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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Un blindage dérisoire quoique...

Un blindage dérisoire quoique...

Se protéger de ceux qui instrumentalisent la peur.

Les mots nous renseignent bien plus sur nos existences que nous l’imaginons. Alors que le secrétaire perpétuel de l’Académie française fait une entrée à l’insu de son plein gré dans un panthéon si loin de sa chère Loire, penchons-nous si vous le voulez bien sur les maux de l’heure. Parmi ceux-là permettez-moi d’évoquer Caparaçonner, car c’est ainsi que je perçois ce masque qui défigure notre société.

Caparaçonner : D’une étymologie du sud de l’Europe, en Espagne Caparazon et Capairon en occitan qui fait référence indirectement à la carapace. Le caparaçon se passe de la coquille vide de la célèbre tortue qui permet à Rome de conquérir son Empire. La chose finit par devenir protection pour l’homme ou sa monture, un harnachement renforcé. Le mot a connu ses heures de gloire quand la guerre était prétendument une affaire de nobles. Sous l’armure ou la caparaçon, rien à craindre sauf un malencontreux éclat d’une lance brisée. À ce jeu des analogies erronées, l’erreur fréquente fait surgir un carapaçonner fautif.

Puis la technologie a fait du combat, une partie de chamboule-tout dans laquelle les humains devenaient de la chair à canon. Le progrès fut synonyme de carnage, la guerre cessant d’être un tournoi de preux chevaliers pour basculer dans la tuerie à grande échelle. Les protections devinrent ainsi vaines et illusoires. Il fallut penser au blindage ou au blockhaus pour tenter de survivre quand même se terrer ne laissait plus guère de chance.

Se caparaçonner devint alors une forme symbolique de protection en consolidant son système de défense morale et psychologique. Un état d’esprit, une posture permettant de repousser les agressions ou d’en diminuer les effets par un optimisme de bon aloi. Il s’agissait alors de repousser les vilaines langues, les mots qui blessent et les attaques sournoises, l’air du temps et ses conséquences désastreuses sur l’état d’esprit. C’est à l’intérieur qu’il convient d’être fort face aux agressions extérieures.

Face au matraquage médiatique, à la surenchère des nouvelles alarmistes, aux courbes qui ne font jamais que monter, aux morts qui s’accumulent pour nous abrutir et nous assommer, le caparaçon mental est devenu sacrément compliqué. Il faut couper le flux de l’information, choisir ses relations et tenter de rester la tête hors de l’eau. Malgré tout, une survivance du passé s’impose à tous, sous la menace d’une amende fort peu honorable...

Nous vivons actuellement un revirement de l’histoire avec l’intrusion d’une curieuse carapace de toile, visant à repousser un agresseur invisible. Mince et illusoire protection si elle n’est pas doublée de la dimension psychologique qui justement est mise à mal par un pouvoir curieusement morbide. Tout au contraire, c’est le choix de la terreur qui a été retenu par les communicants pour contraindre les gens à se prémunir tout en étant morts de trouille, paralysés et terrorisés. Le mieux dans pareil cas est de se carapater loin de la foule des aliénés pour changer d’air. Mais est-ce encore possible ?

La guerre des tranchées sera honorée une dernière fois sans doute avec l’entrée au Panthéon de notre "Pays", Maurice Genevoix, fait étrangement écho à ce confinement qui devient la bataille des retranchés ; survivre sans montrer le bout de son nez ! Portez bien votre caparaçon avec ses élastiques autour des oreilles, il n’y a pas le choix mais n’oubliez surtout pas de vous prémunir de la morosité imposée, de la suspicion distillée, de la méfiance organisée, de la délation encouragée, de la peur de l’autre recommandée.

Toutes ces attitudes vous délestent insidieusement et sournoisement de ce que vous avez de mieux pour résister au terrible virus : le moral, la confiance, l’optimisme, la vitalité intellectuelle, la joie de vivre malgré tout. Ne vous y trompez pas c’est là le plus sûr caparaçon qui soit et celui-là, nul système répressif ne pourra vous en priver si vous décidez de le revendiquer en votre for intérieur.

Caparaçonnement vôtre.

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Un blindage dérisoire quoique...

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3 réactions à cet article    


  • juluch juluch 14 novembre 19:58

    se faire sa propre idée en croisant les infos...


    • pipiou2 15 novembre 15:38

      Mettez-vous en garde contre le documentaire « Hold-Up » si prisé ici sur Agoravox, ou bien au contraire est-ce que votre article est un encouragement à visionner ce documentaire destiné à polluer les cerveaux fragiles ?


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 15 novembre 15:44

        @pipiou2

        au contraire est-ce que votre article est un encouragement à visionner ce documentaire destiné à polluer les cerveaux fragiles

        En parlant de cerveau fragile, voire absent, tu te poses un peu là. Toi aussi tu bosses à la Kommandantur ? Achtung, fos itées sont défiantes, das ist VERBOTEN.

        En plus tu vas faire peur à Nabum, il est très émotif smiley

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