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La petite fille sur la photo / Sur la route

Brigitte est née à Oran en 1959 et fait partie des milliers d’enfants rapatriés en 1962. Comme beaucoup de pied-noirs, ses parents ne parlaient pas de l’Algérie. Elle s’était inventée une enfance à l’aide de photos et d’histoires évoquées pendant les repas de famille. Puis un jour en tombant sur une photo représentant une petite fille dans les bras de son père en une de La Provence, commémorant les quarante ans des accords d’Evian, elle se met à pleurer tout en ignorant la raison profonde qui a déclenché son chagrin. Brigitte réalise alors qu’elle ne connait rien de son enfance et de son pays natal. Elle décide donc d’enquêter pour essayer de reconstituer, tel un puzzle, son histoire.

 

 

Critique Livre : La petite fille sur la photo

Rédactrice en chef de l’émission « Mots croisés » sur France 2, Brigitte Benkemoun nous livre ici un journal intime d’une femme ayant pris conscience un peu tard de son passé.

Mêlant enquête journalistique et quête initiatique, Brigitte Benkemoun nous emmène à la rencontre d’ex de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), d’anciens colons, de rapatriés éternellement déchirés ou de proches du FLN (Front de Libération National). Jacques Attali, Julien Dray, Serge Bensimon, les témoignages de personnalités ne manquent pas.

Certes nous ne pouvons nous mettre dans la peau de ces personnes chassées par le FLN et oubliées par la France, traitées tour à tour de colons et d’Arabes, quelques uns flirtant avec l’extrême-droite pour trouver un refuge.

Mais à la lecture de ce livre, je suis un peu comme une allemande à qui on rappellerait pour la énième fois les crimes commis par les SS. Ce livre arrive trop tard, tout comme la prise de conscience de Brigitte. On a tout entendu sur la Guerre d’Algérie. Je n’aurais pas la prétention de dire que je sais tout, mais la prise de conscience côté « Français de France » est bien là. Ce livre apparaît donc plus comme un besoin de l’auteur que du lecteur. Un exutoire pour Brigitte qui semble s’en vouloir de ne pas se rappeler, et donc ne pas pouvoir partager avec ceux qui n’ont pas oublié. Sans cependant tomber dans la victimisation, le ton est un peu trop dramatique et sage. Les intervenants n’ont-ils jamais eu un mot plus haut que l’autre pour leurs colons ?

On peut néanmoins souligner le travail de recherche et d’enquête, compte-tenu de la difficulté de faire parler quelqu’un de son passé, d’autant plus quand celui-ci est évoque la souffrance.

La citation à retenir (et qui me parle tout particulièrement) : » Un grand moment de solitude. Le vertige de la journaliste qui ne sait pas du tout de quoi on lui parle, mais comprend dans la seconde qu’elle va se ridiculiser au plus haut point si elle avoue son ignorance ».

Critique Cinéma : Sur la route

Gerald de Palmas chantait « j’étais sur la route toute la sainte journée », moi j’y suis restée deux heures vingt et ça m’a largement suffi !

Walter Salles, réalisateur des excellents « Central Do Brasil » et de « Carnets de Voyage », se lance ici dans l’adaptation du roman de Jack Kerouac du même nom, un monument de la littérature américaine :

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

La trame était pourtant une bonne base. Dans une période moralisatrice, coincée et conservatrice de l’histoire, ce voyage apparaît comme une bouffée d’air frais, de liberté. Les rencontres merveilleuses que les protagonistes font au cours de leur trip donnent envie de s’attarder à chaque étape.

Walter se serait énormément documenté sur l’auteur et sur la « beat generation » (durant six ans quand même) avant de porter à l’écran « Sur la route », et on peut dire qu’il a bien retenu la leçon. Les acteurs, qui ont tous l’air de petits jeunots au look « preppy » british faussement négligés, semblent avoir atterri par erreur dans une application Instagram. Toutes les conditions sont réunies pour nous faire croire que nous sommes dans les années 40, les vêtements, les voitures, les machines à écrire…mais la magie ne prend pas. Puis quand on sait que le film a été tourné au Canada et en Argentine…

Un road-movie où finalement on ne voit pas trop de « road » mais plus de gens défoncés copulant et se shootant…et où le spectateur reste en manque de paysages et d’aventures humaines.

L’écriture si particulière de Kerouac n’est peut-être pas faîte pour être portée à l’écran. L’originalité de l’écrivain ne se ressent pas. Le réalisateur ne prend aucun risque, et semble lisser la version originale afin que son film soit diffusé le plus largement possible.

« SUR LA ROUTE » aura cependant le mérite de confirmer que Kristen Stewart peut jouer dans des films d’adultes, sans collègue aux canines pointues, mais que porter à l’écran un classique reste très casse gueule pour un réalisateur ; Francis Ford Coppola s’étant déjà cassé les dents dessus il y a quelques années…

Melissa Reverso

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2 réactions à cet article    


  • Richard Schneider Richard Schneider 31 mai 2012 18:00

    Deux points de vue intéressants.

    J’ai particulièrement apprécié votre remarque :« ... je suis un peu comme une allemande à qui on rappellerait pour la énième fois les crimes commis par les SS. »
    C’est un peu ce que beaucoup d’entre nous ressentent lorsqu’il est question des « événements d’Algérie ». Nous étions trop jeunes quand ils ont eu lieu et nous sommes aujourd’hui trop vieux pour les comprendre objectivement, alors qu’on nous les rabache depuis près de cinquante ans ...
    PS : Je ne peux pas parler du film, je ne l’ai pas vu ... En revanche, je connais le bouquin.

    • Le taulier Le taulier 1er juin 2012 06:15

      Comparer le nazisme et la colonisation française en Afrique du Nord, faut pas pousser mémère dans les orties !

      Si la France et la première terre d’émigration des Algériens c’est que la France n’a pas été si monstrueuse qu’on le dit. Les juifs du monde entier ne rêvent pas d’aller en Allemagne ou en Autriche.

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