• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > L’école buissonnière

L’école buissonnière

 

Son nouveau protocole.

Nous qui sommes d'une autre génération, l'école buissonnière nous évoque bien des souvenirs. Il y avait toujours en arrière plan, une envie de prendre la clef des champs, d'aller courir le guilledou ou bien de commettre quelques âneries bien senties. L'expédition se préparait longtemps à l'avance, il fallait d'abord déjouer la surveillance de tous les adultes de notre petit pays pour se détourner du chemin de l'école puis trouver un lieu à l'abri des curieux.

L'école buissonnière n'était pas sans risque. Tout d'abord, comme son nom l'indique, buissons et taillis finissent par laisser des traces sur les genoux. Il était bien difficile d'échapper aux griffures. Mais d'autres meurtrissures menaçaient l'aventurier à commencer par les gendarmes qui se mettaient à la recherche du fugueur. On ne plaisantait pas avec la déscolarisation à l'époque.

Car, bien que l'immense réseau de surveillance numérique ne soit même pas dans les tuyaux, l'information circulait rapidement. Dès le midi, les parents étaient au courant de l'absence de leur rejeton qui aurait dû se trouver à l'école. Il y avait toujours un bon camarade pour venir prendre des nouvelles et ainsi déclencher l'alerte.

Le retour à l'école, la tête basse et la conscience lourde, s'annonçait fort délicat. Il n'y avait pas moyen d'échapper à la leçon de morale, aux rattrapages des cours et des exercices auxquels il fallait ajouter une belle punition : un verbe à tous les temps, tous les modes et toutes les personnes (heureusement en cette lointaine époque,le pronom EIL n'existait pas encore !). Parfois, la faute avait été si grave, que le fugueur se trouvait contraint de changer d'école afin d'aller goûter les joies de l'internat.

C'était une autre époque où toutes les écoles du notre douce France respectaient les mêmes horaires. Celui qui traînait dans les rues avait toutes les chances de se faire remarquer. Depuis, comme pour encourager la chose, il est bien compliqué de se retrouver dans un capharnaüm soigneusement organisé. C'est à croire que tout est prévu pour favoriser la mise au vert des élèves.

Notre nouvel adepte de l'école buissonnière peut s'émanciper de la scolarité obligatoire en fuguant avec un ordinateur muni d'une connexion. Il prétendra faire de l'enseignement à distance et si le cœur lui en dit, il pourra même pousser bien plus loin. L'exemple venant d'en haut, il a tout intérêt à se rendre à Ibiza, le paradis sur terre pour ceux qui échappent aux règles communes : footballeurs professionnels, fêtards sous psychotropes, exilés fiscaux et depuis peu ministre de l'éducation nationale.

Tout ce joli monde de la transgression des règles communes, du mépris et de l'argent qui dégouline constituera à coup sûr la meilleure école qui soit pour que notre écolier dissident s'intègre parfaitement dans la nouvelle société du monde d'après. Il découvrira que la transgression, la vie hors des règles communes, le mépris, l'indifférence à la plèbe sont les conditions pour faire son chemin dans l'existence.

Voici donc le nouveau protocole pour le candidat à l'école buissonnière. Il lui faut prendre le large, s'éloigner d'une nation placée sous le joug d'une surveillance permanente. Pour jouir de sa liberté d'aller à sa guise où bon lui semble, l'écolier buissonnier déploiera ses ailes pour trouver un petit paradis, un espace libéré des contraintes et des passes de toute nature.

Avant de choisir une destination, l'écolier attentif se devra de suivre les pérégrinations de ceux qui nous gouvernent ou bien jouissent sans honte d'une liberté qui désormais nous est refusée. La seule certitude pour lui est d'éviter soigneusement l'Australie, il ne resterait pas plus de trois secondes dans la raquette.

À contre-exemple.

JPEG


Moyenne des avis sur cet article :  4.29/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

9 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 20 janvier 14:02

    La seule vérole libre c’est celle de ma poissonnière 

    https://delcampe-static.net/img_large/auction/000/210/494/988_001.jpg


    • C'est Nabum C’est Nabum 20 janvier 14:14

      @Sergio

      Elle vend des morues ?


    • juluch juluch 20 janvier 16:20

      Non pas l’Australie en effet !!

      merci nabum !!


      • C'est Nabum C’est Nabum 20 janvier 16:42

        @juluch

        Je préfère prévenir


      • Xenozoid Xenozoid 20 janvier 16:49

        ouaip ,ils font chiés,, mais c’est dure de sortir du sentier battu et surtout de ne pas y revenire


        • C'est Nabum C’est Nabum 20 janvier 16:53

          @Xenozoid

          Pour nous emmerder c’est mieux de nous faire chier


        • Xenozoid Xenozoid 20 janvier 16:57

          @C’est Nabum

          arrêtons de les renifler . ?


        • chat maigre chat maigre 20 janvier 18:51

          je suis un peu jeune pour avoir connu la véritable école buissonnière.

          mais que de bons souvenirs vous me rappelez encore cher Nabum.

          nous on séchait les cours, on passait la matinée dans une salle d’arcade et l’après midi au jardin public. c’est fou tout ce que l’on pouvait faire à cette époque avec 100 ou 200 francs chacun.

          la saison hivernale nous étions bien plus assidu. C’est à l’arrivée des premiers beaux jours que les hormones et les tenues devenues plus légères des jeunes filles nous donnaient cette irrésistible envie de mettre en pratique nos cours de sciences naturelles et de biologie...

          j’ai aussi souvent séché les cours juste pour passer l’après midi à la bibliothèque, mon envie de savoir n’étant pas complètement assouvi par l’éducation nationale.

          vous nous offrez encore une madeleine de premier choix smiley  smiley


          • C'est Nabum C’est Nabum 20 janvier 21:14

            @chat maigre

            Mes madeleines s’y songe n’étaient pas de pâtisserie et pourtant le mari de ma marraine était un formidable pâtissier qui plus est à l’autre bout du boulevard.

            Je crois vraiment que ce sont les rencontres qui m’ont nourri et c’est sans doute pourquoi j’écris ainsi

            Merci à vous de me plonger dans la réflexion

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité