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La Cité de l’Ombre

Conteur électrique

A la Croisée d’Harry Potter sur l’Ile de Nim avec Narnia, les "films d’attractions" se suivent et se ressemblent. La Cité de l’Ombre, adaptation d’un roman jeunesse de Jeanne DuPrau qui sortira une semaine avant Noël , aurait pu rejoindre la morne file des kid blockbusters... A la place, le film de Gil Kenan illumine tranquillement par la grâce de son casting, guirlande de stars filantes.

Pour protéger l’espèce humaine d’une guerre totale, une ville souterraine fut bâtie : Ember. 200 ans plus tard, le tapis d’ampoules faisant office de ciel commence à s’éteindre petit à petit, la nourriture fait défaut, le gouvernement vit dans l’opulence tandis que le peuple mène la vie dure. Deux jeunes gens, Lina (Saoirse Ronan) et Doon (Harry Treadaway), tout juste promus, décident de mettre fin à cette autarcie en cherchant un chemin de sortie...à l’air libre.
 


Grands enfants

Pour sa deuxième réalisation après le film d’animation Monster House, Gil Kenan s’est particulièrement bien entouré : à la plume on retrouve Caroline Thompson, scénariste d’Edward aux Mains d’Argent, La Famille Addams ou encore l’Etrange Noël de Mister Jack ; à la production Tom Hanks. Si l’équipe du film ressemble à s’y méprendre à celle de Monster House (dont Douglas Pipes qui gratifie le film de themes splendides), penchons-nous sur un casting des plus judicieux où les vieux de la vieille font office de prophète, sans aucune faute de goût. Imaginez un peu : Bill Murray en président-gourou, Toby Jones (Truman Capote) en bras droit new-age, l’immense Martin Landau en plombier narcoléptique ou encore Tim Robbins en inventeur blasé. Rien que pour voir ces figures majeurs du cinéma américain, ne serait-on pas prêt à se servir d’un bambin comme prétexte pour acheter une place ? Des deux jeunes héros, on retiendra surtout Saoirse Ronan, petit brin de fille dont on entendra sans aucun doute parler prochainement dans le paysage cinématographique américain.

 



Parental Advisory

Dans l’ombre de La Cité de l’Ombre, l’écrivain Jeanne DuPrau et la scénariste Caroline Thompson adressent, à l’attention des plus grands, un semblant de message écologique et politique : la surconsommation des ressources naturelles et énergétiques. La ville d’Ember en est d’ailleurs la conséquence directe. Par ailleurs, la fable nous montre des dirigeants très peu concernés par la désagrégation de l’espace vital puisque jouissant d’un luxe synonyme de pouvoir. Dans La Cité de l’Ombre, le cri d’alarme est muet et brut mais néanmoins efficace.

Le film interroge également les enfants sur la notion d’interdit et la confiance aveugle en l’autorité. La lumière en tant que synonyme d’espoir n’est pas toujours celle que l’on croit. La jeunesse prend le pouvoir et botte les fesses amorphes des adultes.

 


L’obscurité n’est pas l’inverse de la luminosité : c’est son absence (sic.)

Ce qui fait la force et la différence de La Cité des Ombres, c’est son humilité, sa proximité et la confiance instaurée avec le spectateur : il n’explique pas tout et c’est seulement en sortant du visionnage qu’on se dit "ah ben tiens, c’est pour ça qu’ils nous ont montré ça pendant une heure ! ". Il ne prend jamais les enfants pour des crétins avides de produits dérivés. Sans le côté pompeux du merveilleux, le film d’aventure joue moins sur le m’as-tu-vu que sur l’histoire en elle-même. Si le rythme est lent, très lent, le récit gagne en fluidité. On aimera ou on détestera le parti pris de ne pas s’appuyer sur le suspens mais de suivre comme observateur les deux jeunes héros et leurs motivations et découvertes. Lina et Doon suivent leur petite quête sans trop d’entraves *. Le suspens à zéro, le spectateur se laisse tout simplement glisser dans la cité.

 

 

Problèmes à l’allumage

Si l’ambiance joue un rôle majeur dans la réussite de La Cité de l’Ombre, certains défauts caractéristiques du genre et d’autres plus spécifiques au film gâchent le plaisir. Le film peine sérieusement à prendre son envol, même si on l’a dit le rythme est volontairement ralenti pour capter le spectateur. Le début du film aurait mérité quelques coupes, notamment de certaines scènes redondantes (chez la grand-mère de Lina, la découverte de la boîte, la plomberie de Doon, les visites multiples de certains décors tel que le dépôt). De même, le ton adopté par le film pourrait décevoir. Très premier degré, sans grand humour (mis à part une petite scène de Bill Murray bien sentie), le film joue a fond la carte de l’immersion et Caroline Thompson oublie quelque peu la légèreté de ces anciens scripts. Gil Kenan aurait lui aussi pu insuffler un grain de folie dans cette ville pas vraiment peuplée de lumières.

 



A défaut d’être spectaculaire, La Cité de l’Ombre, joue consciencieusement sur les clichés du genre dystopique et s’impose doucement comme le blockbuster des familles ce Noël. Sa grande accessibilité, son intelligence, sa cohérence mais surtout son casting scintillant font de ces douces aventures un incontournable pour se réchauffer les mains sur l’ampoule (basse consommation) durant cet hiver qui s’annonce...hivernal.

* le film donne enfin un rôle à la mesure du noble et terrifiant animal qu’est la taupe !

 

Légendomètre : 3,5/5

Sortie : le 17 décembre 2008
www.jeseraiunelegende.com


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