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Schéma de nos tendances médiatico-politiques, pour tous ceux qui veulent se situer dans nos mondes démocratiques

Il n'est pas insensé de situer les tendances médiatico-politiques, qui dominent nos représentations sociales. C'est qu'il faut comprendre dans quel monde on vit.

Voici donc un schéma commenté, à prendre comme une boussole en trois dimensions. Sphère de nos partisaneries et de nos opérations démocratiques actuelles, dans laquelle trouver différentes positions. Et vous, où vous situez-vous ?

Pourquoi tant de *ismes et de *craties, comme autant de complications ? ... Tout simplement parce qu'il s'agit de tendances médiatico-politiques ! donc de mouvances de masses (les *ismes), et d'organisations de groupes (les *craties). Explications.

 

On a trois axes :

  1. L'axe de la politique : un axe connu, puisque sur cet axe se répartissent la gauche, le centre et la droite politiques. Pour chacune de ces trois options, des tendances ont été placées.
    1.1. La gauche procède essentiellement par activisme et collectivisme, en valorisant le convivialisme et le solidarisme en conséquence.
    1.2. Le centre procède essentiellement par judiciarisme et financiarisme, en valorisant le bougisme et le sensationnalisme.
    1.3. La droite procède essentiellement par affairisme et contractualisme, en valorisant le familialisme et sociétarisme.
    Naturellement, le centre prend par exemple le convivialisme de gauche, parce qu'il trouve sympathique l'affairisme de droite, selon le fameux dicton : « le cœur à gauche, le porte-feuille à droite ».
     
  2. L'axe du temps : celui-là aussi, est fatalement connu, puisque sur cet axe se répartissent le passé, le présent et le futur, sans surprise.
    2.1. Le passé est associé au conservatisme, au passéisme et au réactionnarisme.
    2.2. Le présent (non représenté sur le schéma) est associé au court-termisme, au présentisme et au spontanéisme.
    2.3. Le futur est associé à l'innovationnisme, au futurisme et à l'utopisme.
    Remarquez bien qu'on peut être de gauche, de centre ou de droite, et être aspirer plutôt vers le passé, le présent ou le futur : tous les partis ont leurs arrière-gardes, leurs gardes et leurs avant-gardes !
     
  3. L'axe de la hiérarchie social : cet axe est relativement connu, mais on tend à l'oublier, parce que la démocratie se prétend égalitaire - surtout en France. A partir de là, la gauche a tendance à prendre le sommet pour le centre et la droite, alors que sa gauche caviar est au sommet ; de même, le centre préfère le sommet en rejetant la base ; enfin, la droite courtise la base en recherchant le sommet. Où on a :
    3.1. Au sommet, la bureaucratie, la ploutocratie et la médiacratie, à caractères d'académisme, d'élitisme et de mondialisme.
    3.2. Au milieu, le champ sociétal pris entre le sommet et la base, diversement. Néanmoins, la plupart du temps, ce milieu a les caractères du centre (1.2.) et du présent (2.2.).
    3.3. A la base, la médiocratie, l'ochlocratie et la sociocratie, à caractères de militantisme, de populisme et de souverainisme.

 

