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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Imbroglio arboricole

Imbroglio arboricole

Compote et complotisme...

Décidément, il n'est pas aisé de suivre les circonvolutions et les soubresauts de la politique orléanaise. Tout y est prétexte à égarer le persifleur tout en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes. C'est ainsi qu'en ce morose matin de novembre, ma journée s'éclaira pourtant à la lecture d'un message. On sollicite ma signature pour une pétition afin de sauver les poiriers de la maison de la pomme.

Je découvre soudainement qu'il existe en notre belle cité historique une maison de la pomme et qu'on n'a rien trouvé de mieux, pour l'édification des jeunes urbains incultes, de planter quatre poiriers devant. Ça m'en bouche un coing. Je n'ai pas le temps de goûter à cette subtilité tout orléanaise que je dois intégrer dans l'urgence que la vie de ces beaux arbres fruitiers est menacée.

Ne voulant pas m'engager sans savoir, je m'enquiers immédiatement de la chose, cherchant si l'histoire mérite de vous être narrée. Je ne suis pas déçu car l'incongruité est désormais la règle dans cette ville. La maison de la pomme jouxte une autre demeure historique : le cabinet Sancier. Je découvre, totalement affligé, que ces deux façades ont été déplacées pour orner magnifiquement l'arrière de l’Hôtel Groslot, l'ancienne mairie.

Et c'est là que je découvre le pot aux roses. Le cabinet Sancier se trouvait jusqu'en 1931 au 41 rue du Poirier, ce qui n'est malheureusement pas le cas de la maison de la Pomme qui se contentait de se dresser jusqu'en 1923, sur la rue sainte Catherine. Notre bon échevin a sans doute voulu clarifier la situation et éviter ainsi tout risque de confusion en demandant à ce qu'on arrache des poiriers qui manifestement se trompaient d'adresse.

Le détail architectural du cabinet Sancier confirme que nous risquions de nager en pleine confusion. Datant du XVIe siècle, cette façade s'est vue gratifiée d'un ornement remarquable en 1601 à l’occasion de la visite du roi Henri IV, plus habitué à se taper la pomme que la poire. Un écusson y indique une fort belle devise : Pax huic domui (Paix à cette demeure) pour célébrer la fin des guerres de Religion ; une pomme de discorde qu'on souhaite à jamais effacer, tout autant que l'engagement royal à rebâtir la cathédrale.

Les poiriers sont manifestement des éléments parasites dans cette magnifique symbolique. Seule la pomme figure dans la bible. Attiser de nouveau les convoitises avec un autre fruit serait sans nul doute, l'occasion de laisser libre cours aux langues de vipère. Notre bon maire ne l'a pas souhaité.

Quant à la maison de la pomme, elle goûte sans doute médiocrement cette cohabitation avec des poiriers. La demeure appartenait jadis à un riche marchand qui fit graver une pomme dans un cartouche au-dessus des fenêtres du rez-de-chaussée. L'époque glorieuse de l'arboriculture orléanaise étant depuis longtemps oubliée, la présence de ces poiriers remuerait le couteau dans la plaie. Les abattre est une nécessité tout autant qu'un symbole fort.

Il se murmure que des essences exotiques sont pressenties pour placer la cité johannique dans la modernité en tournant le dos à son passé. De source autorisée, pour le meilleur jardinier de France, seuls des Malus toringoides ou pommiers de Chine célèbreraient l'amitié indéfectible entre Orléans et sa sœur jumelle : Yangzhou. Je me réjouis de constater qu'une décision aussi anodine en apparence que l'abattage de quatre malheureux poiriers soit motivée par des réflexions d'une telle portée symbolique.

Naturellement, devant les incontestables raisons qui ont prévalu à ce choix, on peut comprendre aisément que les banales considérations affectives des citoyens n'aient pas pesé lourd dans la balance. Repoussons l'idée de faire un poiré, une compote ou bien un joli complot à propos de cet abattage de ces pauvres arbres. Qu'un élu de cette majorité soit affublé du sobriquet de Louis-Philippe par des gens de peu d'intérêt n'a aucun rapport avec la décision de l'heure.

Louis-Philippement vôtre.

La pétition ici


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14 réactions à cet article    



    • C'est Nabum C’est Nabum 18 novembre 13:16

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Enfonçons le coing


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 12:51

      Le 18 novembre est le 322e jour de l’année du calendrier grégorien, le 323e en cas d’année bissextile. Il reste 43 jours avant la fin de l’année.

      C’était généralement le 28e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du coing.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 12:54

        La pomme coupée en deux révèle un PENTACLE. Vous les préférez en forme de poire ou de pommes. Je ne sais à quel saint me vouer...


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 13:01

          Amusant, en 1982, j’avais appelé ma chatte AGLAE (dernière femme d’HEPHAISTOS le FORGERON). Depuis la Grèce antique, le coing est aussi connu sous le nom de pomme de Cydon ou poire de Cydonie. Aujourd’hui encore, l’une des variétés les plus appréciées est celle qui provient de la région de La Canée ou Cydon (ancienne Kydonia), au nord de la Crête.

          https://www.youtube.com/watch?v=onbCfIqWVjM


          • C'est Nabum C’est Nabum 18 novembre 13:17

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Sidonie

            Les jours heureux



            Une dame de la rue Clémenceau à Gien inspira le nom de leur première auto qu’il y eut dans la famille. La voisine n’était pas bien jeune, l’automobile n’avait rien à lui envier. Pourtant quand elle évoque ce passé lointain, la nostalgie se pare des douces teintes d’un bonheur parfait !


            D’une marque aujourd’hui disparue, l’automobile Charron trouva naturellement sa place dans la famille de son charron, maréchal ferrant de père. Elle avait gardé sa robe militaire d’une précédente campagne, ses jantes en bois, sa boite à outils extérieure et ses marche-pieds lui conféraient une antériorité lointaine.


            Elle devint utilitaire plus souvent que familiale. La vendange, le débardage et même le service à la nation en guerre, rien ne rebutait Sidonie en dépit de son âge. Elle avait bien quelques caprices mécaniques et il fallait le secours d’un mécanicien de talent et d’un cheminot itinérant pour la remettre sur ses rails !


            Sidonie se plaisait à leur offrir de la place. Une large banquette à l’avant permettait au père de laisser conduire son jeune fils, assis fièrement à ses côtés. Il avait inventé la conduite accompagnée sans se soucier d’attacher une ceinture de sécurité qui n’existait pas plus que le compteur... À l’arrière, deux strapontins tournaient le dos au pilote et faisaient face aux transportés de l’arrière.


            Ils étaient tous tous à l’abri d’une bâche amovible, fort mal commode à dérouler quand la pluie les surprenait. Car Sidonie était, c’était là son plus grand luxe, capitonnée et surtout décapotable ! Bâcher était une aventure qui supposait occasion exceptionnelle. Les œillets refusant souvent d’épouser les pitons de la belle carrosserie.


            Pour entraîner le moteur, le père usait de la manivelle, ses deux enfants étaient assis à l’avant pour assurer la manœuvre quand le moteur, après de nombreux essais, acceptait enfin de bien vouloir tousser. Quand le miracle avait lieu, vite il fallait appuyer sur la pédale pour éviter que Sidonie ne cale. Ça fumait à l’arrière, pétaradait à l’avant et le pilote se pressait de sauter rejoindre sa troupe.


            Mon interlocutrice se souvient d’un voyage aventure. Sa Grand-Mère disputait la place à une poule vivante et quelques cageots : les bagages et les légumes de leur jardin et le casse-croûte incontournable à toute épopée familiale. La redoutable côte de Bourron les contraignit à descendre, Sidonie suait huile et eau, il fallait prévoir quelques provisions de secours et lui donner un joli coup de main pour franchir l’obstacle et poursuivre sa route. La pluie vint mettre son grain de sel, des serviettes éponges suppléaient une étanchéité illusoire.


            Il leur fallait rentrer au jour, la nuit ne s’éclairait pas des ses lampes à acétylène qui participaient du décor beaucoup plus que de l’éclairage. Seul l’avertisseur sonore jouait les cornes de brume et écorchait les oreilles de timbre de crécelle.


            C’est en utilitaire que Sidonie se gonflait de son importance. Débarrassée de la banquette arrière, elle recevait les tines, le grand panier, les outils, des parasols, les amis les vendangeurs coincés entre la hotte, les seilles et leurs sabots et les si nécessaires provisions de bouche.. Qui n’a point connu le bonheur des vendanges ignore tout du bonheur de cette fête merveilleuse. Joyeux, ils ramassaient les graines, hurlant « Hotteux, hotteux ! » pour charger le colosse de notre récolte ....


            Le repas des vendanges était le plus beau des moments. Les enfants devaient garder têtes couvertes pour éviter les assauts d’un soleil traiteux. Le repas s’étalait sur l’herbe juste à côté de la grosse Sidonie. La mère avait profité du transport des premières corbeilles d’osier, pleines de ce jus écrasé sur place, pour venir aux vignes avec tous les ustensiles. À l’époque, un repas sur l’herbe ne se contentait pas d’assiettes en carton. La vaisselle se devait d’être de la fête pour honorer les vendangeurs. Hareng en sauce tomate, œufs durs et tout ce qui fait un menu laborieux. Le café en thermos et la goutte pour reconstituer force et courage.


            Le travail reprenait, on oubliait la sieste. La vendange, bien avant la nuit devait être terminée. Les deux drôles rentraient alors, épuisés, fourbus mais heureux de cette saine fatigue propre à cette bien trop lointaine jeunesse. Ma conteuse entend encore au loin le roulement du fouloir, elle aimerait se retrouver encore sur la banquette de ce bolide qui effrayait son monde à près de 30 à l’heure !


            Des larmes plein les yeux, la dame n’est plus avec moi. Je pense qu’elle a traversé les ans lorsque je l’entends murmurer :

            «  Maman demande pourtant à papa de ralentir, ça secoue terrible sur le chemin creux de Gien le Vieux. Avec toutes ces cabosses, elle pourrait bien nous faire la petite sœur avant l’heure ! »



            Nostalgiquement sienne




          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 18 novembre 17:14

            @C’est Nabum,
             Sidonie a plus d’un amant
            C’est une chose bien connue
            Qu’elle avoue elle fièrement
            Sidonie a plus d’un amant

            Parce que pour elle être nue
            Est son plus charmant vêtement
            C’est une chose bien connue
            Sidonie a plus d’un amant

            Elle en prend à ses cheveux blonds
            Comme à sa toile l’araignée
            Prend les mouches et les frelons
            Elle en prend à ses cheveux blonds

            Vers sa prunelle ensoleillée

            Ils volent pauvres papillons
            Comme à sa toile l’araignée
            Elle en prend à ses cheveux blonds

            Elle les mène par le nez
            Comme fait dit-on le crotale
            Des oiseaux qu’il a fascinés
            Elle les mène par le nez

            Quand dans une moue elle étale
            Sa langue à leurs yeux étonnés
            Comme fait dit-on le crotale
            Elle les mène par le nez

            Elle en attrape avec les dents
            Quand le rire entrouvre sa bouche
            Et dévore les imprudents
            Elle en attrape avec les dents

            Sa bouche quand elle se couche
            Reste rose et ses dents dedans
            Quand le rire entrouvre sa bouche
            Elle en attrape avec les dents

            Sidonie a plus d’un amant
            Qu’on le lui reproche ou l’en loue
            Elle s’en moque également
            Sidonie a plus d’un amant

            Aussi jusqu’à ce qu’on la cloue
            Au sapin de l’enterrement
            Qu’on le lui reproche ou l’en loue
            Sidonie aura plus d’un amant




          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 17:49

            @Réflexions du Miroir Ah les cheveux de Brigitte Macron. Ce n’est pas une perruque, mais elle fait des élongations..


          • C'est Nabum C’est Nabum 19 novembre 06:17

            @Réflexions du Miroir

            Merci

            Je ne connaissais pas cette chanson


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 13:34

            La Canée, Sidonie est une cane....


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 novembre 13:40

              Et pour Platon, le cochon était l’animal le plus noble car le plus proche de l’homme. Hier était la fête des AIGNANS. Aignans d’ORLEANS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aignan_d%27Orl%C3%A9ans



                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 novembre 20:13

                  Pommes , poires , on ne peut même plus se fier aux petits roberts . A quels seins se vouer j’vous demande !

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