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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Tous peuvent réussir !

Tous peuvent réussir !

Il faut trouver et surtout utiliser les clés pour que tous les enfants puissent réussir .

C'est possible et indispensable.

Il faut transformer l'école et former les enseignants :

les formations disciplinaires et pédagogiques sont nécessaires mais non suffisantes :

la psychologie, la connaissance et la reconnaissance de l'autre et le travail de la relation sont aussi indispensables.

Mais aujourd'hui, il est nécessaire de lier le combat pour le changement à celui, quotidien, ici et maintenant qui consiste à faire de l'école un lieu de coopération où les enfants travaillent ensemble et en faisant que l'école soit un espace d'émancipation....

L'ouvrage collectif "Tous peuvent réussir" propose des pistes de transformation.

JPEG« Tous peuvent réussir ! 

Partir des élèves

dont on n'attend rien »

de Régis Félix

et onze enseignants

membres d'ATD Quart Monde

éditions Quart Monde et Chronique sociale

avril 2013

20 pages

 

                      L'art de la rencontre

 

Comment faire qu'un enfant ne subisse pas la double peine, celle de vivre dans une grande pauvreté et celle d'être en échec scolaire ?

Il faut éradiquer la pauvreté et agir pour que chaque enfant puisse réussir.

Rien n'est joué à la naissance, en maternelle ou en primaire....

Tout se joue dans la rencontre, dans la reconnaissance de soi et sa valorisation auprès de soi et des autres.

De nombreux enseignants s'appuient sur des convictions et des savoir faire et être, appris dans l'action sociale et l'expérience acquise dans un militantisme.

C'est ainsi que, parmi eux, les enseignants membres du mouvement ATD - Quart Monde établissent un lien entre l'action menée dans les quartiers autour de la découverte du livre dans le cadre de la Bibliothèque de rue Tapori et leurs pratiques professionnelles.

ATD Quart Monde a mené une recherche action avec une équipe d'enseignants impliqués dans le mouvement afin de faire partager leurs expériences, de les analyser et de produire quelques clés permettant aux enfants de réussir.

L’œuvre écrite, résultante de ces travaux est passionnante.

Rien n'est ni facile, ni acquis d'avance mais il existe des leviers sur lesquels les enseignants peuvent s'appuyer comme le regard porté à l'enfant, sa responsabilisation, son écoute et la stratégie d'alliance entre tous les élèves et tous les parents.

Le métier d'enseignant suppose non seulement une expertise et des compétences « disciplinaires », mais une pratique de la relation avec l'enfant et les parents.

Pourquoi certains parents ne se rendent-ils pas aux rendez vous que l'enseignant leur donne à l'école ?

Ne faut-il pas se réinterroger sur les vecteurs de communication ?

Des pratiques innovantes ou qui coulent de source sont relatées et analysées dans ce livre comme cet aménagement de l'espace qui fait que les parents ne sont pas infantilisés en se retrouvant au cours d'une réunion à la place de leur enfant dans la classe mais dans une salle aménagée pour que des adultes échangent .

Les enseignants qui vivent dans le même quartier que leurs élèves, sont connus, rencontrés par les frères et sœurs et les parents, c'est un choix et une posture qui facilitent les relations....

Vivre dans le quartier, n'est pas une nécessité mais procède de la détermination de praticiens liant l'action sociale et l'action pédagogique.

Il est indispensable, qui le niera, de redonner confiance aux parents dans les capacités scolaires de leur(s) enfant(s) !

« Retour aux parents ! La valorisation de l'élève le plus exclu passe évidemment par les parents avec lesquels il est nécessaire de partager les réussites de leur enfant »

Quand Françoise s'adresse à la mère de Yann pour lui dire que son fils est certes un peu difficile mais surtout vif, curieux, gai et intelligent. La remarque de l'enseignante fait tilt dans la tête de la mère :

« Vous êtes la première maîtresse à me dire que mon fils est intelligent ! »

Il n'y a p de bonnes pratiques innées, les enseignants qui témoignent ont parfois commis des erreurs qu'ils ne reproduiront pas comme celle qui consiste à annoncer le dernier jour aux élèves que l'une d'entre eux va redoubler, ce qui conduit le père à s'indigner d'avoir été informé après les camarades de classe de son enfant.

En novembre 2011, Albert Jacquard qui vient malheureusement de nous quitter a pris la parole lors des Ateliers pour l'école organisés à l'initiative d'ATD-Quart Monde .

Dans son intervention intitulée : « L'école ou enseigner l'art de la rencontre », Albert Jacquard prononce cette phrase reprise dans ce livre et qui pourrait être une conclusion à méditer :

« En tant qu'être humain, je suis capable de construire plus que ce que la nature donne, et c'est ça l'éducation, c'est conduire un enfant hors de lui-même pour que, peu à peu, il s'aperçoive qu'il est capable de créer, de se créer, à condition d'être en communication avec les autres ».

