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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Karel Curda, le traitre de Prague

Karel Curda, le traitre de Prague

Je viens d’achever l’excellent HHhH de Laurent Binet, prix Goncourt du premier roman 2010. L’histoire d’un attentat, celui qui couta la vie à l’ignoble Heydrich, alors à la tête de la Bohême-Moravie occupée par les nazis, au terme de la désormais célèbre « Opération Anthropoïd ». 

Formés en Angleterre, Jozef Gabcik et Jan Kubis abattent, le 27 mai 1942, la « bête blonde », à l’arrière de sa voiture, en plein coeur de Prague. Un coup d’éclat fantastique pour la résistance tchécoslovaque qui obtient un retentissement mondial. L’effet de surprise est tel que les assassins du bourreau nazi réussissent à prendre la fuite, alors même qu’ils s’étaient fait à l’idée d’une mort certaine. S’en suit une cavale incroyable et plusieurs jours de planque au coeur de l’église Saint Cyrille et Méthode de Prague. Jusqu’à ce que les deux hommes et leurs complices, au total sept résistants, soient trahis. 

Karel Curda, tout comme Gabcik et Kubis est tchécoslovaque. Comme eux, il est parachutiste. Comme eux il a été formé en Angleterre et envoyé à Prague en mission. À l’inverse d’eux, il fait l’objet de réserves de la part de ses supérieurs après avoir partagé son admiration pour Hitler, lors d’une soirée arrosée. À l’inverse d’eux, il ne s’est pas engagé dans la résistance par patriotisme mais par « gout de l’aventure ». Quelques jours après l’attentat, le natif de Nova Hlina, appâté par la récompense de 20 millions de couronnes promise par les nazis, dénonce ses camarades en indiquant à la Gestapo leur cachette. Quelques heures plus tard, les allemands font le siège de l’église dans laquelle se sont repliés les résistants tchécoslovaques. Après huit heures de combat, les quelques huit cents soldats du Reich viennent à bout des sept hommes. Sans avoir pu les tuer ni les capturer, la plupart d’entre eux s’étant donné la mort avant que les nazis ne puissent les faire parler. 

Riche, marié à une belle allemande et bénéficiant d’un nouveau nom afin de le préserver, Karl Jerhot devient un agent secret au service du Reich. Une situation que le traitre ne conservera pas longtemps. À l’issue de la guerre, il est en effet emprisonné à la prison de Pankrác avant d’être pendu en 1947.

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