Définitions pratiques des *ismes

  • Académisme : tendance à promouvoir l'institution. La dérive académiste tourne évidemment à l'immobilisme.
  • Activisme : tendance à militer à la base, afin d'influencer le sommet. La dérive activiste tourne au bougisme centriste.
  • Affairisme : tendance à promouvoir le lucre, le « faire des affaires » car on aime ça. La dérive affairiste ignore tout solidarisme, et tourne à l'individualisme contractualiste seul.
  • Bougisme : tendance à considérer que, du moment que « ça bouge », les choses sont « en marche ». La dérive bougiste piétine sur place, évidemment.
  • Collectivisme : tendance à fonctionner collectivement, à consulter l'ensemble avant d'orienter la société, procéder par conseils - notamment au plan des moyens de production. La dérive collectiviste tourne au conservatisme, à cause des grégarismes sociaux.
  • Conservatisme : tendance à conserver un mode de vie. La dérive conservatrice tourne à l'immobilisme.
  • Contractualisme : tendance à fonctionner inter-individuellement par contrats, donc par dispositions locales. La dérive contractualiste tourne aux iniquités absolues comme aux conformismes sociaux.
  • Convivialisme : tendance à promouvoir des vécus conviviaux, dont de proximité, et affectifs. La dérive convivialiste tourne au grégarisme « sympa ».
  • Court-terminisme : tendance à ne pas prendre en compte le moyen, mais surtout le long-terme. C'est bien pratique, mais sans vue d'ensemble.
  • Elitisme : tendance à se considérer comme le meilleur et d'avenir. La dérive élitiste, c'est que tout le monde peut se tromper, et de fonctionner à travers des œillères liées à la posture au sommet, sans vision de base.
  • Familialisme : tendance à considérer la famille, les proches, les réseaux, les groupes privatifs, comme seuls dignes d'intérêt. La dérive familialiste tourne au clientélisme, au népotisme et au favoritisme.
  • Financiarisme : tendance à fonctionner à travers des mouvements financiers. La dérive financiariste perd contact avec l'économie réelle, sans s'inquiéter de l'appauvrir ou de la bâcler.
  • Futurisme : tendance à s'imaginer le futur, et à le croire toujours déjà donné : il ne resterait plus qu'à s'y rendre. La dérive du futurisme consiste à ignorer notre part de décision, donc de responsabilité. Il est aujourd'hui très actif dans le progressisme.
  • Innovationnisme : tendance à faire de l'innovation le moteur des sociétés. La dérive, c'est de détruire toute société, à cause d'innovations ingérables car trop nombreuses, ou trop radicales.
  • Judiciarisme : tendance à procéder à travers des procédures bureaucratiques. La dérive judiciariste tourne à « la lettre de la loi, sans esprit », jusqu'à imposer ses diktats sans considération pratique.
  • Militantisme : tendance à s'investir à la base. La dérive militante risque toujours de perdre de vue l'ensemble, à force d'avoir le nez dans le guidon de ses différentes causes (la bonne cause n'a pas toujours raison).
  • Mondialisme : tendance à nier les souverainetés, au prétexte que les choses fonctionnent à ce niveau, désormais. La dérive mondialiste va contre les droits de l'homme, qui consacrent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
  • Passéisme : tendance à regretter le passé, à dire que « c'était mieux avant ». Si sous un angle, le passéisme permet de réfléchir le présent et le futur, sa dérive consiste en nostalgie morfondue et en réclusion sur soi, ou en entre-soi.
  • Populisme : tendance à procéder à travers le sens commun. Mais le sens commun, s'il ne manque pas de bon sens, n'a pas toujours raison, non plus. Notamment, sa dérive tourne au grégarisme ignare.
  • Présentisme : tendance à prendre le présent pour le temps dans son ensemble. La dérive présentiste est chronocentrique, de même qu'il y a un egocentrisme et un ethnocentrisme : c'est-à-dire qu'on prend son époque pour une vérité éternelle !
  • Réactionnarisme : tendance à réagir, à « freiner des quatre fers », à critiquer voire attaquer, tout ce qui dans le présent ou le futur présumé, nous semble invivable. La réaction, quand elle dérive, advient progressivement à l'isolement, l'abandon et l'esseulement (« seule contre tous, seul contre le monde »).
  • Sociétarisme : tendance à se considérer sociétaire, à ne vivre sa responsabilité que sur le mode de la « part sociale », c'est-à-dire de l'actionnariat. La dérive sociétariste tourne au grégarisme contractuel et la dillution des responsabilités.
  • Solidarisme : tendance à procéder solidairement, tant au niveau de l'entraide quotidienne qu'au plan des structures bureaucratiques (distribution, répartition). La dérive solidariste empêche tout contractualisme autonome.
  • Souverainisme : tendance à disposer de soi-même, d'ailleurs inscrite dans les droits de l'homme. La dérive souverainiste tourne aux dérives du réactionnarisme, dans notre contexte de mondialisme. Autrement, le souverainisme serait un élitisme.
  • Spontanéisme : tendance à se laisser aller à ses impulsions, qui rend la vie plus légères, frivoles et amusantes. Sa dérive tourne évidemment à la susceptibilité et l'irresponsabilité aveugles.
  • Utopisme : tendance à projeter un idéal futur, afin d'animer le présent. La dérive utopiste correspond aux dérives du bougisme et du futurisme.

 

Définition pratique des *craties

  • Bureaucratie : règne du bureau. Tout se décide dans l'anonymat fonctionnarial d'une administration. Dérive : l'irresponsabilité sociale, voire le totalitarisme. Et remarquez que les grandes entreprises sont des bureaucraties !
  • Médiacratie : règne des (honnêtes, tendancieuses, fallacieuses, comme fausses) informations. Or, l'information in-forme, c'est-à-dire qu'elle donne une forme aux sociétés, influence les sociétés. Dérive : ne plus savoir à quel saint se vouer, et toutes sortes de propagandes (campagnes officielles, publicités, réseaux sociaux ... ).
  • Médiocratie : règne de la médiocrité. C'est-à-dire qu'à force de conformismes sociaux et de grégarismes instinctifs, les sociétés ne sont plus composées de personnes au sens noble, mais de moutons plus ou moins hypocrites, qui surtout ne font rien pour améliorer les choses. A noter qu'au sommet, il y a aussi une médicoratie académique. C'est-à-dire que le sommet de la hiérarchie sociale a aussi, forcément, son quotidien ... Mais, disons que, sous un angle positif, la médiocratie témoigne qu'on vit bien dans une société libre : c'est elle qui s'est choisie médiocre !
  • Ochlocratie : règne des masses, des foules, des mouvances et des tendances diverses. On s'y perd, encore que ce soit le lot de nos démocraties contemporaines surpeuplées. Comme disait Winston Churchill : « La démocratie est le plus mauvais des systèmes, à l'exception de tous les autres », à supposer qu'on se résigne aux confusions ochlocratiques.
  • Ploutocratie : règne de l'argent. C'est-à-dire qu'on a beau poser l'égalité de droit, et désirer l'égalité des chances, il n'en reste pas moins l'inégalité des conditions. En l'occurrence, économiques. Dérive évidente : la prise de pouvoir de l'argent sur l'ensemble de la démocratie, à travers lobbying et pot-de-vin. Tout ce qui se nomme corruption, abense de bien commun et négation des volontés générales.
  • Sociocratie : tendance à privilégier l'horizontalité des fonctionnements, au sein des organisations. Pragmatisme social. Dérive : l'arrivisme, le formalisme, le conformisme, et l'absence totale de vue d'ensemble.

 

Voilà, en somme, un schéma de nos tendances médiatico-politiques, pour tous ceux qui veulent se situer dans nos mondes démocratiques.

Mal' - LibertéPhilo

 

 

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2 réactions à cet article    


  • JL JL 7 avril 17:40

    Médiacratie : je dirais règne des médiacrates.
     
     Beaucoup de choses à dire. Plus tard peut-être.


    • Mal’ 24 avril 22:34

      Un oublie :

      • Sensationnalisme : tendance à être stimulé par le sensationnel, le manifeste, tendance à prendre ses effrois et entrains irréflexivement au sérieux. Naturellement, de tels heurs rendent l’existence plus « intense » : cela peut remplir une vie, sans forcément la relier aux réalités.

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