots dépouillés comme on décoche des flèches. Et l’âge imposant la remarque, oui, elle a toute sa tête. Bref, elle est "vivante". ».

C’était son désir le plus cher, qu’elle avait répété le 17 avril 2015 sur France Inter, juste avant sa dernière tournée : « Je veux partir debout, je ne veux pas faire pitié. ». Alors, c’est à son public ce soir de se lever, triste et reconnaissant, et de lui rendre hommage. Déshabillons-nous ! (Euh, qu’est-ce que je raconte ?! Écoutons-la plutôt !). Elle a bien mérité de la France et de Paris !









Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La grande dame existentialiste.
Juliette Gréco.
Bourvil.
Jimi Hendrix.
Annie Cordy.
Joe Dassin.
Zizi Jeanmaire.
Suzy Delair.
Jean Ferrat.

_yartiGrecoJuliette02


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11 réactions à cet article    



    • Fergus Fergus 24 septembre 09:20

      Bonjour, Séraphin Lampion

      RIP et BOF !


    • Septime Sévère 24 septembre 09:06

      Gréco ce matin : J’AI GAGNé !


      • Fergus Fergus 24 septembre 09:21

        Bonjour, Septime Sévère

        La nécro de Troigros, ce sera pour demain ! smiley


      • Copain 24 septembre 11:24

        Admirable grandeur, étonnante bonté du Maître de l’univers

        Qui s’humilie pour nous au point de se cacher dans une petite hostie de pain. Regardez l’humilité de Dieu, Regardez ....


        • Un des P'tite Goutte Un des P’tite Goutte 24 septembre 12:54

          Bravo et félicitations Sylvain, pour cette merveilleuse illustration d’article !


          • ZenZoe ZenZoe 24 septembre 14:20

            Belle femme, belle voix, mais le symbole du rêve français ? N’exagérons rien.

            Le symbole d’une époque et d’un lieu disparus alors ? Oui, sans doute.

            Surtout quand on voit ce que Saint-Germain-des-Prés est devenu, un repaire douillet de bobos friqués pseudo-intellectuels ou artistes branchouillards, qui se croient encore l’élite culturelle de la nation.

            Allez, chantons tous en choeur : ♫ il n’y a plus d’après.... ♪ à Saint-Germain-des-Prés... plus d’après-demain... plus d’après-midi....♫ ♫


            • zygzornifle zygzornifle 24 septembre 16:00
              un des symboles du rêve français

              Qui a déclaré symbole du rêve Français ?

              On dirait une phrase sorti d’un orifice de Macron, marre que l’on décide pour moi , elle ne m’a jamais fait rêvé ....


              • zygzornifle zygzornifle 24 septembre 16:04

                « Déshabillez-moi
                Déshabillez-moi
                Oui, mais pas tout de suite
                Pas trop vite
                Sachez me convoiter
                Me désirer
                Me captiver… »

                Paroles reprises par Macron l’ors de son selfie avec les racailles pantalons a moitiés baissés et certainement aussi par Benalla quand il avait encore les faveurs du monarque ....


                • ETTORE ETTORE 24 septembre 20:41

                  Peut être que Rakoto s’essaye à des « écrits » plus libertins, sous « la couverture » de paroles à l’invite, non discutable.

                  Allez savoir, à force de faire les rubriques nécro.....On peut rêver à des « gestes » plus en communion avec la santé....sexuelle du vivant.

                  Je pense que bientôt il aborderas le thème de l’inceste avec le regretté Gainsbourg.

                  Faut bien en passer par tous le tour des vices, pour faire connaitre la tête des siens.

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