 

Jean-François Chalot


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11 réactions à cet article    


  • non667 21 septembre 2013 14:48

    à durae
    mille +
    à chalot , l’idiot utile du mondialo système mille -


    • foufouille foufouille 21 septembre 2013 18:25

      tout le monde peut être chômeur ou balayeur, c’est sûr à 100%. l’article beaucoup moins


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 21 septembre 2013 19:20

        Il est vrai que trop d’enseignants se voient comme dispensateurs de savoir, indépendamment du contexte social de leurs élèves qu’ils ignorent aujourd’hui trop souvent. La lecture de ce livre devrait leur donner à réfléchir...


        • Vipère Vipère 21 septembre 2013 19:25

          Beaucoup d’enseignants se targuent d’enseigner leurs savoirs, mais ne valent pas un clou pour la transmission à des publics diversifiés . smiley


          • Vipère Vipère 21 septembre 2013 19:32

            Je suite béate quant à la citation d’une phrase d’Albert JACQUARD !

            a-t-il vraiment connu l’école de la République  ? c’est à se le demander.

            La réalité est qu’il s’y pratique le nivellement vers le bas et non l’inverse.

            Moinsser tant que vous voudrez, j’assume mes propos !


            • asterix asterix 21 septembre 2013 19:49

              Bonjour Chalot,
              Première condition, premier levier : éradiquer la pauvreté, dis-tu.
              Pas sûr que ce soit la première. Un des leviers, ça oui. Il n’est pas bon de laisser primordialement sous-entendre à un élève que s’il est pauvre, il doit être particulièrement aidé. Ou ailleurs, alors. Dans un autre cadre, mais pas là, la ségrégation guette.. Un gosse qui démarre avec la casquette du pauvre n’aura de rassurance que dans l’acceptation de son « handicap ».
              C’est pour cela que je suis pour l’uniforme scolaire.
              Le raprochement « physique » professeur-famille et la révision en profondeur de l’enseignement aussi.
              Salutations 


              • asterix asterix 21 septembre 2013 22:41

                Petit rajout : réussir est une notion variable de l’un à l’autre. Un élève ne pourra réussir que dans le domaine qui l’intéresse. D’où l’importance de l’écouter lors de l’aiguillage vers un métier ou une profession.


              • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 21 septembre 2013 21:08

                A lire les commentaires précédents, j’ai du mal à croire que l’enseignement ait tellement changé depuis que je l’ai pratiqué. Ne jamais être négatif, c’est le B.A. BA du métier. Il faut toujours laisser à l’élève l’espoir de faire des progrès et chercher en lui ou dans son travail le point positif sur lequel il pourra s’appuyer pour trouver confiance en lui. J’espère que l’institutrice dont parle l’auteur n’a pas seulement parlé à la mère des qualités de l’enfant, mais l’a dit à l’élève lui-même.
                On demande à l’enseignant d’être aussi éducateur, c’est normal puisque les deux fonctions se complètent. Par contre, c’est un travail délicat et l’art de la pratique n’est pas inné, il est indispensable de donner une formation à tous les professeurs, une formation de plusieurs années et non cinq ou six stages de trois semaines. Sur cette base et sur la pratique quotidienne, l’enseignant pourra aussi progresser dans ce métier difficile. Les relations avec les parents lui donnent également de bons moyens de critiques de sa pédagogie et de son attitude envers les enfants.


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 septembre 2013 06:28

                  Voilà bien ce que serait l’idéal.
                  Mais comme chacun sait l’idéal n’est pas l’actuel.

                  De par ma fonction de psychologue scolaire, je suis chargé de rencontrer les élèves que le système met en échec, ainsi que leur famille.

                  On imagine pas avec quelle facilité et quelle désinvolture les enseignants laissent à penser qu’il n’y a rien à tirer d’un élève, qui’il n’a pas sa place dans leur classe et devrait relever d’un circuit spécialisé.

                  Il est très clair qu’on ne doit pas pour autant leur jeter la pierre car c’est bien le déficit de formation qui est ici la principale cause de ces innombrables désastres individuels et collectifs que sont les mises en échec scolaire de tant d’élèves.

                  Comme le dit l’auteur, les enseignants ont à la rigueur une formation disciplinaire mais ils n’ont que leurs habitudes et leurs personnalités pour se positionner dans la relation à l’élève et à sa famille. Et en cas d’échec scolaire, on va très vite à la catastrophe qui consiste à attribuer la patate chaude à l’élève plutôt que de questionner ses pratiques...


                • CHALOT CHALOT 22 septembre 2013 13:08

                  Non667 juge et condamne sans une once d’argumentation.

                  Ce livre, je l’ai lu, il m’a pris aux tripes me renvoyant à une expérience personnelle comme instituteur lorsque j’avais des enfants placés dans une famille d’accueil, en échec scolaire et les difficultés d’intégration dans la classe.


                  • CHALOT CHALOT 24 septembre 2013 23:32

                    http://www.familles-laiques-de-vaux-le-penil.fr/article-reussir-pour-tous-120227661.html


                    Débat avec ATD quart Monde
                    le dimanche 13 octobre
                    au salon littéraire de Vaux le Pénil

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