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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ischia and Naples International Festival of Philosophy

Ischia and Naples International Festival of Philosophy

La VIIIe édition du festival "Philosophie, le château et la tour" se tiendra du 1er au 25 septembre dans le magnifique paysage de l'île d'Ischia, Naples. Expositions, concerts, ateliers et plus d'une centaine de rencontres questionneront le thème de la Beauté, l'un des concepts chers à la philosophie occidentale. Parmi les grands protagonistes de cette huitième édition, il y aura, comme toujours, le directeur scientifique du Festival, Raffaele Mirelli, docteur en philosophie morale à l'Albert Ludwigs Universität de Fribourg, qui nous a révélé, dans cette interview exclusive, les précieux renseignements rôle du Festival de la philosophie d'Ischia pour relever les défis du présent et continuer à croire en l'avenir.

Carlo Marino : La huitième édition du festival international de philosophie "La philosophie, le château et la tour" d'Ischia et de Naples traitera de "Beauté". "Est-ce vrai prince que tu as dit un jour que 'la beauté sauvera le monde' ?" Comme première question, je vous pose cette phrase extraite d'un dialogue fugace dans le livre de Fiodor Dostoïevski "L'Idiot" (1869) Serait-ce vrai ? La beauté pourrait sauver le monde. Mais quelle beauté ?

Raffaele Mirelli - La beauté est un catalyseur d'émotions et de réactions. Elle invite au mouvement "inhérent" à l'esprit humain. La contemplation est aussi un mouvement sublime de l'esprit, c'est l'union avec l'autre. La valeur de la beauté d'aujourd'hui n'est cependant enracinée que dans la relation et le mouvement avec le Soi, qui ne peut s'atteindre, pas même lui-même. La beauté qui pourrait sauver le monde est celle déclinée au bien, à la relation éthique de bien-être du monde globalisé. Nous devrions "globaliser" le bien, le rendre "bien commun » : un bien non enfermé dans la sphère humaine, mais qui inclut tous les êtres vivants, y compris notre planète. Carlo Marino : Quelle beauté sauvera le monde ? Pouvez-vous nous donner quelques indices sur le déroulement de la VIIIe édition du Festival Raffaele Mirelli - La beauté qui sauvera le monde est celle liée au rapport éthique à l'autre. La beauté a pour tâche d'ouvrir l'espace à la diversité du "vrai".Le Festival international de la philosophie commence le 1er septembre et se poursuivra jusqu'au 25. Plus de 150 événements ouverts au public allant de la musique, de la danse, de l'art à la philosophie. Un festival qui implique les jeunes et pour cette raison, il a reçu le haut patronage du Parlement européen depuis 2019. Il se déroule dans les plus beaux endroits de l'île d'Ischia : les jardins Mortella, la tour Guevara, la bibliothèque Antoniana et le château aragonais. Ischia est donc un petit paradis, où la pensée prend une forme insolite, portée par la beauté, par l'altérité qu'elle exprime dans la nature. Nous proposerons environ 130 conférences au public sur le sujet et nous inaugurerons le mois du sens civique (septembre) qui voit les écoliers comme protagonistes d'une campagne de sensibilisation sur le corps qui durera tout le mois. Les garçons ont composé 30 slogans, aphorismes. Ceux-ci seront affichés sur la jetée menant au manoir aragonais. Corrélées par 12 photos qui racontent le corps, son identité perdue dans la multitude des regards virtuels.
Les soirées, du 23 au 25 septembre, voient la participation de grands invités de renommée nationale, comme le mannequin Benedetta Barzini, professeur d'Histoire de l'Habillement à l'Université d'Urbino et foire féministe. Elle sera celle qui ouvrira la série de rencontres au Château Aragonais avec une conférence intitulée : « La beauté est un produit à vendre ».

 Bref, ce festival est vraiment un petit miracle du sud de l'Italie qui a beaucoup grandi au fil des ans. Chaque année, des universitaires du monde entier, des enseignants, des étudiants affluent. Les conférences sont en effet à la fois en italien et en anglais. La participation d'universités renommées, telles que celle de Toronto et l'Université de Bonn, redonne au Festival une dimension toujours renouvelée chaque année et qui voit un grand nombre de participants. Le 31 août, le programme complet sera présenté sur la page sociale (La FilosofiaIl Castello e la Torre sur Facebook et sur notre site Web : www.lafilosofiailcastellolatorre.it)

Carlo Marino : La beauté est intimement liée aux sens, mais pas seulement ; dans ce cas, le concept de "Frame" introduit par l'anthropologue Gregory Bateson doit également être pris en considération, ainsi le signe est un signal, le signe qui définit la beauté et qui aujourd'hui, à travers les médias sociaux, devient un canon.

Raffaele Mirelli- Le concept de « frame » compris comme une sorte de champ de sens limité, enclos, exprime la finalité communicative ou plutôt métacommunicative à laquelle se réfère Bateson. Si le "Frame" permet de "cadrer" au mieux le message d'une image de sens, en revanche il peut devenir une limite qui ne fédère pas, se perdant dans l'interprétation. Le signe comme paradigme et expression des langages sociaux sur la « beauté » produit deux impacts différents : d'une part, la capacité de reconnaître, qui rend l'usage du concept immédiat ; d'autre part, au contraire, un mouvement pédagogique distribué dans le temps linéaire, une homologation et une convention dangereuses, donc un canon peu dynamique. Nous avons besoin d'un paradigme. Bref, la même chose se passe à l'intérieur et à l'extérieur du "frame", mais d'une manière différente. Je dirais contradictoire. Le signifiant fait une différence dans la manière dont il parvient au message communiqué. Pour résumer mots : comment un message est-il compris, comment se déroule une communication médiatisée et immédiate dans son intégralité ? Cela ne peut se faire que dans le dialogue, par la force dynamique du Logos. Dans les médias sociaux, tout devient trop tôt canon, uniformité, à moins qu'un nouveau langage ne se forme en eux, un nouveau véritable dictionnaire de signes et d'images, alors je demanderais d'attendre son expansion pour mieux comprendre le langage in fieri.

 

Carlo Marino : Malgré les différences d'époques, de cultures, de religions, la beauté reste-t-elle un mystère pour l'être humain ?

Raffaele Mirelli - La beauté est le terme de traduction du temps. Elle révèle les forces obscures de la subjectivité et de l'objectivité, qui parviennent souvent à converger sur un plan de communication neutre. La beauté est accueil sémantique, sensualité de l'instant et projection intellectuelle d'un désir d'action. C'est un mystère ? Oui, c'est un mystère comment elle peut survivre dans notre perception au-delà du lien biologique et chimique.

Carlo Marino : Il peut aussi y avoir une Esthétique de la laideur, comme dans l'ouvrage fondamental "Esthétique du laid" du philosophe allemand Karl Rosenkranz (1805-1879). Si le beau, dans la perspective du "maître" Hegel, apparaît comme une manifestation sensible de l'idée et de sa liberté, le laid apparaît comme ce qui nie ou limite cette liberté par l'asymétrie, l'absence de forme, la difformité et la défiguration. La laideur comme dimension intermédiaire entre le beau et le comique qui trouve son accomplissement dans certaines manifestations très répandues aujourd'hui, comme les langues et les grimaces que font de nombreux followers sur TikTok et autres réseaux sociaux...

Raffaele Mirelli - L'esthétique de la laideur est une contradiction nécessaire inhérente à la matière humaine. C'est la conséquence logique d'un paradoxe. Nous avons traversé des siècles à la recherche de l'harmonie et de l'ordre. À un certain moment de notre histoire, peut-être à partir des années 1900, nous avons commencé à exiger la présence de la laideur pour équilibrer une relation morale avec nous-mêmes et la société limitée, prête à la création d'une masse manipulable et éphémère. Le laid sert au beau pour s'identifier, le beau sert au laid pour s'identifier, mais seulement dans notre esprit, dans le monde humain. Je crois que quiconque veut sauver la beauté doit aller au-delà de l'humain d'aujourd'hui. Les médias sociaux sont très utiles, mais nous n'avons pas encore créé de système pédagogique pour les soutenir, en particulier pour les nouvelles générations. Nous les prenons souvent trop au sérieux : c'est un univers au sein du multivers qui nous permet d'être et de ne pas être à la fois, un lieu d'identités labiles, variées pour chaque être qui les utilise, les pratique, les nie.

 

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2 réactions à cet article    


  • Clark Kent Séraphin Lampion 6 août 13:25

    Alors que les forces turques s’apprêtaient à entrer dans la ville, les religieux byzantins étaient occupés à discuter de la question théologique du sexe des anges.


    • Djam Djam 8 août 10:54

      @ Carlo Marino

      Nooonnn c’est sérieux votre article, cher Carlo ??

      Il y a des mecs qui organisent un festival de la philosophie, sans decc !!? 

      Quand on lit l’entretien publié on a juste envie d’éclater de rire. Le charabia cher aux pseudos philosophes de notre époque est un efficace indicateur de la « branlette empaquettée dans du PQ ». 

      Pardonnez-moi cette formule épaisse, mais difficile de le dire autrement. On imagine les échanges entre Onfray, Ferry, BHL, Fleury, et tant d’autres plus ou moins médiatisés qui n’ont en vérité jamais fait avancer l’humanité moderne d’un iota... en revanche, tous ont engraissé leurs « actifs » sonnant et trébuchant en vendant des bouquins qu’eux-seuls lisent et commentent entre eux et que les « fnac » (ces hypermarché de la vacuité livresque) osent mettre en « tête de gondole »... ce qui fait se gondoler pas mal d’esprits lucides !

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