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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Michel Jonasz : Je mettrai mon cœur dans du papier d’argent

Michel Jonasz : Je mettrai mon cœur dans du papier d’argent

« On est une famille humaine, il faut mettre ça dans la tête des jeunes (…). Nous sommes une famille humaine riche de sa diversité, quelles que soient la couleur de peau, l’origine sociale ou la religion. » (Michel Jonasz, le 21 février 2019 sur Europe 1).

Ce vendredi 21 janvier 2022, le chanteur Michel Jonasz fête son 75e anniversaire (quelques jours avant un collègue). J’adore Michel Jonasz, peut-être par nostalgie, mais il n’y a pas de nostalgie qui tienne avec Michel Jonasz malgré cet âge qui devient canonique, il est toujours en forme, dynamique et son dynamisme est toujours très impressionnant.

Il était encore en concert le 20 novembre 2021 à Marseille, les 4 et 5 décembre 2021 au Palais des Sports de Paris, le 16 décembre 2021 à Lille, le 15 janvier 2022 à Montpellier, etc. et il a un programme chargé d’au moins treize concerts jusqu’à la fin du mois de mai 2022.

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Depuis le début des années 1970, Michel Jonasz attire un public fidèle et toujours renouvelé au fil des générations. Sa voix est très reconnaissante et, poète aux textes travaillés, il apporte aussi une attention particulière à ses musiciens. Ses textes ont parfois des finalités éducatives ou civiques, ils parlent le plus souvent d’amour.

Entre autres activités artistiques, il est aussi compositeur, et il a composé entre autres le générique de l’émission "Zone interdite" sur M6, il est aussi l’auteur de la bande originale du film "Clara et les chics types" de Jacques Monnet (sorti le 14 janvier 1981).

Cinéma ? Michel Jonasz est également un comédien au théâtre et un acteur au cinéma et à la télévision, une seconde carrière qu’il a menée en parallèle surtout à partir du début des années 2000. Et toujours au présent de l’indicatif, puisque sa dernière participation, malgré la crise sanitaire, c’est dans un téléfilm de Frédéric Berthe plutôt bien mené, "À mon tour" diffusé sur France 2 le 5 janvier 2022, dans un remake du film "Le Zizanie" de Claude Zidi (sorti le 16 mars 1978), une comédie mettant en scène une couple, un industriel maire et son épouse qui veut se présenter aux municipales contre lui, avec ici le couple François-Xavier Demaison et Isabelle Gélinas qui remplace le fameux couple Louis de Funès et Annie Girardot (avec une version plutôt pourrie de l’industriel). Aux côtés de François Berléand, père cynique et corrompu (dans le téléfilm) de François-Xavier Demaison qui a fui dans une île paradisiaque, Michel Jonasz joue son contraire, comme père d’Isabelle Gélinas, un papi jovial et militant, probablement communiste, et très sympathique.

Né à Drancy, dans une ville très symbolique pour sa famille, Michel Jonasz est un "réfugié" miraculé… On ne peut pas dire cela vraiment car il est né après la guerre, mais on pourrait dire au fond qu’il a échappé à la "non-naissance" car sa mère, qui s’est mariée le 26 juillet 1941, a échappé de justesse à la déportation et à la Shoah. Ses deux parents étaient d’origine juive hongroise qui, tout jeunes, ont émigré en France, le père en 1925 à 5 ans et la mère en 1933 à 16 ans. Son grand-père paternel vivait à Budapest et était cordonnier, tandis que son grand-père maternel, d’origine polonaise et installé en Hongrie en 1911, ainsi que sa grand-mère maternelle ont péri dans les camps d’extermination, ainsi que d’autres membres de la famille.

Par cette histoire familiale, on peut comprendre que Michel Jonasz est charnellement "sensibilisé" par l’antisémitisme et le négationnisme. En 2017 au Théâtre du Gymnase, à Paris, il a joué dans une pièce écrite et mise en scène par Dominique Coubes, "Les Fantômes de la rue Papillon" où il se retrouve dans le rôle d’un Juif (étoilé) tué dans une rue de Paris.





Au micro d’Anne Roumanoff, Michel Jonasz a d’ailleurs réagi très amèrement le 21 février 2019 sur Europe 1 face à l’augmentation très forte des actes antisémites (+74% en 2018) : « Ma mère a perdu ses parents et quatre de ses frères dans les fours crématoires d’Auschwitz. Donc, quand je vois des tags antisémites sur le portrait de Simone Veil, quand je vois marqué "juden" sur des vitrines ou quand je vois la mémoire d’Ilan Halimi souillée (…), ça me fait un truc. (…) Aujourd’hui, il y a des signes qui nous disent qu’il faut qu’on fasse attention. ». Mais il était également rassuré par la mobilisation du rassemblement contre l’antisémitisme le 19 février 2021 à Paris : « Heureusement, les gens se bougent et se lèvent contre ça ! ».

C’est pour la famille de sa mère que Michel Jonasz a écrit, mis en scène et joué son spectacle "Abraham", du prénom de son grand-père, au théâtre de 2009 à 2011 (un retour au théâtre après trente ans d’absence). Le 27 mars 2021, il expliquait d’ailleurs à "Tribune Juive" : « D’eux, il ne reste rien nulle part. Aucun nom sur un registre, aucun document, le néant absolu. C’est comme s’ils n’avaient jamais existé. Comme s’ils n’avaient jamais été autre chose que cette fumée s’échappant des crématoires. ».

En 2010, le chanteur s’était rendu à Auschwitz avec sa mère (née en 1917) pour « voir l’endroit où sa famille avait été décimée ». Quand il était enfant, il croisait parfois un camarade antisémite : « Je n’ose pas lui avouer que je suis Juif. Je sais que c’est être différent, très particulier. Que ça peut aussi être dangereux, même si au fond de moi j’en éprouve une certaine fierté. Durant mon enfance, j’entends souvent ma mère répéter : "Pourquoi suis-je encore vivante, pourquoi suis-je encore là ?" ». Pour résumer, Michel Jonasz, c’est aussi : « J’ai l’impression d’avoir toujours su ce qui s’était passé. ».

Mais saisissons l’occasion de son 75e anniversaire pour savourer à nouveau ses meilleures chansons, qui ont fait sa réputation et sa qualité… Quinze parmi beaucoup d’autres.



1. "Dites-moi" (1974)






2. "Super nana" (1974)

« Dix-huit grèves de poubelles
Que j’traîne dans l’quartier
Jamais vu plus belle qu’elle
Dans la cité (…)
Elle marche parmi les détritus
On dirait, comme sur les prospectus
Ces filles allongées à l’ombre des cactus ».






3. "Les vacances au bord de la mer" (1975)






4. "Je voulais te dire que je t’attends" (1976)






5. "Joueurs de blues" (1981)






6. "La boîte de jazz" (1984)









7. "Unis vers l’uni" (1985)






8. "La fabuleuse histoire de Mister Swing" (1988)






9. "L’air que l’on respire"

« L’air que l’on respire
C’est le même pour tous
De nos ancêtres du fond des âges
À nos p’tits bambins qui poussent
L’air que l’on partage ».






10. "Le boléro" (2000)

« Et je m’en vais l’âme en peine
Les jours se suivent et s’enchaînent
Comme les accords d’un piano
Vivre sans toi c’est attendre
Écouter le ciel se répandre
En pluie fine sur les carreaux ».






11. "Où vont les rêves ?" (2002)






12. "Tout pour la musique" en duo avec Marc Lavoine (le 7 décembre 2020)






13. "Groove !" (2019)






14. "La maison de retraite"(2019)

« Tu parlais de naufrage
D’un corps qui n’a plus d’âge
Et qui s’en va doucement
De la peur de vieillir et d’avoir à subir
L’impertinence du temps ».






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 janvier 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

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14 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 24 janvier 09:05

    Pourquoi pas ! La marmotte met bien du chocolat dans le papier alu...


    • Séraphin Lampion Schrek 24 janvier 09:09

      @Clocel

      ah ! 
      ça fait plaisir de te retrouver !
      tu étais malade ?


    • Clocel Clocel 24 janvier 09:14

      @Schrek

      Même pas ! Je retape un bon vieux voilier pour aller passer les premières années de mon troisième age loin de tout ce bordel, je ne nous supporte plus.

      Meilleurs vœux !


    • Séraphin Lampion Schrek 24 janvier 09:20

      @Clocel

      merci
      bonne année à toi aussi

      un ketch ? en bois ?


    • Clocel Clocel 24 janvier 09:31

      @Schrek

      Un bon vieux sloop en contreplaqué (plan Villenave) gréé en cotre par l’ancien propriétaire qui aimait brasser de la toile, et comme moi, les tropiques et ses brunes incandescentes. smiley


    • Lynwec 24 janvier 09:47

      L’espace d’un instant, on a pu croire lire une chronique artistique digne d’un quelconque intérêt et on a été bien vite détrompé à l’apparition du traditionnel couplet sur l’antisémitisme et le négationnisme, comme si c’était le moteur du monde et la seule réflexion indispensable...

      Un artiste est bon parce qu’il a du talent et,par chance, des relations lui permettant d’être mis en avant, pas forcément en raison de ses origines supposées ou réelles. Il peut également être mauvais et là encore sans lien de causalité même si on utilisera cette excuse pour son manque de succès éventuel.

      La « bienpensance » est une des caractéristiques des écrivaillons signataires de cette chose qui ne détonne pas dans la production habituelle et dont la lecture peut être interrompue sans perte dès les trois premiers mots du paragraphe biographique...


      • voxa 24 janvier 10:42

        A l’auteur...

        Il est bien plus que probable que votre idole aurait envie de vous cracher à la gueule...


        • phan 24 janvier 11:34
          Je mettrai mon cœur dans les effets secondaires : Le risque de myocardite et péricardite après la vaccination Covid-19 est confirmé.

          • zygzornifle zygzornifle 24 janvier 14:46

            Qu’il fasse gaffe Macron va lui piquer son papier d’argent .....


            • Ruut Ruut 25 janvier 08:28

              @zygzornifle
              Macron serait capable de se torcher avec et de titrer la chasse.


            • blablablietblabla blablablietblabla 24 janvier 16:07

              L’entrée est chère très chère,tous les artistes ne sont pas Le forestier qui faisait l’entrée 5 francs dans les années 80, Jonasz 300 francs à la même époque .


              • Mondot Mondot 24 janvier 17:40

                ’’Michel Jonasz : Je mettrai mon cœur dans du papier d’argent’’

                 

                Tiens, c’est étrange.

                Connaissant un peu le personnage, j’aurais cru qu’il dirait plutôt : ’’Je mettrais mon coeur dans de l’argent papier.’’

                 

                Mais bon, tout le monde peut se tromper... 

                 smiley

                 


                • ETTORE ETTORE 25 janvier 00:16

                  Dites Rakotonanobis, voulez pas lui foutre la paix ?

                  Vous savez bien, que vous êtes la carte de visite de la Faucheuse....

                  Et que vous portez la scoumoune, à tous ceux que vous encensez....

                  Sauf votre Macronibus Zanahary, qui a du vous imposer des « fady » pour se faire respecter en tant que « Prince parfumé »....

                  Mais bon, il y a odeur et odeurs, et celui là, il serait temps que vous le retourniez !


                  • sylvie 25 janvier 10:34

                    Amusant sa ressemblance avec fabius

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