• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Solorazaf

Fabuleux homme-orchestre, Solorazaf illumine la scène de sa présence et des sons qu’il produit avec sa bouche, ses pieds et même ses narines. Et bien entendu avec sa guitare dont il joue en virtuose. Sa présence enchante instantanément : sa voix douce et mélodieuse, son sens inné du rythme (et quel rythme !), ses trouvailles géniales. Solorazaf est absolument unique.

Je l’ai découvert un soir d’octobre 2005 lors d’une soirée privée organisée par l’association "Paroles d’artistes" de Pont-Aven dont je fais partie. Ayant eu la chance de le regarder jouer et chanter à deux mètres de moi, je peux dire que j’en ai conservé un souvenir inoubliable. Jamais je n’ai vu un tel artiste sur scène. J’emportai en souvenir le dvd "Rendez-vous à Melting Point" sur lequel on trouve entre autres morceaux, "Moave" que vous pouvez écouter sur la vidéo ci-dessous (à écouter jusqu’au bout car la surprise est toujours au détour d’une note avec ce diable d’artiste).

"Moave" :




Il paraît qu’à Madagascar, le nom de Solorazaf reste inconnu. Je dois dire que j’en suis encore très étonné, quand on constate son talent et son charisme sur scène. Solorazaf tourne dans le monde entier mais il vit un peu caché du grand public. il est en revanche très réputé dans le milieu des grands guitaristes qu’il accompagne souvent. Jean-Félix Lalanne ou Michel Aumont le connaissent bien. Après avoir été le guitariste attitré de Myriam MAKEBA (1986 - 2000), il se voit offrir une partie du spectacle de la diva. Depuis dix ans, il se produit sur les scènes européennes et américaines en "solo guitar performance " (Italie, USA, Festival de Udine, Palerme, Francophonies de Montréal, etc... ).

J’ai trouvé cet artiste très simple, modeste devant son art qu’il maîtrise à merveille pourtant. On dirait qu’il s’efface derrière la musique. Mais quand il en joue, on peut dire qu’il l’incarne !

Ce curieux oiseau des îles porte un curieux nom aussi : Solo Razafindrakoto. "Le "rakoto" trahit l’origine malgache. C’est en effet à Madagascar qu’il vécut son enfance et qu’il apprit la musique en autodidacte. A 17 ans, il devient un des premiers musiciens de studio de Tananarive, avant de revenir à Paris en 1979 où il accompagnera de nombreux artistes de tous styles.

Solorazaf a développé un style très personnel à base de tempos de Madagascar et empreint de sons venus de l’océan indien. C’est un spectacle très original que de voir Solorazaf jouer de son instrument et en même temps taper du pied de façon étonnante tout en alternant le chant et les bruitages de bouche. Tout ceci se fait dans une osmose parfaite, une harmonie et un rythme inimitables, uniques.

Voici un autre morceau qui figure sur le dvd que j’ai chez moi (introuvable dans le commerce) : "Peace tralala". C’est un vrai bonheur de voir ce musicien exprimer son plaisir de jouer avec autant de naturel et de talent. Ce prodige semble davantage s’amuser et passer un bon moment que travailler. Prend-il même conscience du génie qui passe entre ses mains ?

"Peace tralala" :



"Peace tralala parle d’une danse du Sud de Madagascar, où les gens ne dorment pas la nuit, ils fêtent".

D’où lui vient cette façon bizarre de jouer ? Il transpose à la guitare le jeu qu’il utilise sur certains instruments utilisés à Madagascar, comme par exemple une harpe tubulaire qui s’appelle la Viala. Il utilise la guitare à la façon de ces instruments.

Et le style ? Il s’agit de "mix" imprégné de musique brésilienne qu’il affectionne, de folk picking, de jazz, de musiques traditionnelles de Madagascar et de l’Océan indien. Mais une bonne part est due à sa création personnelle. Les textes " franco malagasy " sont émaillés d’onomatopées et accompagnés de claquements de langue et de raclements de gorge. Tout ce que ma bouche peut exprimer musicalement, je le tente." Il s’accompagne d’un shaker et de ses pieds : "J’utilise également le " footoy " une percussion jouée au pied que j’ai inventée afin d’avoir l’assise rythmique d’un shaker bien terrien."

Fleur de feu :



Solorazaf a fondé une école de musique à Madagascar. Espérons qu’y naîtront beaucoup d’émules car on en redemande !

A écouter : Musiques de l’album "3 rayons de pluie".







Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • morice morice 4 mars 2009 11:05

     Superbe découverte, la Taverne, superbe découverte !!!! un énorme merci !!! 
    "franco malagasy " c’est "funky malaguena" version madagascar ?


    • La Taverne des Poètes 4 mars 2009 11:10

      C’est la langue franco-malagasy.


    • La Taverne des Poètes 4 mars 2009 13:53

      Justement, je comptais sur le spécialiste en instruments bizarres pour m’en informer. smiley
      C’est étonnant de le voir jouer et tout-à-coup de manipuler cet instrument puis de poursuivre. C’est vraiment l’homme-orchestre.


    • K K 4 mars 2009 11:53

      Tiens, je me suis trompe de quelques milliers de kilometres avec Dan Ar Braz LOL

      Bien vu taverne, c’est un artiste fantastique. Mais il me semble que mes parents ont un CD. Ce n’est donc pas aussi introuvable que cela.


      • La Taverne des Poètes 4 mars 2009 13:56

        Je n’ai pas encore rencontré Dan ar Bras. C’est le DVD mentionné qui est introuvable chez les disquaires (à mon avis) car c’est un dvd des débuts sponsorisé par des collectivités locales, dont le département de la Manche, ce qui pour un virtuose du manche est normal.


      • Reymo Reymo 4 mars 2009 19:34

         Magnifique,spontané et frais.

        Merci pour cette découverte, pour moi en tout cas.

         smiley


        • Reymo Reymo 4 mars 2009 19:41

           Magnifique,spontané et frais.

          Merci pour cette découverte, pour moi en tout cas.

           smiley


          • dédé.L dédé.L 4 mars 2009 22:48

            excellent !!

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires